Lutte contre la pauvreté : La potion de «JIGISEMEYIRI»

Le 17 octobre est célébré comme la Journée internationale de la lutte contre la pauvreté. Au Mali, ce mois est entièrement consacré à la solidarité. Les responsables du Programme de filets sociaux au Mali-Jigisemé Yiri ont saisi cette opportunité pour organiser une visite de terrain avec les hommes de médias dans certaines zones d’intervention du projet, dans la Région de Koulikoro. Objectif : s’entretenir avec les populations bénéficiaires du projet et, par là même, évaluer ses impacts sur leur quotidien. La visite qui a eu lieu, vendredi dernier, était conduite par le coordinateur du programme, Koulou Fané, accompagné des responsables de la Banque mondiale-Mali et de « Jigisèmè Yiri ». Ce projet est une réponse de la Banque mondiale à la demande du gouvernement malien, pour lutter contre l’extrême pauvreté. Institué par décret du Premier ministre (N°2013-195-PM-RM du 27 février 2013), il est placé sous l’autorité du ministère chargé des Finances. D’un montant de 35 milliards de Fcfa, il est financé sous forme de «Projet d’urgence de filets sociaux». Sur la base des progrès réalisés, le projet a bénéficié de deux nouveaux financements pour l’année 2017. Un financement additionnel de 5 milliards de Fcfa de la Banque mondiale et un financement de 12,5 milliards de Fcfa du gouvernement malien pour son extension. Son objectif, entre autres, est de mettre en place des transferts monétaires ciblés aux ménages pauvres, souffrant d’insécurité alimentaire et d’établir les piliers d’un système national de filets sociaux au Mali. Toutefois, à moyen/long terme, « Jigisèmè Yiri » vise à améliorer les résultats en matière de capital humain (santé, hygiène, nutrition et économie familiale) des enfants et réduire la transmission intergénérationnelle de la pauvreté. Le projet est exécuté à travers cinq composantes visant toutes à circonscrire la pauvreté extrême, voire l’enrayer définitivement. Les activités du programme ont démarré dans la quasi-totalité des communes du pays. A ce jour 106 communes sont bénéficiaires pour un objectif de base de 62.000 ménages. A la date du 31 août 2017, 60.715 ménages perçoivent régulièrement des transferts monétaires sur les 62.000 ménages prévus dans 99 communes sur les 106 bénéficiaires. La visite avec les journalistes a concerné trois localités du cercle de Kolokani : la commune rurale de Tioribougou et les villages de Sirado et Dansombougou. A cette occasion, le maire de la commune de Tioribougou, Moussa Diarra, a fait l’état des lieux du programme dans sa commune. Afin que cet appui arrive aux personnes ciblées, les responsables de la commune ont procédé à la mise en place de deux comités locaux dont l’un est communal et le second, villageois. Ainsi, 470 personnes vulnérables identifiées ont bénéficié chacune de 30.000 Fcfa par trimestre, destinés à l’achat de nourriture pour les familles, la prise en charge médicale, (principalement les femmes enceintes et les enfants), l’achat de fournitures scolaires, la réalisation d’activités génératrices de revenus. Compte tenu des résultats obtenus, le maire a remercié les initiateurs de «Jigisèmè Yiri» et leurs partenaires qui œuvrent sur le terrain pour lutter contre la pauvreté dans notre pays. Il a, par ailleurs, exhorté les partenaires techniques et financiers, particulièrement ceux qui soutiennent «Jigisèmè Yiri» à continuer leur œuvre, en raison de la spécificité de sa commune. L’édile craint que la famine ne s’installe dans la localité, surtout avec l’arrêt précoce des pluies cette année. Mais des composantes du projet prévoient des mesures d’accompagnement. Le préfet de Kolokani, Jérémy Théra, a exprimé sa satisfaction pour l’utilité de ce programme de développement socio-économique de la localité. Il a aussi plaidé pour sa pérennisation. Tout comme K. Konaré, veuve et mère de plusieurs enfants, le sexagénaire Y. Diarra a reconnu les changements constatés dans son quotidien depuis le démarrage du programme «Jigisème Yiri» dans la localité. Selon les statistiques, en 2015, le taux de pauvreté monétaire au Mali était estimé à 46,9%. C’est le pourcentage de population sur l’étendue du territoire national qui vit en dessous du seuil de pauvreté qui est de 480 Fcfa par jour. Ce chiffre global cache toutefois des disparités régionales. Le district de Bamako affiche le taux de pauvreté le plus faible avec 11,1% tandis que la Région de Sikasso affiche le taux le plus élevé, avec 65,8%, suivie de la Région de Mopti, 60,4%. La pauvreté est plus répandue en milieu rural (où plus de la moitié de la population est pauvre) qu’en milieu urbain où le taux de pauvreté se situe à 46,6%. Vu ce constat, «Jigisèmè Yiri» reste toujours favorablement accueilli dans les contrées menacées d’insécurité alimentaire. Mohamed TRAORE Source : aBamako aBamako

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