« Le Mali doit redécouvrir la décision démocratique »

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C’est par des élections locales et de vraies négociations que l’Etat central peut avoir une chance d’être rebâti, plaide un collectif de chercheurs et d’acteurs du développement. Le 17 janvier 2012, le Mali était attaqué par des groupes armés organisés sous la bannière du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), avec des appuis extérieurs islamistes, jusqu’à ce que les deux tiers du pays soient occupés. Cela accompli, le MNLA était chassé par les groupes islamistes qui imposèrent leur loi. Début 2013, alors que ces groupes avançaient vers Mopti, l’opération « Serval » les repoussait et les pourchassait, sauvant à Bamako des institutions totalement discréditées, comme l’avait déjà montré le coup d’Etat du 21 mars 2012. Progressivement, les pays voisins et les institutions régionales et internationales intervenaient, et finalement un lourd dispositif militaire se mettait en place : l’opération française « Barkhane » pour la lutte antiterroriste dans le Sahel, avec 4 500 hommes aujourd’hui, et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), chargée du maintien de la paix, avec plus de 13 000 hommes. Erreurs d’appréciation Depuis lors, la France est restée très engagée dans cette crise, et ses partenaires occidentaux lui reconnaissent un rôle d’initiative quant à la stratégie à mettre en œuvre au Mali. Hélas, ses choix ont été biaisés face aux données essentielles de la situation. La France a d’abord commis de multiples erreurs d’appréciation dans le déroulé de la crise. C’était d’abord se montrer aveugle ou naïvement complaisant que d’accorder son soutien au MNLA, en se laissant tromper par l’invocation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce mouvement, au départ relativement ouvert sans pourtant représenter l’ensemble des communautés du nord du Mali, a rejoint en octobre 2014 la Coordination des mouvements de l’Azawad, se mettant alors au service d’une strate de la société touareg, les vieilles familles nobles de l’Adrar des Ifoghas, celles qui ont bénéficié de la colonisation pour s’y être ralliées immédiatement afin, déjà, de défendre leurs statuts et privilèges. Ensuite, surestimant le soutien populaire au MNLA, Paris n’a pu qu’observer comment, en raison de la rivalité entre Ansar Eddine, dirigé par Iyad Ag-Ghali, et le MNLA, ce dernier était bouté par des troupes djihadistes infiltrées depuis des années dans le nord du Mali, dont Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI), soutenus dans plusieurs Etats arabes. Source : aBamako aBamako

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