Soumaïla Cissé : Toujours présent au rendez-vous

« Une belle nuit s’annonce dès le crépuscule », dit un adage bambara. Au fur et à mesure que l’élection présidentielle du 29 juillet 2018 s’approche, l’horizon s’éclaircit d’elle-même sur les chances des potentiels candidats à travers des déclarations de soutien à candidature. Pendant que certains candidats voient, déjà, leurs rêves se briser après avoir parcouru tout le pays à la recherche des électeurs, d’autres prennent du pouvoir au collet à travers des sollicitations à candidature groupées de partis politiques. Parmi ces géants capables de réaliser l’alternance à partir de septembre prochain, figure le président du parti de l’Union pour la République et la démocratie (URD), l’honorable Soumaïla Cissé, chef de file de l’Opposition. Comme IBK en 2013 lors du 2ème tour de la présidentielle, la fièvre Soumi champion dès le 1er tour de la présidentielle prochaine se met, de plus en plus, en place. Il n’est pas encore officiellement candidat à la présidentielle du 29 juillet 2018, mais Soumaïla Cissé bat déjà, mathématiquement, à ce stade de précampagne, tous ses éventuels adversaires qui rêvent de croiser le fer avec lui lors de la prochaine élection présidentielle. Même ses adversaires politiques sont unanimes sur une chose : « jamais, une candidature à une élection présidentielle au Mali n’a acquis autant de soutiens auprès des partis politiques avant même l’ouverture de la campagne comme l’est aujourd’hui celle du Chef de file de l’Opposition malienne ». A trois mois du rendez-vous, il occupe tous les esprits et parvient même à renverser l’ordre des choses installées depuis 1996 où c’est le président sortant à la recherche d’un second mandat qui retient toutes les attentions en faisant l’objet de toutes les sollicitations à candidature des partis politiques. Pour la présidentielle de juillet prochain, la candidature en attente de Soumaïla Cissé annonce, de toute évidence, la rupture à cette vieille tradition au Mali. Il est sollicité de tous les côtés et en lui les Maliens voient, de plus en plus, le futur locataire du palais de Koulouba à partir du 4 septembre prochain. Pour preuve, le lundi 9 avril 2018, au Grand hôtel de Bamako, 18 partis politiques qui revendiquent 285 conseillers municipaux dont 5 maires (regroupés au sein de l’Alliance des Démocrates Rénovateurs-ARD) ont décidé de le renforcer dans sa quête du pouvoir en faiblissant la majorité présidentielle qui galère toujours à faire le consensus autour du président sortant. Ces 18 partis politiques, anciens membres de la Convention des partis politiques de la majorité présidentielle (CMP) semblent voir le Chef de l’Opposition prendre, inévitablement, la direction de la colline du pouvoir. Plus que tous les prétendants au fauteuil présidentiel, ils font désormais confiance au patriotisme, à la clairvoyance, au nationalisme de Soumaïla Cissé et en ses capacités à pouvoir rassembler les Maliens et rehausser l’image du Mali. «Je voudrais commencer à dire que je suis honoré d’être aujourd’hui le porte-parole d’une alliance dont l’objectif premier, c’est-à-dire la vision fondamentale, est de sauver une nation, notre nation Mali. Je ne peux pas mesurer la confiance portée en ma modeste personne pour porter la voie de l’ADR (l’Alliance des Démocrates Rénovateurs) qui est aujourd’hui une force composée de 18 partis politiques, 285 conseillers municipaux dont 5 maires. Depuis un certain temps, nous avons pris toutes nos responsabilités de rejoindre l’Opposition républicaine et démocratique, nous l’avions fait sur la basse de certaines contestations dans la gestion de notre pays », a dit le premier vice-président de l’ADR, Dr Almoubarek Ag Oumar, président du parti AMAT (Alliance malienne pour le Travail). Et de signaler au passage leur déception de la gestion actuelle des affaires publiques. Les partis qui composent l’ADR sont : AMAT, PSD, PDJ, PDP, RCD, PPP, PJD, RPD, PSR, MDD, CD, PC, PAR, Mouvement Mali ko, CNDP, RPJ, PJT, PPRD. Ce rapprochement des anciens soutiens du président sortant à son challenger de 2013 a de quoi faire peur aux partisans de la réélection d’IBK. Car, selon nos sources, l’appel de candidature de ces 18 partis politiques en faveur du président de l’URD n’est qu’un avant-goût d’un vaste ralliement d’autres grosses formations politiques avant le 1er tour de la présidentielle et plus encore en cas de 2ème tour auquel sera forcément présent le Chef de file de l’Opposition. Pour rappel, en plus d’être le candidat de la deuxième force politique du Mali, des organisations de la société civile, réunies au sein de la plateforme « An ko Soumaïla » (traduction : Soumaïla la solution), promettait aussi, il y a environ un mois, la victoire au président de l’URD en juillet 2018. C’est dire que, contrairement à 2013, Soumi Champion bénéficiera de gros soutiens dès le 1er tour de l’élection présidentielle. «Notre objectif, c’est de tout faire pour que IBK n’ait pas un second mandat. Soumaïla Cissé est capable de booster les affaires, de régler les problèmes qui se posent au Mali…», déclarait à l’époque Gouagnon Coulibaly, coordinateur de la commission URD chargée des associations de la société civile. Est-ce les prémices d’un réel séjour présidentiel à Koulouba pour Soumaïla Cissé? En tout cas, sans même ces nombreux soutiens actuel à sa candidature, il avait réussi à tenir tête au président sortant lors du 1er tour de la présidentielle de 2013. Au-delà, le candidat de l’URD demeure, sans doute, l’adversaire le plus redouté par tous les prétendants à la magistrature suprême en République du Mali depuis 2002. Et aux yeux des partisans de l’alternance 2018, il incarne l’ULTIME espoir, considéré comme étant le seul futur candidat capable de détrôner le président sortant Ibrahim Boubacar Kéïta. Cette conviction de l’opinion malienne repose sur des performances réalisées par le candidat de 2002 à nos jours. En effet, mieux que tous ses adversaires politiques, le président de l’URD a le mérite de faire un bon résultat au sortir de toutes les joutes électorales auxquelles il a participé durant sa carrière politique. Pour rappel, sur deux participations à une élection présidentielle, Soumaïla Cissé a disputé deux finales, une contre le président Amadou Toumani Touré en 2002 et la deuxième contre le président IBK en 2013, avant de les perdre sans cri, ni bruit. En août 2013, il a même innové dans le fair-play en effectuant le déplacement, en compagnie de son épouse, au domicile du gagnant pour le féliciter. D’ailleurs, l’histoire des élections au Mali retient de lui qu’à chaque fois qu’il participe à une élection, il faudra s’attendre à un deuxième tour. Ce qui fait dire certains observateurs que Soumi champion (comme on l’appelle affectueusement) est devenu la bête noire des candidats aux élections présidentielles au Mali. Car, il maintient pour toujours le suspens. A l’entame de la présidentielle 2018, le candidat de l’URD (nous le disons sans réserve) garde, encore et en dehors de toute ambiguïté, son titre de : « cauchemar pour ses adversaires politiques y compris le président sortant». Il est l’un des rares traditionnels candidats politiques dans la conquête de Koulouba à pouvoir, jusque-là, garder un rang constant de 2ème place à chaque élection présidentielle. Sans compter que les failles de la gestion de son principal challenger lui profitent largement aujourd’hui. Mais, saura-t-il transformer cet atout enfin, en un séjour à Koulouba en septembre 2018 ? Une chose est certaine : en cas d’éventuel renoncement du président sortant à un second mandat, plus rien ne pourra, à l’heure actuelle, empêcher Soumaïla Cissé de réaliser son rêve d’être président du Mali. En août prochain. Youssouf Z KEITA Source : aBamako aBamako

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