Faure Gnassingbé en donneur de leçons au Mali : « Nul n’est vraiment Prophète chez lui »

Silencieux dans son pays, le Togo où une crise sociopolitique couve depuis bientôt deux mois, le Président Faure Gnassingbé a arboré ici au Mali le manteau d’un Conseiller averti. Dans sa posture du Président en exercice de la CEDEAO, le Chef de l’État togolais a prodigué, en «bon père», de sages conseils au Peuple malien pour venir à bout de sa crise. C’est lors d’une rencontre régionale où nulle part le cas de la crise que traverse le Togo n’a été évoqué. «Le Mali aura tout vu avec sa crise», est-on tenté de dire lorsqu’on se rend à l’évidence selon laquelle des propriétaires de maisons en feu s’érigent en donneurs de leçons sous d’autres cieux. Du 13 au 15 octobre derniers, notre pays a accueilli la conférence régionale sur la situation sécuritaire dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest. Initiative de la CEDEAO en partenariat avec l’Union Africaine, cette tribune sur laquelle ont figuré en bonne place des organisations sous-régionales et africaines, des organisations non gouvernementales (ONG), de la société civile et les Représentants religieux, a été pour le Président togolais l’occasion de confirmer l’adage selon lequel que nul n’est prophète dans son propre pays. « Il revient aux Maliens de régler leurs problèmes plus que n’importe quelle organisation avec la bureaucratie habituelle…. « (…) J’ai envie de dire à nos frères maliens que, quand il y a un tel péril, plus rien ne compte qu’un sursaut national, qu’un sursaut salvateur pour libérer la mère Patrie. (…) Il faut avant tout l’Union sacrée des Maliens pour libérer la mère Patrie», a laissé entendre Faure Gnassingbé se faisant ainsi passer pour un Chef d’État qui dort tranquillement sur ses lauriers chez lui. Le Président de la CEDEAO a aussi appelé les Etats membres à «moins de discours et à agir plus». Ce bout de phrase pourrait-il expliquer la réaction du Président togolais face à la crise qui secoue actuellement son Régime? Une chose est sure, les discours sont « moins ». Mais et en ce qui concerne le « Plus agir » ? Les Togolais en sauront sans doute plus dans les tout prochains jours qui s’annoncent déjà impies avec des morts d’hommes enregistrés dans l’omerta locale du donneur international des leçons. Quant aux Maliens, ils se recroquevillent sur leur triste sort de receveurs de leçons, mais se réjouissent, cependant, d’avoir fait plus de la moitié de leur chemin de croix pour s’être pratiquement au bout du tunnel de la longue crise qui les aura fait voir de toutes les couleurs. Katito WADADA : LE COMBAT Source : aBamako aBamako

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