Distributions alimentaires gratuites et d’aliments bétail: le plan de réponse de l’Etat

Environ 30 000 tonnes, c’est la quantité de céréales prévue cette année par l’État et ses partenaires pour être distribuée gratuitement à 932 651 populations en crise alimentaire dans toutes les régions du pays et dans le District de Bamako. En outre, 25 000 tonnes d’aliments bétails, à prix subventionné de 50 %, sont prévues pour renforcer les moyens d’existence du cheptel. Le coût de l’ensemble des opérations, en plus d’autres actions d’atténuation de l’insécurité alimentaire, s’élève à plus de 85 milliards de FCFA. Le Commissaire à la sécurité alimentaire, le ministre Oumar Ibrahim TOURE, a animé, avant-hier après-midi dans ses locaux, une conférence de presse pour faire la restitution des principales recommandations du Conseil national de sécurité alimentaire dont les travaux de la 15e session se sont tenus, le 13 avril dernier. À travers cet exercice de rendre compte, le ministre-commissaire a saisi l’occasion pour parler de la campagne agricole 2017-2018 jugée moyenne, mais surtout de toutes les actions qui sont envisagées par l’État et ses partenaires pour aplanir les difficultés des populations concernées par la situation de cette année. Cette année 2018 est considérée comme une année particulière au plan alimentaire et nutritionnel. Ce, d’autant plus que les résultats qui avaient été concoctés par l’ensemble des services d’enquête sont plus qu’illustratifs. C’est pour cela que cette année, l’Etat à travers le Commissariat à la sécurité alimentaire va intervenir sur l’ensemble du territoire national, notamment dans 591 communes, 43 cercles et l’ensemble des régions du Mali et le District de Bamako. C’est dire l’ampleur des actions à mettre en œuvre. Concrètement, ce sont environ 932 651 populations qui ont été identifiées par le Système d’alerte précoce comme devant être confrontées à une situation de crise alimentaire ou plus et pour lesquelles l’État doit intervenir au cours de la période de soudure. Aussi, le SAP, aux termes de son évaluation définitive de la situation alimentaire à l’issue de la campagne agricole, a-t-il fait état de 3 400 000 personnes, dans une situation de difficulté alimentaire pour lesquelles il a invité le gouvernement à accorder une attention particulière à travers le renforcement de leurs moyens d’existence. Voilà pourquoi pour ces différentes catégories de populations, le Conseil national de sécurité alimentaire a recommandé au gouvernement et à ses partenaires techniques, la mise en œuvre d’actions d’assistance et de relèvement dont des campagnes de distributions alimentaires gratuites et autres actions visant à renforcer la résilience des populations et du cheptel face aux chocs. Ces activités, selon le conférencier, seront exécutées par les départements ministériels concernés, le Commissariat à la sécurité alimentaire, les agences spécialisées des Nations Unies et les Ong pour un coût global de 85 889 293 265 FCFA sur lequel le budget d’État financera à hauteur de 19 901 038 500 FCFA et les partenaires pour 40 125 487 013 FCFA. Ce qui fait un gap de 25 862 767 751 FCFA à rechercher. Pour sa part, le Commissariat à la sécurité alimentaire, selon son patron, s’attèlera, dans les prochains jours, à la mise en œuvre des opérations de distributions alimentaires gratuites, des ventes d’intervention en riz, mil et sorgho portant sur environ 30 000 tonnes de céréales pour satisfaire les besoins alimentaires des populations vulnérables pendant la période de soudure qui va commencer en juin jusqu’au mois d’août. Au titre des distributions alimentaires gratuites aux populations en situation de difficulté alimentaire, 1 762 tonnes ont été d’ores et déjà distribuées en mars dernier. Sans compter que 4 315 autres tonnes sont prévues pour être distribuées courant les mois d’avril à août 2018. Quant aux opérations de distributions alimentaires gratuites aux populations en situation de crise pour les mois de juin, juillet et août, elles porteront, selon le ministre Oumar Ibrahim Touré, sur 23 887 tonnes. Partenaires stratégiques de proximité de terrain, les ONG locales sont des acteurs d’appui incontournables du Commissariat pour la mise à disposition des populations très pauvres et vulnérables l’aide alimentaire dans les meilleures conditions. Voilà pourquoi en raison de leur expérience de terrain et leur capacité d’adaptation aux situations difficiles, certaines ONG locales leaders des différentes régions ont été choisies, selon le ministre-commissaire, pour mener à bon port l’étape finale de distribution qui constitue le couronnement de l’opération dans la transparence. S’agissant des conditions de transport, Oumar Ibrahim TOURE de rassurer que toutes les dispositions ont été prises en amont pour que les céréales arrivent à destination dans les chefs lieux de Cercle en toute sécurité. Au-delà de la distribution des céréales, il y a d’autres types d’actions qui sont prévues et envisagées pour renforcer les moyens d’existence des populations, mais également le cheptel qui connaît également des difficultés particulières. Pour ce faire, le Commissariat à la sécurité alimentaire procédera à la mise à disposition des éleveurs de 25 000 tonnes d’aliments bétails à prix subventionné de 50 % dans les zones identifiées pendant la période de soudure. De l’assurance donnée par le conférencier, les ventes effectuées par l’OPAM se poursuivront activement dans les régions de Kayes, Gao, Tombouctou et Ménaka en raison de l’ampleur de la crise et le restant du Stock national de sécurité soit environ 1 800 tonnes pourra être vendu d’ici la fin de la soudure. Dans la mise en œuvre de ces actions, le Commissariat à la sécurité alimentaire recevra de la part de l’État un montant de 11,6 milliards de FCFA pour répondre aux difficultés alimentaires des populations les plus vulnérables. Quant au volet aliment bétail le montant attendu est de 5 milliards de FCFA. Il y a des partenaires clés comme les ONG qui vont signer des contrats avec le Commissariat à la sécurité alimentaire et lesquelles seront chargées du ciblage des populations bénéficiaires. Par Mohamed D. DIAWARA Source : aBamako aBamako

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