Moussa Mara à propos de son soutien à la candidature de Cheick Modibo Diarra « Ce n’est pas une démarche pour porter quelqu’un à la tête du Mali, mais plutôt travailler en profondeur pour la rénovation de notre vie publique »

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Le président du parti Yelema était l’invité politik d’Africable télévision le vendredi 15 juin 2018. Il était question des raisons de sa décision de soutenir Cheick Modibo Diarra dès le Premier tour en abandonnant ainsi les « Bâtisseurs ». Au mois de novembre 2017, lors du dernier congrès du parti Yelema, la résolution a été adoptée que la volonté du changement ne peut se faire que par une coalition des candidats ayant les mêmes objectifs. Depuis avril 2018, des concertations sont en cours afin de mettre en place cette forte coalition du changement, dit-il. C’est à la suite de ces concertations qu’il s’allie aujourd’hui à Cheick Modibo Diarra bien vrai qu’il était membre des « Bâtisseurs ». Ce choix, affirme-t-il, est justifié puisqu’à l’origine, les « Bâtisseurs » étaient un regroupement, une coalition pour le deuxième tour des présidentielles. D’ici là, tous les candidats se devaient de voler de leurs propres ailes même s’il devrait y avoir une mutualisation des moyens lors des campagnes. Or, l’objectif de Mara était de s’associer pour soutenir un candidat depuis le premier tour. C’est la raison pour laquelle, depuis la mise en place de cette coalition, dit-il, il n’a pas interrompu ses entretiens. L’initiative qui consiste aujourd’hui à soutenir Cheick Modibo Diarra vient de la société civile, a-t-il laissé entendre. Ce retrait de la coalition des « Bâtisseurs » répond à une inquiétude majeure des Maliens qui ont, martèle-t-il, « la soif du changement ». À l’intérieur comme à l’extérieur, les Maliens ont souhaité que toutes les personnes incarnant le changement se mettent ensemble notamment Moussa Mara, Cheick Modibo Diarra, Oumar Marico, ZoumanaSacko. À la question de savoir si cette décision de Mara ne sera pas une « coupe-tête », il rassure qu’elle était prévue par son parti depuis le congrès. Il a été convenu de soutenir un candidat unique même si ce dernier n’est pas du Yéléma. Le comité exécutif du parti a produit un communiqué dans la journée du vendredi pour féliciter ce choix et demander à d’autres de faire de même. Moussa Mara énumère les raisons qui expliquent son choix pour Cheick Modibo Diarra : la soif du changement, figure majeure de l’échiquier politique, incarne une rupture avec le système, capacité de rassemblement d’autres candidats autour de sa personne, la crédibilité. « Les gens n’ont pas cette habitude de se rallier dès le premier tour, mais pour le pays, pour le changement, pour la révolution dans la gouvernance, nous avons besoin de rupture, nous avons besoin d’idées neuves, nous avons besoin de personnalités qui ont envie de faire autrement les choses», explique-t-il. Quant à savoir si son choix de soutenir Dr Diarra ne sera pas en porte-à-faux avec ses idéaux du renouvellement de la classe politique, le président du Yelema a laissé entendre que le rajeunissement dont il s’agit ne concerne pas l’homme d’État en tant que tel. Il s’agit d’un renouvellement de leadership au sein de chaque administration de l’État en priorisant la nomination des jeunes dans les différents postes de responsabilité. Pour l’élaboration du projet de société, la plateforme réunira tous les membres qui seront autour du Premier ministre, Dr Diarra, afin d’élaborer en parfaite entente un projet original pour arriver à ce changement dont s’attendent les Maliens. Il a tenu à rappeler qu’ils sont deux partis autour de Cheick Modibo Diarra aujourd’hui: le MODEK de Koniba Sidibé et Yéléma, mais les concertations se poursuivent, a-t-il ajouté. Pour montrer que ce soutien est tout à fait désintéressé et qu’il se fait pour l’amour du pays, Moussa Mara explique : « Il s’agit du Mali et quand il s’agit du Mali, nous regardons les intérêts de notre pays, nous ne regardons pas de liens familiaux, nous regardons la convergence de vue dont nous partageons. » Il poursuit en ajoutant : « Ce n’est pas une démarche pour porter quelqu’un à la tête de la présidence de la République, c’est une démarche pour travailler en profondeur à la rénovation de notre vie publique à travers le parlement, à travers l’échiquier politique, à travers beaucoup d’idées et de projets pour que les élites maliennes soient, de nouveau, exemplaires. » Cela est nécessaire pour l’instauration d’une confiance mutuelle entre les Maliens et leurs dirigeants. Pour ce faire, il convient que les gouvernants considèrent leur temps de travail comme un sacrifice pour la cause de la nation. En ce qui concerne l’organisation des élections de juillet, l’ex-Premier ministre se dit pessimiste. Ce pessimisme intervient suite à la montée en puissance de l’insécurité dans le centre du pays et à l’incinération des cartes d’électeurs à Kéniéba. Cependant, il a tenu à interpeller le gouvernement à tout mettre en œuvre pour que la sécurité revienne dans ces zones afin de permettre la tenue d’élections libres, transparentes et crédibles. Sur les rumeurs qui expliquent cette décision de Mara comme étant une impossibilité de trouver du parrainage exigé par le nouveau code électoral ou encore comme une pauvreté du parti, le président dudit parti rassure que de 2013 à nos jours, le nombre de conseillers à augmenter de 400. Un parti qui se classe sixième en termes d’élus locaux ne pourrait pas manquer de soutiens pour faire candidature, a-t-il laissé entendre. Fousseni TOGOLA Source : aBamako aBamako

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