« Il n’y a ni de problème peul ni de problème dogon » au Mali

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Le gouvernement malien essaie de promouvoir la cohabitation pacifique des communautés peule et dogon, alors que les violences ont déjà poussé 3.000 personnes à partir pour le Burkina Faso. Une enquête a été ouverte au Mali pour établir un bilan des victimes après les affrontements dans le centre du pays, entre Peuls et Dogons, qui pouraient avoir causé la mort de plusieurs dizaines de personnes. Les autorités essaient aussi de promouvoir le vivre ensemble et de généraliser le désarmement. Plus de 3.000 personnes ont déjà dû quitter la région en raison des violences. "Convivialité et fraternité" "Les forces du mal soutiennent les terroristes et essaient de déstabiliser des communautés comme les Peuls et les Dogons qui vivent ensemble dans la convivialité et la fraternité", depuis des siècles. C'est ce que déclare à la DW le porte-parole du gouvernement malien, Amadou Koïta, qui le répète : "Il n'y a pas de problème peul, il n'y a pas de problème dogon." D'ailleurs, Amadou Koïta insiste sur les rencontres organisées par les associations des deux communautés pour souligner leur engagement "à se donner la main pour vivre ensemble, pour qu'ensemble, ils puissent lutter contre les groupes terroristes dont le projet de société est de détruire les droits universels et de créer l'insécurité partout." Le tout serait donc de lutter contre les terroristes, affirme le ministre qui estime que ces heurts sont le résultat des revers des groupes armés dans le nord, "grâce aux progrès de l'armée malienne", au G5 Sahel qui se met en place et aux forces internationales présentes, les forces Barkhane et Minusma. Poursuites judiciaires et suspension du port d'arme Le Premier ministre Soumeylou Boubeye Maïga a annoncé le désarmement de toutes les milices et des poursuites judiciaires envers tous ceux qui iront à l'encontre des principes républicains, comme le maire de Koporona la semaine dernière. Dans un "avis", cet élu du centre du pays avait demandé aux Peuls de quitter sa commune sous 48 heures. Le porte-parole du gouvernement rappelle le message de fermeté des autorités et déclare : "A partir d'aujourd'hui, tous ceux qui diffuseront des messages de haine et de violences seront traduits en justice". Mali - Soumeylou Boubèye Maïga (picture alliance/dpa/F. Alvarado) Soumeylou Boubèye Maïga veut désarmer toutes les milices Amadou Koïta rappelle aussi que "le Premier Ministre a insisté sur la nécessité de désarmer tous les porteurs d’armes, y compris ceux qui ont des permis de port d’arme. Il va suspendre aussi la délivrance de permis d’armes. Le Premier Ministre va demander d'ouvrir une enquête judiciaire contre tous ceux qui seront impliqués dans des actes de violence". Pas de changement pour les élections du 29 juillet Selon le porte-parole du gouvernement, les élections pourront se tenir comme prévu le 29 juillet, sur l'ensemble du territoire national. "On a bien tenu des élections en Irak, on a bien tenu des élections en Libye, on a bien tenu des élections en Afghanistan, où c'est parfois pire… nous allons aussi tenir les élections", développe Amadou Koïta. Des milliers de réfugiés au Burkina Néanmoins, environ 3.000 personnes ont fui la zone des combats et la région de Mopti (Cercle de Koro), d'après le Haut commissariat pour les réfugiés (HCR), entre la mi-février et début avril. Il s'agit de Maliens en majorité mais aussi, pour un tiers environ, de Burkinabè "qui vivaient au Mali depuis des années". Or la province du Sahel, au Burkina Faso, où ces personnes fuient, n'a pas les moyens d'accueillir tous ces réfugiés supplémentaires. Marlies Cardoen, du HCR au Burkina Faso, explique que ces "nouveaux déplacements ont lieu dans une région qui est déjà confrontée à une situation d'insécurité alimentaire en raison d'un manque de pluie ces derniers mois. Ce qui a aussi des répercussions sur les infrastructures sociales de base comme les hôpitaux et les écoles. Il y a des pénuries de médicaments et de personnel auxquelles le HCR essaie de remédier." Soit ces réfugiés trouvent abri dans des camps d'urgence, soit ils habitent chez des proches ou des amis. Le HCR tente aussi côté burkinabè d'anticiper d'éventuelles tensions intercommunautaires. Il sensibilise les populations locales à la coexistence pacifique et a mis en place des mécanismes pour éviter que le ton monte, parmi les réfugiés, entre les Dogons et les Peuls au Burkina Faso. Cliquez sur la grande photo de l'article pour entendre l'interview avec le porte-parole du gouvernement malien Amadou Koïta (pardon pour la mauvaise qualité de la liaison téléphonique!) et ci-contre pour entendre celle avec Marlies Cardoen du HCR au Burkina Faso. Source : aBamako aBamako

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