Maltraitance des Maliens en Algérie : -Les députés décrient la mollesse de la diplomatie malienne

-Ils appellent les autorités algériennes au respect des droits humains Le ministre des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine, Abdourhamane Sylla, son collègue des Affaires Etrangères et de la Coopération Internationale, Abdoulaye Diop et celui en charge de l’Administration Territoriale, Tièman Hubert Coulibaly étaient face aux parlementaires, hier jeudi 26 octobre, à la faveur d’une séance plénière au compte de la session d’octobre. Les trois ministres ont été interpellés pour donner des explications sur les difficultés que traverse, actuellement, les migrants maliens en Algérie, en Lybie et en Arabie Saoudite. Ainsi que sur la problématique de l’opérationnalisation des neuf (9) nouvelles régions. Au cours de cette séance plénière de l’Assemblée Nationale, deux questions d’actualité étaient inscrites à l’ordre du jour. Il s’agit de la situation des migrants maliens en Algérie, en Lybie et en Arabie Saoudite et l’opérationnalisation des neuf nouvelles régions. Sur le premier sujet, les questions adressées aux trois membres du gouvernement concernés par les députés ont porté entre autres sur le nombre exact de Maliens vivant dans ces trois pays, les mesures prises par les autorités pour alléger leur souffrance, le processus de rapatriement. Mais aussi, au cours des interventions successives, les députés de la majorité tout comme ceux de l’opposition ont décrié le traitement inhumain et dégradant infligé aux Maliens de la diaspora, singulièrement en Algérie, considéré comme un pays ami du Mali. Mais qui, en réalité, n’a jamais été sincère dans ses rapports avec le Mali. A cet effet, le député Belco Bah du groupe parlementaire APM a fait part de sa déception face au comportement des autorités algériennes à l’égard des ressortissants maliens maltraités en violation des droits humains et des droits internationaux. Pour le député Zoumana N’tji Coulibaly du même groupe parlementaire, face à cette chasse à l’homme à la peau noire enclenchée en Algérie, le minimum que le gouvernement pouvait faire, c’était de condamner vigoureusement cet acte dégradant et inhumain en rappellent les autorités algériennes au respect des humains. Surtout quand il s’agit d’un pays comme le Mali qui a fortement contribué à la guerre de libération de l’Algérie. En réponse à ses griefs formulés par les députés, le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop s’est contenté de dire qu’entre le Mali et l’Algérie, il n’y a pas de visas. Mais qu’au-delà de 90 jours, le migrant doit se mettre en règle. Selon lui, le problème de la migration a été exacerbé par le problème sécuritaire auquel les pays du monde sont confrontés. S’agissant du nombre de Maliens vivant en Algérie, en Lybie et en Arabie Saoudite, son collègue en charge des Maliens de l’Extérieur et de l’Intégration Africaine, Abdourhamane Sylla, a déclaré qu’il n’existe aucune statistique viable pour l’instant. Les chiffres connus sont, selon lui, ceux relatifs aux Maliens désireux de retourner au pays. A ce titre, il a rappelé que quatre-vingt-trois (83) Maliens ont été rapatriés de l’Algérie et qu’un second groupe de 183 ont été rapatriés le mercredi dernier du même pays. Selon le ministre Sylla, le gouvernement répond à chaque fois qu’il est sollicité, mais ne dispose d’aucun pouvoir pour rapatrier les Maliens qui ne le désirent pas. En clair selon lui, tous ceux qui sont rapatriés ont manifesté leur désir de rentrer au pays. Quant à la Lybie, le ministre Abdourhamane Sylla a rappelé que ce pays est toujours en guerre et qu’il ne dispose à présent pas d’autorités dignes de ce nom. Avant d’expliquer qu’en 2013, le gouvernement a fait libérer des prisons libyennes 212 expatriés maliens. Depuis cette année, selon lui, environ 1200 Maliens ont été rapatriés de la Lybie. Pour le cas de l’Arabie Saoudite, le ministre Sylla dira que le problème est encore plus complexe. Car souligne-t-il, pour y demeurer, il faut être sponsorisé par un saoudien. Selon lui, 327 Maliens désirant de retourner au pays ont été à présent enregistrés par les services consulaires du Mali en Arabie Saoudite. Les neuf régions non opérationnelles seront activées par groupe de trois par an Le second sujet qui a dominé les débats au cours de cette séance plénière était relatif à l’opérationnalisation des neuf (9) régions non opérationnelles en application de loi 2012 017 018. Il s’agit des régions de : Dioila, Bougouni, Douentza, Koutiala, Kita, Bandiagara, Nioro, Nara et San. Pour les députés, à l’instar des régions de Taoudéni et Ménaka, ces régions doivent être rendues opérationnelles pour éviter de créer un sentiment de frustration au sein de leurs populations. Et le député Zoumana N’tjiDoumbia de s’inquiéter que le collectif des régions non opérationnelles a menacé de boycotter les élections générales de 2018 si ces régions ne sont pas opérationnalisées. Selon lui, le ministre de l’Administration Territoriale devait au moins avoir le courage de rencontrer les membres du collectif pour échanger avec eux et trouver une solution. En réponse aux questions des députés, le ministre Tièman Hubert Coulibaly a précisé que le gouvernement a bien la volonté de concrétiser l’opérationnalisation des 9 régions, mais qu’il est contraint par le manque de moyens financiers. Car selon lui, l’opérationnalisation de chacune des régions devra coûter environ 5 à 6 milliards FCFA au budget national. C’est pourquoi, le gouvernement a décidé de procéder par étape en activant trois régions par an à partir de 2018. Lassina NIANGALY Source : aBamako aBamako

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