L’ONU vole au secours des populations du Sahel menacées par la faim

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Mark Lowcock, coordonnateur des secours d’urgence de l’Organisation des Nations unies (Onu), a débloqué jeudi 24 mai 2018 30 millions de dollars du Fonds central d’intervention d’urgence des Nations unies (Cerf) pour intensifier les opérations de secours au Sahel. Une sécheresse aiguë, combinée à des prix exceptionnellement élevés des denrées alimentaires et à une aggravation de l’insécurité, ont largement contribué à augmenter les besoins humanitaires en Afrique de l’Ouest, explique le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations unies (Ocha). Dans la région du Sahel, des milliers de familles ont épuisé leurs réserves alimentaires et réduisent leurs repas quotidiens. Jusqu’à 1,6 million d’enfants risquent de souffrir de malnutrition sévère et cinq millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire ou de moyens de subsistance pour traverser la pire période de soudure connue depuis des années, quand les stocks de nourriture s’épuisent avant la prochaine récolte. « Pour éviter une catastrophe, nous devons agir vite pour assister les personnes les plus vulnérables. La fenêtre d’opportunité pour aider ces communautés pendant la période de soudure et les mois difficiles à venir se fermera bientôt », a déclaré M. Lowcock dans un communiqué. « Le Cerf est sans aucun doute l’un des moyens les plus efficaces pour apporter une aide d’urgence aux personnes qui en ont le plus besoin ». Les populations des zones pastorales et agropastorales priorisées L’insécurité croissante, y compris les conflits de longue durée autour du bassin du lac Tchad et au Mali, ont déraciné des centaines de milliers de familles au Sahel, faisant de cette région le théâtre de crises humanitaires parmi les plus graves au monde. Environ une personne sur cinq ayant besoin d’aide humanitaire à travers le monde réside au Sahel. Les financements du Cerf permettront aux partenaires humanitaires d’atteindre les populations touchées dans les communautés les plus durement affectées, en particulier dans les zones pastorales et agropastorales, au Burkina Faso, au Tchad, au Mali et en Mauritanie. Au Tchad, où le nombre d’enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère a plus que doublé ces derniers mois, une allocation de 10 millions de dollars assurera une sécurité alimentaire et une assistance nutritionnelle à près d’un demi-million de personnes. Le Burkina Faso est confronté à une recrudescence de l’insécurité et à la pire insécurité alimentaire depuis des années. Une allocation de 9 millions de dollars permettra la fourniture d’une assistance alimentaire et le traitement de la malnutrition aiguë dans les zones les plus touchées. En Mauritanie, le Cerf a alloué 4 millions de dollars pour commencer à fournir une aide alimentaire, nutritionnelle et d’élevage ainsi que de services aériens humanitaires. Les 7 millions restants soutiendront des activités vitales dans les zones les plus touchées du Mali, où l’insécurité alimentaire a également augmenté de 50%, aggravée par l’impact du conflit en cours. Des fonds supplémentaires sont nécessaires d’urgence Bien qu’important, les 30 millions octroyés par l’Onu ne suffisent pas pour soutenir les communautés affectées, alerte OCHA. « Les financements du Cerf seuls sont insuffisants pour faire face à cette crise » a prévenu M. Lowcock qui en appelle à tous les donateurs pour en faire encore plus et aider à prévenir une nouvelle détérioration de cette situation. « Alors que nous répondons aux besoins immédiats des femmes, des enfants et des hommes en termes de survie, nous devons en même temps veiller à ce que notre réponse soutienne des solutions à plus long terme et la résilience des populations du Sahel », a dit le coordonnateur des secours d’urgence de l’Onu. Au total, 1,37 milliard de dollars sont nécessaires pour venir en aide aux personnes les plus vulnérables dans les régions du Burkina Faso, du Mali, de la Mauritanie, du Niger et du Sénégal touchées par la sécheresse. En cette fin du mois de mai, les appels conjoints dans ces pays n’ont encore recueilli que moins de 20% de financement. Depuis 2017, le Cerf a alloué plus de 100 millions de dollars pour une intervention humanitaire vitale dans la région. Moctar FICOU / VivAfrik Source : aBamako aBamako

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