Le Président IBK reçoit 400 militants de 40 organisations des droits de l’homme

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Le Président de la République, Chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta, a reçu le mardi 20 juin 2018 une forte délégation de militants des droits de l’homme du Mali conduite par leur porte-parole, Madame Dramé Mariam Diallo. L’objet de cette entrevue était la signature par le Président IBK de la préface du rapport d’Africawide Mouvement Children (AMC), fruit de l’illustration de la communauté africaine se portant au secours de l’enfant africain pris dans l’engrenage de la guerre, de la tourmente des affres de la vie et des angoisses d’un avenir compromis, selon la porte-parole des organisations de défense des droits de l’homme au Mali. Les défenseurs de droits de l’homme ont notamment relevé la création d’un ministère de plein exercice spécialement dédié aux droits de l’homme, l’adoption de la loi domestiquant la convention internationale relative aux droits des personnes handicapées ou encore la mise en place d’un fonds d’autonomisation des femmes. Les militants ont également attiré l’attention du Chef de l’Etat sur certains défis à relever. Le Chef de l’Etat s’est ensuite vu remettre le trophée de reconnaissance de ses efforts en faveur des droits de l’homme au Mali. Le trophée a été remis au Président IBK par la grande militante pour les droits de la femme Madame Soumaré Assa Diallo, Grand Officier des Ordre nationaux, présidente du Comité d’action pour les droits de la femme (CADEF). Prenant la parole pour son intervention après avoir reçu tous les honneurs des militants des droits de l’homme du Mali, le Président IBK, s’est adressé à eux en disant « Soyez les très bienvenus en ce Palais de Koulouba qui est le votre, dont je suis aujourd’hui le locataire, une location payée par vous, et pour le temps que vous m’avez imparti. Y séjourner en ayant à chaque seconde à cœur de vous servir de la façon idoine, la plus convenable, la plus attendue par vous, qu’Allah Soubhana wat’Allah nous accorde sa grâce. Cette cérémonie se tient au sortir du mois béni de Ramadan et quelques jours après l’Aïd El Fitr et le carême chrétien. Il n y’a pas beaucoup de hasard sous le ciel, tout est convenu, tout est décidé, programmé par Celui qui est le plus Puissant, et le Vrai Seigneur ; nous sommes à sa volonté, qu’elle se réalise sur cette terre comme au ciel. » S’agissant du sens de leur combat au quotidien, le Président IBK a expliqué : « Vous êtes tous et toutes dans un combat noble parmi les plus nobles, celui des droits humains. Comment peut on se sentir homme en oubliant en même temps, parce que la violation des droits humains est au plan philosophique un oubli de soi, de ce qu’on est soi-même, le refus de reconnaître à l’autre ce que l’on souhaite vivement qui soi-même ? » Évoquant le cas des hommes mariés violents, IBK a déclaré « Quand on voit des hommes battre jusqu’à la mort une conjointe, l’on s’interroge sur ce qu’il avait d’humanité et d’intelligence… la bestialité n’est pas loin. » Évoquant pour la première fois le cas récent d’atrocité humaine survenue à Fana il y a quelques jours , IBK s’est indigné en s’interrogeant « ce qui s’est passé à Fana a été pour nous un coup de poignard au cœur. Rien ne peut expliquer cela, rien ne peut tolérer cela. Que les hommes, dans leur appétit féroce d’être, en viennent à de telles extrémités, voilà qui doit inquiéter et amener à s’interroger. Quelle serait la jouissance d’un pouvoir acquis dans de telles conditions ? Au prix du sang de l’homme ? Cela, nous n’en voulons pas. Notre société est aujourd’hui traversée par beaucoup de choses qui jurent en rapport à ce que nous fûmes. » Par rapport à l’actualité récente dans le centre du pays et convaincu du rôle républicain de l’Armée malienne, vaillante et professionnelle, le Président IBK a expliqué « Il y a des actes aujourd’hui hautement répréhensibles qui nous interpellent. Nous avons été alerté par le Ministère de la Défense, qui a dépêché immédiatement une mission sur le terrain. Les résultats de cette enquête seront examinés avec conséquence. Nous ne sommes pas en train de rebâtir nos forces armées pour en faire une armée qui serait ignorante du droit humanitaire de la guerre, du droit militaire des conflits, ce serait un recul fabuleux qu’à Dieu ne plaise. L’honneur et la dignité de nos armes se trouvent précisément dans le respect rigoureux qu’elles mettront à préserver en toute circonstance la vie, y compris de celui qui voulait prendre la nôtre. Gouverner et créer les conditions de repartir par la réflexion, mais pas par l’élimination physique - cela n est pas nous, cela n’est pas notre volonté, cela n’est pas notre souhait. Tout le monde le sait , tout pays a besoin d’un outil de défense à hauteur souhaitée, pertinent, efficace, équipé pour se protéger soi-même d’abord et rendre le service dû à la nation. Mais en aucun cas, un outil d’agression des personnes et de leurs biens, jamais ! Un outil de décision politique qui doit sous-tendre la capacité de décision du Chef de l’Etat. J‘appelle donc à une réflexion approfondie sur ce thème et nous y veillerons. Nous allons convoquer un Conseil de défense dans les 48 heures. La violence engendre la violence, ça devient un cycle infernal, et les uns et les autres aussi bien ceux qui agressent que ceux qui protègent contre l’agression sont dans un tourbillon qui fait que quelquefois la raison échappe à la raison et cela amène à des situations absolument déplorables. » Source : aBamako aBamako

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