Protection de l’environnement : SOS pour la forêt classée de Sokondjan

Mardi, il était 11 heures 30 quand le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, Mme Kéïta Aïda M’Bo et sa délégation sont arrivés dans la forêt classée de Sokondjan dans la commune de Séléfougou (Région de Koulikoro). Les visiteurs étaient venus écouter les protagonistes des communes de Séléfougou et de Tangandougou qui ont en partage la forêt classée de Sokondjan, administrativement gérée par la Région de Sikasso. En effet, cette forêt classée était occupée anarchiquement par les populations des deux communes citées. En 2015, l’Etat, à travers une lettre circulaire, a demandé à ce que les squatteurs quittent les lieux. La population de Séléfougou a obéit. Par contre, celle de Tangandougou reste sourde à la demande des autorités. Du coup, les habitants de Séléfougou veulent aussi revenir occuper la forêt si l’Etat ne se décide pas de déloger tout le monde. C’est dans cette situation délétère que le ministre en charge de l’Environnement est arrivé sur les lieux. Mme Kéïta Aïda M’Bo a entamé la visite par un verger implanté au beau milieu de la forêt. Visiblement surpris, son propriétaire du nom de Mamadou Doumbia, âgé d’environ 40 ans, est venu à l’accueil de la délégation. Etonnée, Mme Kéïta Aïda Bo lui a posé plusieurs questions: Es-tu au courant que tu es dans une forêt classée ? As-tu l’autorisation de faire un verger dans cette forêt ? Connais-tu la loi en la matière ? L’exploitant du verger était perdu avec toutes ces questions du ministre. En effet, Mamadou Doumbia exploite un hectare dans la forêt classée. Il prétend le faire pour subvenir aux besoins de sa famille. A l’instar de ce verger, la délégation a aussi découvert des champs de coton, de maïs dans cette forêt. A côté de ces champs, il y a également les orpailleurs traditionnels, les exploitants de charbon de bois. Pire, la délégation a aperçu un groupe de jeunes en train de construire une maison non loin d’un autre verger dans la forêt. Mme Kéïta Aïda M’Bo a demandé à toutes ces personnes de quitter les lieux sans délai. Face à cette situation catastrophique, le ministre a assuré que la loi sera appliquée dans toute sa rigueur. «Il urge en effet d’agir avant que la dégradation de cette forêt ne soit totale», a déclaré Mme Kéïta Aïda M’Bo, visiblement indignée. En effet, les traces des dégâts portés à l’environnement sont visibles un peu partout dans cette forêt. On aperçoit partout des terres rouges abandonnées par les orpailleurs. Après la forêt classée de Sokondjan, le ministre et sa délégation ont visité les dragues à Maninkoura. Visiblement avertis de l’arrivée de la délégation ministérielle, les dragueurs ont quitté les lieux, laissant derrière eux quelques matériels. Après les visites, Mme Kéïta Aïda M’Bo a rencontré toutes les parties prenantes dans la salle de conférence de l’Office du développement rural de Sélingué (ODRS). Ce qui est réjouissant c’est le fait que tous ont conscience qu’il faut mettre fin à cette occupation anarchique de la forêt classée de Sokondjan. Mieux, les maires et les chefs de village des deux localités ont témoigné leur volonté à faire respecter la loi, donc à faire partir les occupants de la forêt dans un délai très court. Le ministre a expliqué qu’il était important de venir voir l’état de cette forêt d’environ 15.000 hectares qui a été classée depuis 1986. «Depuis les années 2000, on a assisté à des installations anarchiques sur le domaine. L’Etat a fait déguerpir les occupants illicites. Malheureusement, certains villages sont venus se réinstaller. Nous sommes venus faire ce constant. Les résultats sont alarmants. Nous avons constaté des coupes abusives de bois, des défrichements, l’exploitation minière etc. Il faut que nous fassions appliquer la loi», a souligné Mme Kéïta Aïda M’Bo. Elle s’est réjouie du fait que les maires et les chefs de village se sont engagés à faire déguerpir les occupants anarchiques et à instaurer d’autres comportements raisonnables vis-à-vis de la forêt. Pour libérer la forêt de Sokondjan, un délai d’un mois a été donné afin que tout le processus soit enclenché pour trouver les meilleures formules de réinstaller les occupants ailleurs, du moins ceux qui évoluent dans le domaine de l’agriculture. Comme la forêt classée de Sokondjan, toutes les forêts classées dans notre pays sont agressées. Pour y remédier, le département de l’Environnement travaille depuis un an et demi à recenser les forêts, analyser leur degré d’occupation. L’immatriculation d’une vingtaine de forêts est en cours. Ce processus, rassure le ministre, continuera jusqu’à l’identification totale de toutes les forêts. Mariam A. TRAORÉ Source : aBamako aBamako

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