Les musulmans et la présidentielle de 2018 : ‘’IBK a mangé seul, il mourra seul’’ Ce slogan semble être désormais celui des Chefs religieux du Mali

Un adage nigérien dit que : « qui mange seul, meurt seul ». Cela semble être le cas pour notre président actuel. Tout laisse à le croire, vu les nombreuses sorties et les diatribes des chefs religieux contre lui. ‘’Quoiqu’on dise, celui qui est au pouvoir n’a de souci que la préservation de son régime et celui-là qui le convoite, point de priorité que de parvenir aux affaires’’, voici résumé leur point de vue sur les hommes politiques. La fin du bail établi à travers une charte signée entre les musulmans et IBK, arrivera à terme en 2018. Les musulmans pensent que la charte n’a pas été respectée par le partenaire d’en face. Pour qu’on ne traite pas les musulmans du Mali de trahison, ils ont donc préféré ne pas avoir la confiance d’IBK que de perdre sa confiance. Les musulmans du Mali, ne veulent plus servir de fusible à quelqu’un, et d’ailleurs selon eux le Mali n’appartient pas à un président, ce sont les règnes du pouvoir qui lui sont juste confiées pour une période bien définie. Ce qui est vrai également. La priorité, pour les musulmans, c’est de sauver la patrie d’abord, comme le disait le slogan ‘’le Mali d’abord’’, et éviter le cas somalien. Ce pays depuis le départ du Général Siad Barre, pendant 23 ans n’a pas pu être rassemblé. A ce rythme, les musulmans pensent que le Mali est en train d’aller droit dans le mur. Ils ne pensent pas qu’il faut laisser aller la situation jusqu’à un point de non-retour pour agir ? Selon eux, il faut éviter à ce que ce patrimoine ne tombe dans les abymes. Le Président du HCIM trouve que ‘’le Mali d’abord’’ semble être un slogan creux, contrairement à ce que les maliens ont cru, c’est-à-dire que le Mali était censé venir avant tout. Les musulmans disent ne pas rester les bras croisés pour attendre le pire. Chaque musulman doit réfléchir au futur du Mali et s’organiser afin d’user de sa part dans la souveraineté du peuple. Dans un avenir proche, le président du Haut Conseil Islamique (HCIM) Mahmoud Dicko, fera une déclaration à l’endroit de tous les musulmans, à tous les leaders et à tous les citoyens maliens de l’intérieur, comme de l’extérieur pour prendre conscience de la gravité des choses. Pour cette mission de sacerdoce le président du HCIM en parfait accord avec le Cherif de Nioro, décidera qui sera le prochain locataire de Koulouba. Le Président du HCIM semble tourner la page IBK qui semble avoir mangé seul, et qui mange seul meurt seul. Pour rappel, en 2012, avant la mutinerie qui a emporté ATT, Mahmoud Dicko avait eu le sentiment d’une fin douloureuse pour ATT, et un avenir sombre pour le Mali. Fort de ce sentiment, ATT lui a convoqué à Koulouba pour lui notifier qu’il est au courant que l’Imam Dicko est un soutien de ceux qui veulent le faire partir par un coût d’Etat. C’était le lundi 20 mars 2012. Pour toute réponse, l’imam s’est adressé à ATT en ces termes : « comme vous êtes sûr de votre information, je ne la démentirai pas, mais si c’est vrai que je suis un soutien de vos prétendus putschistes, le coup d’Etat se fera inévitablement. ATT surpris par cette réponse, et pour éviter sa colère, a utilisé les relations fraternelles qu’ils ont héritées de leurs parents respectifs pour le calmer. ATT avait promis que le Général Kafougouna passera le voir les jours suivants après cette rencontre. Et par surprise, le Général Kafougouna lui a envoyé un coup de fil le mercredi matin 22 mars 2012 au nom d’ATT, qui l’invitait à parler aux jeunes militaires qui venaient de rentrer dans une mutinerie contre lui. L’Imam a eu à demander à Kafougouna, de quels jeunes militaires s’agit-il ? Il a demandé au Général Kafougouna de lui remettre les numéros de ces jeunes militaires en divorce avec ATT. Les choses se sont précipitées et le Général Kafougouna n’a pas eu le temps de lui remettre les numéros des mutins et la cause était par la suite entendue. Le Président du HCIM est un homme de réseau. Il ne parle pas au hasard. Lorsque tu l’entends parler de quelque chose, cela suppose qu’il a déjà fini de tisser ses toiles et il ne fait qu’attendre. Il semble être en avance sur son temps. Cette sortie du président du HCIM semble être la fin d’une idylle entre les parties qui jadis étaient les deux poumons d’un même corps. Disons qu’en 1994, lorsqu’il était question de choisir le 3ème premier Ministre du Président Alpha Oumar Konaré, ce dernier a consulté les bons services de l’Imam Dicko, en lui demandant de scruter l’étoile des trois hommes politiques pressentis à ce poste à savoir Mamadou Lamine Traoré, IBK et Dioncounda Traoré. Il a demandé au président Alpha de lui accorder une journée pour lui ramener le résultat de la consultation. En fin de journée c’est le nom d’IBK qui est sorti comme étant celui qui peut stabiliser son pouvoir contre l’opposition malienne. Voici donc les conditions dans lesquelles IBK a été nommé premier Ministre. Cette amitié entre les deux parties a largement profité à chacun d’eux. D’abord en 2002, l’Imam Dicko a influencé les musulmans du Mali qui ont décidé de voter pour IBK. Mais Alpha Oumar a pris le peuple au dépourvu. IBK n’a pas été retenu. Puis en 2013, les mêmes consignes ont été données par les Chefs religieux, et avec l’appui de la junte, IBK a été élu avec 77%. Au fil des jours, le doute s’est créé entre les deux hommes. Il y a des hauts et des bas dans leur relation jusqu’à cette sortie énergique de début janvier de l’Imam Dicko, qualifiant le régime d’IBK de déviationniste par rapport à ce qui a été convenu entre eux. Ainsi va le monde politique depuis toujours. Le régime d’IBK ne fera pas exception à la règle. L’Imam Dicko était d’abord l’ami d’Alpha avant de connaitre IBK. Mais enfin de mandat Alpha, ne lui parlait plus. Nous ne sommes donc pas étonnés de cette position de l’Imam. Que Dieu sauve le Mali. Ivette GUINDO Source : aBamako aBamako

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