Lutte contre les violences faites aux journalistes : Sit-in de la presse aujourd’hui à la primature suspendue

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C’est, en principe, aujourd’hui jeudi que le monde de la presse devait observer un sit-in devant la primature pour manifester leur mécontentement par rapport aux agressions faites sur les journalistes lors de la marche de l’opposition samedi dernier. Suite a un dialogue amorcé avec les Ministres de la Sécurité Intérieure, Général Salif Traoré, et celui de la Communication, Harouna Modibo Touré, il a été décidé de surseoir au mouvement d’humeur. Le samedi dernier la presse a été malmenée. Elle était, selon des Doyens de la presse, la cible des policiers venus réprimer la marche « interdite » de l’opposition. Le seul tort des journalistes était d’avoir voulu faire leur travail en toute impartialité. Ainsi, si cela doit être à la compréhension de tous, ce n’était pas le cas pour les forces de l’ordre. Pour eux, les journalistes ne doivent pas couvrir une manifestation qui a été interdite par les autorités. Ceci explique, donc, cela. Ainsi, pas moins de 10 journalistes ont subi le courroux de ces policiers. Bastonnés, gazés, matraqués, poursuivis, les journalistes sont passés par tous les états dégradants, samedi dernier. Ce qui est suffisant pour faire sortir de leur réserve les faîtières de la corporation. 48 Heures plus tard, c’est-à-dire le lundi dernier, les journalistes se sont rassemblés à la Maison de la presse pour décider de la marche à suivre afin que cessent les violations gratuites à l’endroit des hommes des médias. Après les condamnations unanimes et les témoignages parfois glaçants des victimes, il a été décidé la tenue d’un sit-in devant la Primature pour manifester notre amertume. Cette manifestation prévue pour ce matin a été suspendue. Et, pour cause, ayant eu vent de la manifestation, les Ministres de la Sécurité Intérieure et de la Communication se sont dépêchés à la rencontre des organisations des journalistes pour ouvrir un dialogue. Cette rencontre, tenue le mardi dernier, à la Maison de la presse, a regroupé une trentaine de journalistes et les caméras de l’ORTM. En face des Ministres, les journalistes ont réitéré leur mécontentement par rapport aux actes posés par les policiers à leur endroit. Si le Ministre de la Sécurité était dans la même logique que ses hommes à savoir qu’une marche interdite ne devrait pas être couverte par la presse, les Doyens présents se sont fait un devoir de lui rappeler que les journalistes n’étant pas les initiateurs de la marche ne sauraient en aucun cas être contraints par la mesure d’interdiction. Mieux, il lui a été signifié que peu importe les acteurs, le rôle du journaliste est de rendre compte à la population de ce qui se passe en restant coller aux faits. Cette étape de mise au point qui a visiblement été comprise a fait la place à des propositions de solutions pour éviter la répétition de tels actes à l’avenir. Il a été proposé la mise en place d’une commission tripartite composée des Représentants des deux Départements ministériels et de la presse. En ce qui concerne la presse, sur les cinq Représentants quatre ont déjà été désignés. Il s’agit de Boubacar Yalcouyé (Directeur du journal LE PAYS et Président de l’association qui a pour vocation la protection des journalistes) ; Bassidiki Touré (DP du journal GUIDO) au nom de l’Association des Éditeurs de la Presse Privée (ASSEP) ; Oumar Baba, Président de l’Association des Journalistes Sportifs du Mali (AJSM) et Ibrahima Timbo (Directeur de Energie TV) qui y siège au nom de l’URTEL. Sur le vif du sujet, il a été proposé par les Ministres, la confection de gilets de presse qui seront mis à la disposition des journalistes. Cette proposition en plus de celles à venir, seront toutes discutées et adoptées par la commission tripartite. Le but final étant que les journalistes ne soient plus le ballon de ping-pong de qui que ce soit et pour quelques raisons que ce soit. Mohamed Sangoulé DAGNOKO : LE COMBAT Source : aBamako aBamako

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