Élection du conseil régional : ‘‘L’Etat et les Collectivités ont un devoir vis-à-vis des populations’’, dixit Abdel Kader Sidibé

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A la fin de ses études en France, il a préféré regagner son Mali natal. Malgré de nombreuses offres qui lui ont été faites. Depuis 1980, cet autochtone de Bamako né au Badialan est dans les rouages de l’administration malienne. L’un des meilleurs maires de la sous région, sa commune sert d’exemple pour de nombreux élus locaux. Après plus de 16 ans à la tête de sa commune (commune III de Bko), il s’est retiré avec tous les honneurs. Malgré tout, il est encore sollicité par les populations de la capitale pour son expertise. D’où sa candidature pour le conseil régional du district de Bamako. Nous l’avions rencontré pour une interview exclusive. Suivez Monsieur Abdel Kader Sidibé qui parle des grands axes de son projet, ses ambitions, ses moyens et les raisons de sa candidature. Le Zénith-Balé : Il est difficile de parler de soi. Mais qui mieux que soi pour se faire connaître. Alors, qui êtes-vous ? Abdel Kader Sidibé : Je m’appelle Abdel Kader Sidibé. Je suis né au Badialan 2, mes parents sont nés à Bamako. Donc, je suis un autochtone de la capitale. Inspecteur des services économiques à la retraite, je suis pratiquement polyvalent. J’ai commencé à travailler au Mali en 1980 au ministère du Plan comme rapporteur général du plan quinquennal (1981-1985), puis le ministère de la Santé pour un projet banque mondiale. Puisqu’au plan je gérais la coopération bilatérale et multilatérale, donc je connais très bien les directives de la banque mondiale. Du ministère de la Santé, je me suis retrouvé au ministère du Développement Rural où j’ai été Directeur Générai du programme alimentaire mondiale pendant au moins 5 ans. De là-bas, je me suis retrouvé au ministère de l’Administration Territoriale où pratiquement j’ai fait 17 ans Maire de la Commune III sans discontinuer. Finalement, je crois que depuis ma rentrée au Mali, je suis dans le développement local. Tout le long de ma carrière, j’ai eu deux grandes distinctions : Chevalier de l’Ordre National et Officier de l’Ordre National du Mali. Aussi, Chevalier de l’Ordre National du Burkina Faso. ZB : Pourquoi êtes-vous candidat pour gérer Bamako ? A.K.S. : Je crois qu’il y a un certain nombre de raisons qui font que je suis candidat pour gérer Bamako. Puisqu’après 17 ans de gestion locale, j’ai voulu me retirer. Mais, il s’est trouvé qu’il y a eu beaucoup de changements dans l’administration en matière de gestion locale qui font que la région de Bamako a eu un pouvoir très très important. Comme je l’ai dit, toute ma famille est de Bamako, ma femme et tout. Nous n’avions pas un autre endroit où aller, donc il faut savoir que la grande majorité, il y a des liens de parenté et d’amitié entre les familles. Quand il s’agit de chercher une équipe pour gérer le sort de cette communauté, je crois que je ne peux pas rester en marge. C’est l’une des principales raisons qui faut que je suis partant pour Bamako. Ensuite, j’ai géré la commune III et je connais les problèmes du district de Bamako. Parmi ces problèmes, je crois qu’il y a des choses essentielles qui n’ont pas été abordées et que je voudrais aborder si j’avais la chance de diriger le District. C’est la deuxième raison. Et la troisième raison, c’est que lorsque j’ai voulu me retirer, il y a une grande partie de la population, de mes connaissances qui m’ont dit qu’il faut que je me présente parce que ce que j’ai fait à la commune III est connu. Alors, elles souhaitent que Bamako puisse bénéficier de mon expérience et de mon expertise. ZB : Quels seront alors les grands axes de votre projet si vous êtes élu ? A.K.S. : Ma vision pour Bamako se fixe sur deux grands axes d’intervention. Le premier est transversal avec un certain nombre de programmes et le second est sectoriel. Transversal et sectoriel, tout cela s’inscrit dans la légalité parce qu’il ne faut pas… On a l’impression que quand on est Maire du District ou maire d’une commune on peut tout faire. La décentralisation, c’est l’Etat qui accepte de se défaire de certaines de ses prérogatives et les donner aux collectivités. Ces prérogatives données sont l’Administration Générale, l’Education, la Santé, l’Hydraulique et l’Assainissement. En restant dans ces cadres-là, je dis la vision d’abord du point de vue transversale. Il y a trois problèmes essentiels à Bamako. Le premier concerne les jeunes avec un certain nombre de volets. D’abord, le premier volet pour les jeunes est que je le dis souvent aux jeunes qu’il n’y a pas de jeunes à Bamako. Parce que pendant toute leur période de jeunesse, ils évoluent dans les milieux adultes. Il n’y a pas d’espace pour jeunes où ils peuvent évoluer en tant que jeune. Par rapport à cela, si j’ai la chance d’être élu pendant le long de mon mandat je veux créer un espace réservé aux jeunes où ils peuvent se retrouver pour toutes les activités les concernant. Au moins dans chaque commune prioritairement. Le deuxième aspect, c’est le problème de l’emploi des jeunes. Je crois que l’emploi des jeunes, c’est lier au fait qu’il n’y a pas beaucoup d’emplois mais c’est lier à la méconnaissance de tout le dispositif mis en place pour promouvoir l’emploi des jeunes. C’est d’aller à informer les jeunes sur tout ce qui est comme dispositif pour leur permettre de trouver un emploi. Soit en entreprenariat individuel, soit dans le mouvement associatif. En tout cas, c’est de leur montrer qu’il y a un vrai dispositif qui existe et qu’il faut exploiter à bon escient. On n’est pas jeune par l’âge ou la taille mais on est jeune par l’esprit. Il faut trouver un espace pour ces jeunes afin qu’ils puissent se développer. C’est l’un des points au niveau transversal. Les femmes, c’est également la même chose. Elles abattent un travail énorme dans la journée qui n’est pas reconnu. Et surtout, il faut signaler que le gouvernement et certaines organisations ont fait de leur mieux. Afin que les femmes puissent avoir des activités génératrices de revenus, ce que j’appelle : AIDER LES FEMMES A SE PASSER DE L’AIDE. Cela suppose qu’elles peuvent se prendre en charge surtout qu’un peu partout à Bamako, la charge essentielle du ménage pèse sur les femmes. Donc, il faut les aider en cela. C’est de les aider, les organiser au même titre que les jeunes pour la création d’activités génératrices de revenus. Maintenant, il y a l’assainissement, l’éternel problème de l’assainissement. Je pense qu’à ce niveau, j’ai des stratégies, des partenaires qui peuvent permettre de faire en sorte que les gens puissent oublier le problème de l’insalubrité à Bamako. Je pense que l’expérimentation de ma commune peut être un exemple. Je pense que c’est ce qui est transversal. Ce qui est sectoriel, il y a la santé, l’éducation, l’hydraulique, l’administration générale et l’assainissement. Je pense qu’à ce niveau, j’ai eu la chance d’expérimenter certaines choses dans ma commune que je veux amener à grande échelle au niveau du district. Par exemple, aujourd’hui il est impensable que dans la capitale qu’il y ait un problème d’eau courante et saine. Puisque beaucoup de quartiers ont ce problème d’eau. Donc, on va se pencher sur ça. L’EDM SA a peut-être un contrat avec l’Etat et n’arrive pas à satisfaire tous les besoins. Dans le cadre du partenariat ou même de manière interne, on peut résoudre ces problèmes là. Comme je l’ai dit en venant à la tête de la mairie de la commune III, il y avait six quartiers qui en période d’été bénéficiaient de l’approvisionnement par citerne. Aujourd’hui, ce problème est résolu avec la réalisation des châteaux, des adductions d’eau et en travaillant même avec l’EDM pour installer des surpresseurs. A la tête du district, je promets qu’à la fin de mon mandat aucun quartier n’aura un problème d’eau courante. Du point de vue de la santé, il y a un délaissement au niveau des associations de santé communautaire qui relèvent des communes. Je vais aider les communes à remettre à niveau ces associations pour qu’elles soient des références. L’éducation, il y a un programme décennal avec des objectifs fixés et en commune III, nous avions approché ces objectifs. Au niveau du district, de la région, il s’agit de tout mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs. En ce qui concerne l’assainissement, tant que l’on continue à faire des dépôts de transit, on ne s’en sortira pas. Il faut les supprimer et trouver des moyens d’évacuer directement les déchets à la décharge finale. Et ce moyen là j’y avais fait des propositions, il faut les appliquer. Quant à l’administration générale, c’est en grande partie au niveau des communes. Mais, en toute connaissance de cause, il faut aller en commune III pour tout acte d’état civil, vous n’allez excéder 2 à 3h pour rentrer en possession de vos documents. Puisqu’il faut mettre en place une véritable organisation en place. Et c’est ce qui sera fait dans toutes les communes et au niveau du district. Afin d’éviter les pertes de temps mais également d’étendre les centres d’état civil pour éviter le long déplacement aux populations. C’est en gros de manière sectorielle ce que j’entends réaliser. ZB : Avez-vous les moyens de vos ambitions? A.K.S. : Je crois qu’il y a les moyens. Mais, dans ma logique des choses, je n’ai jamais mis les moyens en avant. Je mets d’abord ce qu’on doit faire en avant car tout produit qui est bon se vend. Et quel que soit le coût, il se vend. C’est également une expérience car en venant en commune III, le budget était de 200 millions. Mais, au bout de 6 mois je l’ai porté à 600 millions et en un an à 1milliard 200 millions. Parce que la population s’en est rendu compte que les taxes qu’elle paye se répercute sur son bien-être. Et quand je quittais la mairie, le budget était à 3 milliards de nos francs. Pourquoi paye-t-elle parce qu’elle est bien servie. Alors, tant qu’on rend service à la population, elle est toujours prête à contribuer. C’est très important à ce que je sache. Aussi, pour les moyens, il ne faut pas se calquer sur la population elle seule. Normalement toute action en direction de la population, il y a trois moyens à mobiliser. Le moyen de la population bénéficiaire ; celui de la collectivité qui est une obligation et pour l’Etat qui est également une obligation. Donc, il faut toujours mobiliser ces trois moyens pour les actions à faire. Et tant que l’action est bien faite, la population est toujours prompte à réagir ; la collectivité vis-à-vis de ses engagements et l’Etat est obligé de réagir parce que l’Etat à un minimum de devoir vis-à-vis de la population. Alors, je trouve que les moyens sont toujours là pour réaliser ce dont on a besoin. ZB : Votre dernier mot ? A.K.S. : Comme vous l’avez dit, je suis candidat et je me confie à toute la population de la région, du district de Bamako. Je ne suis pas nouveau, j’ai été pendant 17 ans maire de la commune III. Pour mon 1er mandat, c’était mon parti (NDLR Adéma Pasj au moment des faits). Mais, les deux autres, c’était sur demande de la population. Je suis de Bamako et je n’ai pas un autre endroit où aller. Par rapport à cela, si je suis élu et que je fais bien mon travail, c’est d’abord pour moi-même. Mais, élu si je fais mal, c’est tant pis pour moi-même. Je lance un appel à toute la population de Bamako de me faire confiance. Et qu’au terme de ce mandat que l’on puisse s’asseoir et se regarder en face pour dire que l’engagement tenu a été fructueux, tout a été réalisé. Bien qu’étant tête de liste d’une alliance CODEM, APM MALI KO, UM RDA, CDS et PSDA, je demande à toute la population de me faire confiance et qu’elle ne sera jamais déçue. Inchallah! Par Boubacar DABO Source : aBamako aBamako

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