Interview: L’Armée, À L’avant-garde de la promotion des femmes au Mali

Le Colonel Mariétou Dembélé est en poste depuis avril 2014 à la DSSA. L’officier de la 19e promotion de l’EMIA (Modibo Keïta) a participé au Burkina-Faso en 2009 à la mission logistique de la Force entente de la CEDEAO. Mariée, mère de 5 enfants, elle conclut sur une complémentarité des genres dans l’Armée. Directeur du Service social des armées, le Colonel Mariétou Dembélé établit pour Le Clairon un état des lieux de la féminisation des Forces armées et de défense. Le Clairon : À quand remonte la présence du personnel féminin Le Colonel Mariétou Dembélé dirige le Service social des Armées. 16 LE CLAIRON au sein des Forces Armées Maliennes ? Colonel Mariétou Dembélé : L’avènement du recrutement du personnel féminin dans les Forces Armées Maliennes (FAMa) remonte à 1974 avec le recrutement de la génération de l’actuel général de brigade Coulibaly Kani Diabaté à la DCSSA. C’est aussi le lieu de rendre hommage à feu le général Togola Fanta Konipo. Je rends aussi hommage à tous les personnels féminins notamment les aînées, ainsi qu’à toutes celles aujourd’hui disparues. Les autres corps (l’Armée de terre, l’Armée de l’air et le Génie militaire d’abord, suivis de la Garde Nationale et de la Garde Républicaine) ont ensuite progressivement recruté du personnel féminin en leur sein. La parité homme/femme est-elle compatible avec l’institution militaire ? Lorsque vous parlez de parité, cela sous-entend un strict équilibre (50 %-50 %). Or, la présence féminine dans les Armées n’est ni une question de parité ni de compatibilité. Il s’agit de donner les mêmes chances à tous les enfants du Mali dans les règles de l’art. Le genre est une partie intégrante de notre culture. Nous avons une riche culture qui ne demande qu’à être valorisée et harmonisée avec de nouveaux concepts. Les femmes ne prétendent aucunement se substituer aux hommes dans l’armée mais elles comptent pleinement occuper et tenir les postes ou fonctions assignés pour le retour de la paix dans notre chère patrie le Mali; certes pas en première ligne. Et même là, nous dénombrons la présence effective de deux personnels féminins : le Capitaine Fatoumata Koné en 1994 à Tombouctou; le Colonel Nèma Sagara en 2013 à Sévaré. Le personnel féminin est dé- ployé partout sur le théâtre des opérations. Quel premier bilan tirer de la féminisation de l’armée ? Je ne saurais vous dresser un bilan exhaustif de la présence fé- minine dans les rangs. En toute humilité, nous jouons pleinement notre rôle si nous sommes sollicitées. L’actuelle problématique de l’emploi du personnel féminin dans les Armées trouvera sa résolution en interne, j’en suis sûre. Pouvez-vous nous parler du nouveau statut du personnel fé- minin ? Dans ma compréhension, il ne pourrait y avoir un statut particulier pour une frange de personnel au sein des FAMa. En revanche, des dispositions spécifiques sont en cours d’élaboration afin de mieux cerner les contours dus au genre. Quel est le pourcentage du personnel féminin au sein des Forces de défense et de sécurité ? Le personnel féminin représente 6,7 % des Forces armées et de défense. J’espère bien que ce taux ira croissant. 2e Cl Salia dit Koniba Sidibé 2e Cl Zeïnabou Koné Source : aBamako aBamako

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