Mali : la présidentielle dans un climat d’incertitude

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À un peu plus de deux mois de l’élection présidentielle, la situation sécuritaire accentue l’incertitude politique du Mali. Incertitude que viennent compliquer davantage les violences terroristes, des forces de sécurité, selon des témoignages de Human Rights Watch, et intercommunautaires qui prennent des allures de vengeance. Avant-hier, un communiqué du ministère de la Défense malien a annoncé l’élimination par les forces armées (FAMAS) de 12 terroristes après un accrochage. “Les Forces armées maliennes (FAMAS) (...) lors d'une patrouille de sécurisation de la foire hebdomadaire de Boulkessy, ont été accrochées par des terroristes”, a indiqué dans un communiqué le ministre de la Défense, Tièna Coulibaly, repris par l’APS. Les terroristes ont utilisé des motos et des vélos dans leur tentative d’attentat contre les services de sécurité ; un mode opératoire déjà adopté lors des attaques de Gao contre le camp des soldats français de l’opération Barkhane et contre les camps de la Minusma. Et c’est certainement sur la base de ce mode opératoire que la Défense du Mali a estimé qu’il s’agissait de terroristes alors que des témoins, cités par les agences de presse et les médias locaux, évoquent une bavure de l’armée. Il s’agit, selon les témoins, de civils peuhls, sonraï et burkinabès, victimes d’une bavure de l’armée. Cependant, la version officielle évoque la mort d’un soldat malien lors d’une attaque opérée par deux individus venus en moto, ce qui justifie la réaction des militaires venus en renfort. D’ailleurs, arguent les témoins, aucune arme de guerre n’a été trouvée sur les 14 (les deux individus en moto et les douze personnes abattues après) victimes abattues par les militaires. Cependant, les soupçons de collusion entre les habitants de cette région frontalière entre le Mali et le Burkina et les groupes terroristes seraient le motif suffisant pour que les militaires réagissent en représailles. Particulièrement la minorité peuhle. Mêmes scènes de violence à la frontière malienne avec le Niger où vendredi un campement de nomades a fait l’objet d’une attaque qui a fait 17 morts. Des peuhls encore ! Les rivalités interethniques ont été ravivées par la montée en puissance du petit groupe terroriste, Front de Libération du Macina, Ahmadou Koufa, d’origine peuhle, qui a réussi à enrôler beaucoup de jeunes, notamment des chômeurs, avant de rejoindre Anser Edine d’Iyad Ag Ghali (Touareg) et la branche locale d’Aqmi pour constituer le nouveau groupe “Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans” qui a revendiqué tous les derniers attentats au Mali et au Burkina Faso. La minorité peuhle disséminée en petits groupes à travers le Mali, le Burkina et le Niger, est soupçonnée de collaboration avec les groupes terroristes. Elle fait depuis l’objet de représailles de la part de la population (des autres ethnies) et des forces militaires. Un phénomène que le gouvernement n’est pas arrivé à endiguer et qui rajoute à l’instabilité provoquée par la présence des groupes terroristes qui se sont sanctuarisés dans un vaste territoire en l’absence du contrôle de l’État. Et c’est dans ce climat d’instabilité et de flou que va se dérouler, comme promis par le président IBK et son Premier ministre Boubèye Maiga, la présidentielle du 29 juillet prochain. Djilali B. Source : aBamako aBamako

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