La lettre de démission de Mamadou I Konaté

Monsieur le Président de la République La Cour d’appel de Bamako vient de rendre son arrêt de relaxe dans l’affaire dite Ras BATH. Je prends acte de cet arrêt en même temps que je prends toute la mesure de son sens. Je note l’attente du régime de passer par un tel chemin vers l’apaisement et l’accalmie. L’ambiance délétère du moment nous conduit à courber l’échine devant les anomalies, à fermer les yeux devant les violations et à accompagner les anomalies de peur des affres des troubles et des violences de rue. Le régime en donnant échos à une telle vertu se sauve sans la République. La préservation des libertés et de toutes les libertés est aussi utile et nécessaire en république que leur respect absolu s’impose à tous. Aujourd’hui peut être pas mais demain oui et sans aucun doute. La quiétude des populations et la sauvegarde de leurs libertés, la défense de l’intérêt supérieur de l’Etat et la préservation du bien public, la lutte pour la justice et contre l’impunité des crimes et des crimes de sang en particulier sont des déterminantes essentielles en république. En république, l’action d’un ministre de la justice vise à suivre l’application des lois et des règlements et poursuivre le non respect et leurs violations le cas échéant. Je fais le constat de l’impossibilité de poursuivre ma mission à travers des actions efficaces, vigoureuses pour préserver les libertés et poursuivre leurs violations, pour défendre les deniers dissipés et les intérêts publics compromis et mettre en œuvre des actions idoines, pour poursuivre le crime de sang contre l’impunité... Pour qu’aucune action non accomplie ne le reste plus longtemps au sein de ce département, j’ai décidé de vous présenter ma démission en tant que ministre de la justice pour reprendre ma liberté. Profonds respects. Mamadou I KONATE Source : aBamako aBamako

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