Salon international de l’industrie : Un premier rendez-vous qui promet

Annoncé comme le plus grand évènement économique de l’année 2018, le premier Salon international de l’industrie du Mali s’ouvrira demain dans notre pays. Dans une interview exclusive qu’il nous a accordée, le ministre du Développement industriel, Mohamed Aly Ag Ibrahim, a donné des détails du projet, les attentes de notre pays par rapport à ce rendez-vous, les derniers réglages .… L’Essor : Monsieur le ministre, le département de l’Industrie a engagé depuis quelques mois ce vaste chantier, celui de tenir la toute première édition du Salon de l’Industrie du Mali. Est-ce que vous pouvez nous décrire cet événement majeur ? Mohamed Aly Ag Ibrahim : Permettez-moi, tout d’abord, de rappeler que l’organisation de ce premier Salon international de l’industrie du Mali s’inscrit dans l’illustre vision du président de la République, Son Excellence Ibrahim Boubacar Keïta, de presser le rythme de la marche du Mali vers le chemin de l’émergence et du progrès. Dans cette vision, l’industrialisation est considérée comme la voie la plus sûre pour promouvoir un développement économique intégré et durable du Mali. Ainsi, l’institutionnalisation d’un département dédié au développement industriel de notre pays traduit à suffisance, cette volonté du président de la République de faire de ce secteur industriel, une source majeure de croissance inclusive, durable, de satisfaction des besoins essentiels de la population et de la demande locale en biens de consommation intermédiaire, de progression et de diversification des exportations, de transformation structurelle de l’économie. Pour traduire cette volonté présidentielle en actions concrètes, le gouvernement, à travers notre département, a entrepris plusieurs actions incarnées dans un Programme présidentiel d’urgences sociales et surtout la Politique nationale de développement industriel. Ce plan qui a permis d’engager des actions fortes et concrètes, favorisant surtout la restructuration des unités industrielles ainsi que le renforcement de l’efficacité des services d’appui à l’industrie, nous a également inspiré l’organisation d’un salon international dédié exclusivement à l’Industrie. Ce salon, nous l’avons voulu un événement majeur d’une portée internationale, une première du genre au Mali et il vise à valoriser l’immense potentiel de l’industrie de notre pays. Il sera le lieu de l’expression de l’ensemble des opportunités et facilités de l’industrie malienne, de rencontre, d’échanges et de tisser des partenariats fructueux. Il est placé sous le haut parrainage du président de la République, Ibrahim Boubacar Keita. A travers ce rendez-vous, nous ambitionnons de donner une image fidèle de l’industrie d’aujourd’hui, tout en nous préparant à celle de demain. L’Essor : Quelles sont les attentes de notre pays par rapport à un tel rendez-vous ? Qui sont vos partenaires ? M.A.A.I : En organisant ce salon, nous voulons positionner le Mali au cœur des plus grands évènements économiques de la sous-région, voire du continent. Car, le Salon International de l’Industrie du Mali se veut un cadre unique dans son genre à l’échelle sous régionale dans les agendas professionnels du secteur industriel sous régional et même continental. Il s’agit de rapprocher une offre de savoir-faire, d’innovations et une demande en solutions pour une meilleure productivité et compétitivité de notre secteur industriel. Ce salon se présente donc comme l’une des réponses du gouvernement à travers le département en charge de l’Industrie et vise à promouvoir véritablement le développement industriel du Mali. Pour la réussite de cet événement unique, notre pays a choisi la Turquie comme invité d’honneur et coorganisateur. Ce choix se justifie surtout par la réussite du modèle d’industrialisation turc, unique dans son genre et pour lequel, la Turquie se positionne aujourd’hui comme une référence à travers le monde. Il faut noter que la Turquie est aujourd’hui la première puissance économique du Moyen Orient, 7ème puissance économique européenne et 16ème mondiale. Ce pays s’affirme de nos jours comme un géant industriel. Sa présence au salon avec ses industriels devrait enrichir notre pays en terme de transferts de compétences de technologie, d’appui et d’assistance aux normes internationales. C’est de ce modèle que notre pays veut s’inspirer pour mieux exploiter et faire valoir son potentiel économique. L’Essor : Combien de visiteurs et d’exposants sont attendus au cours de ces trois jours et quelle est la spécificité de ce salon ? M.A.A.I : Ce salon, nous l’avons dit, se veut être un levier du développement de l’industrie au Mali. Il réunira toutes les parties prenantes de ce secteur, à savoir les industriels, les investisseurs, et les institutions dans la même enceinte, la sous-région et l’Afrique autour des industriels du Mali et de la Turquie. Ce sera une occasion pour notre pays de faire connaître les potentiels industriels ainsi que les différentes opportunités d’investissement dans le secteur de l’industrie. La tenue d’une telle manifestation permettra au pays d’être plus visible sur le secteur de l’industrie, surtout avec la présence des majors du secteur qui découvriront et partageront le savoir-faire turc et d’ailleurs, de quoi développer des partenariats structurants. Avec ses 10.000 m2 d’espace de stands d’exposition, plus de 300 patrons industriels du Mali, de l’espace UEMOA-CEDEAO, d’Afrique, d’Europe et d’Asie, des patronats et organisations faitières d’industriels du Mali et de l’étranger, la diaspora malienne, des fournisseurs de matières premières aux industries, des dirigeants de Banques et institutions financières nationales et internationales, des medias prendront part à ce rendez-vous industriel. Cependant, nous attendons également lors de ce salon, la visite de plusieurs personnalités politiques et économiques de la sous-région et de l’Europe, parmi lesquels des membres du gouvernement turc et des patrons. Débats, ateliers, master class, keynotes, échanges B to B, panels seront organisés et les personnalités incontournables du secteur se succèderont pendant 3 jours lors des panels. L’Essor : Pour la réussite de ce salon, vous avez rencontré toutes les sensibilités et tous les acteurs au développement de notre pays, quelle leçon tirez-vous de ces rencontres ? M.A.A.I : Pour nous, le premier challenge dans l’organisation d’un tel événement, c’est le défi de la mobilisation nationale. C’est pourquoi, nous avons choisi opté pour une démarche participative à travers des rencontres avec des champions de l’industrie malienne mais aussi avec des organisations professionnelles des secteurs du commerce, de l’industrie, du service, des fournisseurs de matières premières tels que l’APCAM, mais aussi les dirigeants des institutions financières nationales et internationales, les responsables des administrations publiques travaillant avec le secteur industriel, les chambres consulaires, les organisations patronales, les avocats d’affaires, les responsables des organisations féminines, de jeunes et de sociétés civiles, les consommateurs, les journalistes, bref il s’agissait d’écouter les conseils, partager les expériences pour certains mais surtout d’associer tout le monde à l’organisation d’un tel événement et permettre à l’ensemble de l’écosystème de l’Industrie de s’exprimer et d’accompagner ce projet. Par exemple, les jeunes qui font un excellent travail d’innovation, ont des projets, veulent s’exprimer et apporter leur contribution à l’élan d’industrialisation. Nous allons offrir un stand en guise de soutien aux jeunes afin de leur donner un espace pour s’exprimer, se vendre et apporter des solutions pratiques aux problèmes. L’Essor : Un département dédié exclusivement au développement industriel, quelle nouvelle impulsion cela a-t-il donné au secteur ? Quels sont les projets du département en cours ? M.A.A.I : En effet, le secteur économique de notre pays se caractérise par ce dualisme patent, à savoir malgré ses potentiels industriels indéniables, l’industrialisation est restée longtemps à l’état embryonnaire dans notre pays. Cette situation génère malheureusement des conséquences bien connues de tous. Chaque année, les zones de forte production agricole enregistrent d’énormes pertes post récoltes. Des pertes atteignant pour les denrées agricoles périssables (comme les fruits et les légumes) une moyenne de 35 à 50 % de la production réalisable totale, alors que pour les céréales, le taux varie entre 15 et 25 %. Pourtant, ces pertes peuvent être évitées si le pays était doté d’une base industrielle performante et surtout adaptée aux nécessités du pays. C’est pourquoi, le président de la République, à travers son projet de société, a identifié l’industrie comme source majeure de croissance inclusive, durable, de satisfaction des besoins essentiels de la population et de la demande locale en biens de consommation intermédiaire, de progression et de diversification des exportations, de transformation structurelle de l’économie. De ce fait, la modernisation de l’industrie malienne et l’amélioration de la performance de celle-ci restent un chantier capital pour le département. Car il ne s’agit plus seulement de produire, mais d’être compétitif pour espérer tirer son épingle du jeu sur des marchés de plus en plus ouverts et concurrentiels. C’est conscient de ces défis et des effets structurants et d’entrainement de l’industrialisation sur le reste de l’économie que le département, dans le cadre de la mise en œuvre du Programme présidentiel d’urgences sociales, vient d’élaborer ce nouveau plan d’urgence de développement industriel. Nous avons donc entrepris un ensemble d’activités concrètes à mettre rapidement en œuvre. Ces activités emblématiques portent notamment sur l’amélioration d’un cadre législatif et règlementaire, le renforcement de notre base industrielle, une plus grande implémentation de la démarche qualité au sein des entreprises, la promotion de la propriété intellectuelle, le soutien à la compétitivité des unités existantes, la mise en place d’un environnement plus incitatif. Nous avons également développé une nouvelle approche visant à favoriser le développement de potentialités industrielles des différentes localités de notre pays. Ainsi, par exemple pour la Région de Kayes, le développement d’unités de transformation de lait, de viande, de cuirs et de peaux, des usines de fabrication de carreaux et marbres ainsi que des cimenteries, usines de chaux industrielles, de fer, etc. Pour la Région de Koulikoro, il s’agit de développer des filières porteuses telles que la transformation de fruits, légumes, karité et maïs. En terme d’industrie lourde, la région pourrait abriter des briqueteries, usines de fer, unités de fabrication d’aliments bétail etc. Sikasso et Ségou, qui recèlent d’innombrables potentialités agricoles, peuvent bientôt assister à la promotion de l’agro-industrie à travers des unités de fruits, légumes, karité, anacardes, des rizeries, des unités sucrières et de textile. Elles peuvent aussi recevoir des usines de fabrication d’équipements agricoles, usines de production d’engrais et de produits phytosanitaires. Quant à Mopti, Tombouctou, Taoudéni, Gao, Ménaka et Kidal, ils peuvent recevoir des unités de transformation de lait, de viande, de cuirs et de peaux. En industries lourdes, elles peuvent recevoir des usines de phosphate, des usines de fabrication d’engrais et produits phytosanitaires, mais aussi des abattoirs modernes. En outre, la transformation des matières premières locales s’avère, aujourd’hui, indispensable pour notre pays qui regorge d’énormes potentialités agricoles. Et l’implantation des usines et unités à travers le pays, ainsi identifiées, renforcera la densification du tissu industriel de notre pays tout en améliorant les conditions de vie des populations des zones de production par l’accroissement et la sécurisation de leurs productions. L’Essor : Est-ce que tout est prêt aujourd’hui pour la réussite de cet évènement ? M.A.A.I : En initiant ce projet fondamental, nous voulons mettre notre pays au cœur de l’agenda économique régional. Ce salon permettra au monde entier de redécouvrir l’industrie malienne et sa capacité à doper la croissance du pays. Au-delà des grands discours, il faut maintenant passer au stade de la concrétisation ! Il en sera fortement question dans les allées du salon. Pour réussir ce renouveau technologique et industriel de notre pays, il faut d’abord des outils, des solutions et des savoir-faire. Vous les trouverez tous réunis au salon à partir de demain jusqu’au 21, sur les stands des 300 exposants, ce qui en fait le plus important salon industriel de la sous région. Des animations, des démonstrations et des conférences seront complétées par des parcours thématiques, par la présentation des produits et technologies. Sans oublier, la possibilité d’organiser et de planifier des rendez-vous d’affaires avec l’ensemble des professionnels des secteurs représentés sur le salon. Aujourd’hui, nous pouvons dire, sans risque de nous tromper, que tout est fin prêt pour la réussite de cet événement. Depuis trois jours, nous avons commencé à accueillir les délégations et je peux vous assurer qu’il y aura beaucoup de surprise. Côté organisation matérielle, tout est au point. Propos recueillis par Doussou Djiré Source : aBamako aBamako

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