Relance du secteur touristique : La Première Dame Mme Kéïna Aminata Maïga prône le développement de l’écotourisme et le tourisme local…

« Le tourisme durable, un instrument au service du développement durable ». Tel était le thème de l’édition 2017 de la Journée mondiale du Tourisme célébrée le vendredi 29 septembre à Djenne sur la place de l’Indépendance, sous la présidence de la Première Dame du Mali, Mme Kéïta Aminata Maïga. Conférence- débats, visite des sites touristiques, appuis financiers aux acteurs du secteur, plantation d’arbres, ont été les temps forts de cette commémoration. En plus de la Première Dame, Mme Kéita Aminata Maïga, la célébration de cette journée a enregistré la présence d’une dizaine de membres du gouvernement, de nombreux ambassadeurs accrédités et des autorités politiques et administratives du cercle de Djenné et de la région de Mopti. Tout comme à Woroni l’année dernière dans la région de Sikasso, la commémoration de la Journée mondiale du Tourisme a drainé cette année une foule des grands jours. Cette mobilisation des Djennékè n’est pas anodine. Elle suscite, selon le maire de Djenné, Lassiné Yaro, l’espoir que les populations fondent en la relance du secteur dans cette ville religieuse où toute l’activité tourne autour du tourisme. Cependant, depuis l’éclatement de la crise sécuritaire en 2010, l’économie de la ville tourne au ralenti, nombreux sont les guides qui ont pris le chemin de l’exode, les hôtels ont mis les clés sous le paillasson. Djenné un choix naturel Choisir Djenné pour la célébration de la Journée mondiale du Tourisme au Mali est un choix naturel car la ville fondée vers le 9ème siècle est classée patrimoine mondial de l’Unesco, depuis 1988. Elle tire sa renommée de son architecture de terre de type soudano sahélien et abrite le plus grand monument en banco au monde, à savoir la Mosquée de Djenné. Ce n’est pas tout. Le site archéologique de Djenné-Djeno est classé parmi les 30 sites les plus importants du monde. A cela s’ajoute le puits Nana Wangara creusé au 16ème siècle par les Marocains. Cet endroit permettait aux marines marchandes marocaines de faire des consultations mystiques avant leur voyage. L’eau de ce puits est puisée une fois l’an. L’accompagnement constant de la Première Dame salué Ainsi donc la célébration de cette Journée permet, selon la ministre de l’Artisanat et du tourisme, Nina Walett Intalou, aux populations et aux décideurs de prendre davantage conscience de l’importance du tourisme dans sa dimension politique, sociale, économique, culturelle et politique. « Le tourisme bien maitrisé contribue à l’élimination de la pauvreté, à la préservation de l’environnement. C’est un moyen de dialogue entre les cultures et permet surtout d’apporter la paix dans le monde » a ajouté la Ministre Nina Walett Intalou. Elle a saisi cette occasion pour remercier chaleureusement la Première Dame, Mme Kéita Aminata Maïga, présidente de l’Ong Agir, qui ne cesse de les appuyer pour la relance du secteur touristique dans notre pays, à travers sa participation et son parrainage des différentes activités comme à Woroni en 2016 à Sikasso, à Sanga dans le pays Dogon et maintenant à Djenné. A ces différents remerciements, elle a associé les populations et les autorités de Djenné et de Mopti, les membres du gouvernement, les diplomates et la représentante du patron de l’Organisation mondiale du tourisme qui était aussi du voyage. Trouver des alternatives pour relancer le secteur Dans son intervention, la Première Dame a, à son tour, salué la mobilisation des Djennékés sortis pour magnifier leur adhésion à la commémoration de cette journée. A cet égard, elle a rappelé que jusqu’à une période récente, notre pays a connu un tourisme très prospère avant que cet élan ne soit freiné par la crise sécuritaire multidimensionnelle qu’a connue notre pays. « Le pays est mis au rouge par toutes les chancelleries occidentales entrainant un grand recul dans les activités liées au secteur. C’est pourquoi, il convient d’orienter les professionnels du secteur vers un tourisme durable et d’envisager des actions vigoureuses, en vue de créer des alternatives dans ce contexte de ralentissement de l’activité touristique. L’écotourisme et le tourisme local doivent être développés » a conseillé la Première Dame. A en croire Mme Keïta, la situation que notre pays traverse exige des innovations dans le secteur touristique. C’est pourquoi, elle invité les collectivités décentralisées à promouvoir le potentiel touristique de leurs terroirs respectifs en vue de maintenir ce secteur productif. « Ensemble nous pouvons relever le défi de la paix. Nous le savons, le tourisme crée les liens d’amitié et c’est un trait d’union entre les peuples » a-t-elle conclu. Il faut rappeler que bien avant ces différentes interventions, le maire de la commune urbaine de Djenné, Lassinè Yaro, tout en faisant l’historique de la fondation de la ville a, au nom des populations, remercié les plus hautes autorités pour le choix porté sur leur localité. Il a beaucoup d’espoir que cette commémoration sera le déclic pour la relance du secteur. La célébration de cette journée qui s’est étalée sur deux jours fut marquée par des expositions-ventes à la Maison des artisans de Djenné, des conférences-débats, des visites des sites touristiques et des concerts géants sur la place de l’indépendance avec des orchestres de Djenné et de Mopti. Kassoum THERA envoyé spécial Plus de 10 millions distribués par l’Aptm pour soutenir les acteurs du secteur Un des temps forts de la commémoration de cette Journée a été la distribution de chèques par l’Agence de promotion touristique du Mali (Aptm) aux différents acteurs du secteur, notamment les hôteliers, les artisans, les guides touristiques…Le montant va 300 000 à 2 millions Fcfa à par organisation. « Ce sont des dons symboliques pour rappeler à ces acteurs que l’administration du tourisme ne les a pas oubliés. Ce sont les mêmes gestes que nous avons faits à Sangha. Au niveau des hôteliers, nous avons fait ces dons pour leur permettre de rénover leur espace » a justifié Fatoumata Ouattara, la patronne de l’Aptm. Elle a aussi ajouté que durant ces deux jours, 400 personnes se sont retrouvées à Djenné. « Ces personnes ont été hébergées, restaurées et ont fait des achats. Toute chose qui permet de faire tourner l’économie de la ville » a-t-elle précisé. Il faut rappeler que 6 hôtels de la ville et 5 associations ont bénéficié de ces chèques des mains des ministres Baber Gano et Amadou Koïta qui sont tous ressortissants de la ville de Djenné. Un bosquet offert à la Première Dame Pour remercier la Première Dame de son parrainage de la commémoration de cette journée, les populations de Djenné lui ont offert un bosquet situé au village de Diabolo, à 5 km de la ville de Djenné. Il comportera désormais 625 pieds d’eucalyptus répartis sur un hectare. Et c’est la ministre de l’Artisanat et du tourisme, Nina Walette Intalou, qui a mis le premier arbre sous terre. Elle était accompagnée d’autorités politiques et administratives de Djenné. La Ministre a profité de cette occasion pour rappeler l’attachement de la Première Dame à la protection de l’environnement et a invité les populations à prendre soin de ces arbres comme de leurs bébés. Mamadou Diawara, guide touristique : « Je demande au gouvernement de nous appuyer pour notre reconversion » S’il y a un secteur d’activités qui souffre de la crise sécuritaire qui sévit dans les régions du nord et du centre du Mali, c’est bien évidemment le métier de guide touristique. Selon Mamadou Diawara, un jeune guide, la crise sécuritaire qui a commencé en 2010, a vraiment affecté leur vie. « Car avant ces évènements, le secteur était porteur. On gagnait très bien notre vie. J’avais au moins 300 000 Fcfa ou 500 000 Fcfa chaque week-end. Cela sans tenir compte de l’organisation des excusions dans le pays dogon ou à Tombouctou. Cela pouvait me rapporter 2 000 000 Fcfa en 10 jours. Mais maintenant, je n’ai aucun centime depuis que les chancelleries occidentales ont mis nos régions en zone rouge » a révélé Mamadou Diawara. Cependant, il ne perd pas espoir : « Je pense qu’un jour cette crise sera derrière nous. Le fait même que les plus hautes autorités se déplacent à Djenné pour y célébrer la Journée mondiale du Tourisme prouve à suffisance que tout n’est pas perdu. Par ailleurs, avant que tout ne rentre dans l’ordre, j’invite notre Département ministériel et tout le gouvernement à prendre des mesures pour notre reconversion en nous appuyant dans des projets comme des fabriques de glace, de l’eau en sachet ou la commercialisation de fruits et légumes… ». Boubacar Samounou dit Garba, président de l’Union des artisans professionnels de Djenné : « L’artisanat est la principale activité de la ville » Le président de l’Union des artisans professionnels de Djenné, Boubacar Samounou dit Garba, a exprimé toute sa satisfaction quant à l’organisation de cette journée à Djenné : « Avec la crise, l’artisanat se porte mal car on ne voit plus de touristes qui sont nos principaux clients. La célébration de la Journée mondiale du Tourisme à Djenné nous permet d’espérer car elle prouve que les autorités pensent à nous. Lors de ces deux jours, Mme le Ministre Nina Walett a payé des articles à hauteur de 300 000 Fcfa et chaque membre de la délégation a fait aussi des achats. Tous ces gestes nous réconfortent ». Selon M. Garba, c’est grâce à son artisanat que Djenné est classé patrimoine mondiale de l’Unesco. « Pour la simple raison que ce sont les artisans qui ont construit la mosquée de Djenné et aussi dans chaque famille, vous trouverez au moins un artisan. C’est pourquoi nous demandons au Département, aux collectivités aux services techniques de nous aider car vous savez aussi bien que moi que ce n’est pas le talent qui manque ici » a conclu le président des artisans de Djenné. Rassemblés par Kassoum THERA Source : aBamako aBamako

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