Courrier des initiés

Salut cher cousin, La descente vers le sud du bétail a commencé et je pense bien que tu nous amène un troupeau bien aguerri car cette année il va falloir beaucoup vendre pour faire le plein du grenier familial. Je t’informe que le riz ne va pas sourire comme d’habitude. Dans le Ganianka et dans le dô, les jeunes ont commencé à partir en voyant le végétal s’assécher par manque d’eau. Sur la rive mâle du fleuve, le constat est inquiétant car les céréales sèches ne bénéficiant pas de soin particulier et soumis aux caprices d’une nature capricieuses ne pourront pas équilibrer notre balance alimentaire qui inexorablement se balancera à gauche. Certes on ne peut rien contre la nature. Cependant nos dirigeants ne semblent pas mesurer l’impact de ce qui pointe à l’horizon. Préoccupés à garder leur fauteuil ou à en chercher ils ont l’esprit ailleurs. Cher cousin, Il est question d’installer de nouveaux chefs à la tête de nos Kafo. La bataille fait rude parmi les soupirants j’ai rencontré trois catégories une première, la plus nombreuse se compose de ceux qui ne veulent pas partir car leur pantalon est troué à leur tête Zantèguèba Dembélé qui est en train d’inonder tous les « faiseurs de roi » avec de l’argent public pour se maintenir en selle. Il oublie que même étant en poste il est possible qu’il fasse un séjour au lycée public de Bamako coura. La deuxième catégorie moins dense se compose de ceux qui veulent rester pour achever les grands chantiers qu’ils ont entamés. La dernière sont ceux qui veulent insuffler le changement car choqués par le règne dde l’abus et l’incompétence. Mais ceux de la première catégorie ont plus de chance car compte sur les pactoles volés et qu’ils vont distribuer pour l’achat des consciences. Les autres pourront gagner car la providence garde les manettes. Cher cousin, Dans cette affaire de lutte pour le pouvoir, la morale a peu de place. Comme les poursuivants d’une chienne en chaleur nos chercheurs de pouvoirs sont guidés par leur instinct bestial. Et les amis d’hier sont des ennemis d’aujourd’hui. Sur l’ensemble du Mara, les abeilles et les tisserands sont instance de divorce. Chacun y va de ses raisons mais la réalité est que personne en veut comprendre l’autre. Dans cette situation où on se bat de plusieurs fronts on a besoin de soutien multi forme ce qui fait l’affaire des marabouts et autres détenteurs de sciences métaphysiques. Ces individus rares autres fois sont de plus en plus fréquant dans la ville où ils sont internés à la charge de leur commanditaire. Je te quitte et à la quinzaine prochaine par ton cousin Morifing. Source : aBamako aBamako

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