Naissance de la Coalition pour l’alternance et le changement : Une centaine de partis politiques et d’associations de la société civile ont signé le manifeste hier

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A trois mois des élections présidentielles du 29 juillet 2018, les Partis politiques, Associations et Organisations affûtent leurs armes pour remporter cette bataille électorale. C’est ainsi qu’à peine créer, la Coalition pour l’alternance et le changement regroupant les partis politiques, associations, mouvement et organisation, a élaboré un manifeste qui a été signé, hier dimanche 29 avril 2018, au Palais de la Culture de Bamako par une centaine de signataires. Sur 168 membres, 98 ont singulièrement apposé leur signature sur le manifeste. Ce manifeste dénonce la « gouvernance chaotique » du pays dont la corruption, l’insécurité etc. « Pour toutes ces raisons, nous, partis, mouvements politiques, associations, leaders d’opinion, personnalités de toutes obédiences, candidats déclarés ou non, citoyens de tous les horizons affirmons solennellement devant le peuple malien, les peuples d’Afrique et du monde, notre engagement à conjuguer et unir nos énergies et nos moyens pour réaliser de manière légale et pacifique l’alternance politique au Mali à la faveur de l’élection présidentielle de juillet 2018 », souligne le manifeste. Plusieurs personnalités ont pris part à cette cérémonie de signature tenue au Palais de la culture pleine à craquer. Parmi elles, on peut citer les leaders de l’opposition, Soumaïla Cissé, Tiébilé Dramé et Amadou Thiam, le maire de Sikasso, Kalfa Sanogo, Jeamille Bittar et bien d’autres. Ouverte à d’autres organisations et partis politiques, le manifeste de la Coalition pour l’alternance et le changement a été signé par une centaine de signataires. De la société civile aux associations politiques en passant par les partis et des activistes, tous ont exprimé leur désir de changement à la faveur de la présidentielle de 2018. La forte mobilisation témoigne du succès de l’initiative, selon les organisateurs qui appellent à une adhésion massive de la population malienne au projet d’alternance. C’est aux environs de 17 heures que les travaux commencèrent réellement. Après l’exécution de l’hymne national, le manifeste pour l’alternance et le changement tant attendu a été lu par Mohamed Salia Touré du Mouvement Wélé Wélé. « En entrant en fonction le 4 septembre 2013, le président de la République s’était engagé devant Dieu et le peuple malien à assurer le bonheur des Maliens, l’honneur de la Patrie, l’intégrité du territoire et l’unité nationale de notre pays. À quelques mois de la fin de son mandat, le bilan du président est caractérisé par une absence notoire de vision ; un pilotage à vue et une improvisation dans tous les domaines de la vie nationale ; des atteintes répétées à la morale publique notamment sous la forme de surfacturations et de détournements massifs des maigres ressources de notre pays ; une immixtion, sans précédent au Mali, des proches du président dans les affaires de l’Etat ; un autisme et une insuffisance notoire de dialogue avec les partenaires sociaux et politiques ; une polarisation extrême des rapports sociaux et l’exclusion de pans entiers de la société de la gestion de la cité », révèle le manifeste. Il ressort dudit manifeste que cette « gouvernance chaotique » a aggravé l’état général du pays. Selon le manifeste, le Mali court à nouveau un sérieux risque d’effondrement; le processus de paix est dans l’impasse: l’Accord d’Alger n’a apporté ni paix ni réconciliation nationale; le sang d’innocentes victimes coule chaque jour; l’insécurité s’est répandue du nord au centre ; les Forces armées et de sécurité, mal préparées et mal équipées font l’objet d’attaques quasi-quotidiennes ; les populations civiles vivent dans l’angoisse d’attentats meurtriers ; la corruption a atteint des niveaux jamais égalés; la pauvreté s’accroît; la famine menace dans les campagnes; l’horizon est sombre pour le peuple malien; la jeunesse vit dans l’angoisse sans perspectives ; le président de la République et le Gouvernement sont dépassés par l’ampleur et la gravité de la situation ; le pays a perdu la sympathie du monde et toute crédibilité internationale. « Pour toutes ces raisons, nous, partis, mouvements politiques, associations, leaders d’opinion, personnalités de toutes obédiences, candidats déclarés ou non, citoyens de tous les horizons, proclamons que l’alternance est un impératif de survie et de sécurité nationale pour notre pays ; affirmons solennellement devant le peuple malien, les peuples d’Afrique et du monde, notre engagement à conjuguer et unir nos énergies et nos moyens pour réaliser de manière légale et pacifique l’alternance politique au Mali à la faveur de l’élection présidentielle de juillet 2018; Restons mobilisés afin que cette élection présidentielle soit régulière, transparente, crédible et organisée dans les délais constitutionnels; prenons l’engagement d’œuvrer de toutes nos forces pour mettre fin à l’immense gâchis qu’a été le quinquennat finissant; disons notre détermination à élaborer un programme minimum commun de l’alternance pour mobiliser notre peuple en vue de sauver le Mali ; décidons de créer une grande coalition nationale pour la transparence électorale, pour l’alternance et le changement » précise le manifeste. Après la lecture de ce manifeste, les personnalités ont signé un à un le document. Au total, sur 168 membres, 98 ont singulièrement apposé leur signature sur le manifeste. Certains d’entre eux ont saisi l’occasion pour exprimer leur ras-le-bol face à la gouvernance actuelle du pays. ‘’La coalition pour l’alternance et le changement, c’est pour mettre fin aux souffrances de notre peuple’’ Tous les intervenants, sans exception, ont souhaité l’alternance. La surprise de la cérémonie viendra de l’adhésion du maire ASMA de la commune rurale de Kapala dans la région de Sikasso, Mamadou Traoré. «Je suis le maire de la commune rurale de Kabala dans la région de Sikasso. Je suis de l’ASMA, mais je ne suis pas là au nom de ma formation politique. C’est parce que je veux le changement que je signe le manifeste ; c’est pour que les choses changent au Mali », a expliqué le Maire élu sous les couleurs du parti de l’actuel Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga. Abondant dans le même sens, Kalfa Sanogo, le maire de la commune urbaine de Sikasso et candidat de la Coalition Kalfa 2018, a invité les Maliens à adhérer au manifeste. Selon le maire de Sikasso, il y va de l’intérêt du pays : « Le pays ne peut pas rester dans cette situation. Unissons-nous pour le sauver. Si nous ne faisons pas attention, le pays va s’écrouler à nouveau. Et cela n’arrange personne. Le pays, c’est pour nous tous », a poursuivi Kalfa Sanogo. Autre membre influent de la Coalition pour l’alternance, le député Amadou Thiam de l’ADP-Maliba, a expliqué les objectifs de la coalition. Il s’agit pour les signataires du manifeste du 29 avril de se porter mutuellement assistance dans le cadre de la présidentielle de 2018, a indiqué Amadou Thiam lors du lancement. « Nous avons un seul objectif : éviter que le pays ne tombe à nouveau dans un précipice. Notre objectif global est de faire partir IBK en 2018», a-t-il déclaré. Pour sa part, le président du parti pour la renaissance nationale (Parena), Tiébilé Dramé a fait savoir que cette présence importante et massive de ce 29 Avril, préfigure la victoire du 29 juillet 2018. « La coalition pour l’alternance et le changement, c’est pour mettre fin aux souffrances de notre peuple. C’est pour assurer la victoire au peuple malien. La victoire sur la mauvaise gouvernance. La victoire sur l’inconscience, l’insouciance, l’irresponsabilité. Ceux qui sont au pouvoir depuis cinq ans maintenant ne peuvent plus, ils sont arrivés à leur limite. « Boua » n’en peut plus, il est à sa limite. Si Dieu le veut « Boua » laissera le pouvoir », a-t-il dit. Par rapport à la violence qui a perturbé le meeting de Mohamed Youssouf Bathily dit Ras Bath, le samedi 28 avril 2018 à Ségou, Tiébilé Dramé a fermement dénoncé l’acte anti démocratique et anti constitutionnel. « Ce qu’ils ont fait avant-hier à Ségou, réunissons-nous pour avertir les autorités sur la violence politique. Payer des gens pour aller agresser le droit de manifestation pacifique, pour aller agresser les libertés démocratiques, ce n’est pas acceptable. Le pouvoir doit prendre ses responsabilités, identifier et sanctionner ceux qui se sont livrés à la violence à Ségou avant-hier. Si nous laissons faire, si nous ne prenons pas des mesures ensemble contre ce qui s’est passé avant-hier à Ségou, nous ne pourrons plus nous réunir ici, nous ne pourrons plus battre campagne et nous ne pourrons plus travailler pour l’alternance. Or, l’alternance, c’est l’intérêt du Mali. Donnons-nous la main, soyons vigilants et dès le 29 juillet pour donner un nouvel approche à notre pays. C’est ça le sens de cette coalition. Une nouvelle approche, une nouvelle démarche. Ensemble nous vaincrons et nous allons gagner », a-t-il dit. Quant à Soumaïla Cissé, le président de l’URD, il s’est réjoui de l’engagement des Maliens pour le changement : «Jeunes du Mali, vous nous avez montré le chemin. Nous ne cherchons qu’une seule chose : que Boua soit écarté. S’il refuse de s’écarter, nous allons le mettre de côté. Dans tous les cas, l’URD va suivre la coalition pour l’alternance. Nous sommes ici pour le Mali ; je suis fier d’être malien aujourd’hui. Plusieurs rencontres du genre vont se tenir avant les élections. Chaque fois qu’il y a une manifestation d’un membre de la coalition, mobilisons-nous pour la soutenir », a-t-il conclu. Comme au début, les travaux ont pris fin par l’exécution de l’hymne national du Mali. Aguibou Sogodogo, Soumaïla T Diarra, Ousmane B Dramé Source : aBamako aBamako

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