Emeutes sanglantes de Kéniéba : Des archives de 1925 à nos jours emportées par les flammes

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C’était début juin à Kéniéba suite au licenciement de jeunes travaillant dans la mine de Loulo/Goungoto qui après des semaines de contacts avec la direction de Goungoto S.A, ont été confronté aux forces de l’ordre et dégénéré en émeutes sanglantes qui ont occasionnés le saccage, puis la mise à feu de la Préfecture, du domicile du Préfet et du député avec en conclusion une perte sèche de plus trois milliards de nos francs pour la société Randgold S.A. Mécontents, ces jeunes réussiront à embarquer le Conseil de Cercle de la jeunesse de Kéniéba pour leurs revendications à l’égard de l’employeur de Loulo/Goungoto tout en refusant d’obtempérer aux demandes d’explication qui leurs ont été infligées suite à la grève de trois jours qui a bloqué l’accès à l’usine causant ainsi plus de trois milliards de pertes sèches à Randgold Resources S.A. Pire, la colère des manifestants les a conduit à la Préfecture, au domicile du Préfet et du député Cissoko où tout sera saccagé, puis brûlé, même le drapeau, les arbres, rien ne sera épargné par la furia d’une foule très en colère. Lisez le reportage de Bokari Dicko, envoyé spécial à Kéniéba, Loulo/Goungoto et Sanougou. Selon la direction générale de Loulo/Goungoto, tout est partie de revendications de quinze jeunes travaillant dans la société qui ont été licencié suite à la violation répétée du règlement intérieur malgré différentes mises en garde. Cette crise entre la société Randgold et certains jeunes travaillant pour son compte dure depuis quelques mois, en clair, depuis le début de l’année. Elle s’est aggravée ces derniers temps, précisent nos différents interlocuteurs (Préfet, chefs de villages, président du Recotrade, habitants et autres observateurs avisés). Ainsi depuis soixante kilomètres de Kéniéba en venant de Kita jusqu’à Mahina Mine, les populations interrogées ont fustigé le saccage de la Préfecture, qui selon elles, rien ne pouvait justifier un tel acte anti républicain. Ainsi, les relations usine jeunes y travaillants, chefferie de Kéniéba, la confrérie des chasseurs, et surtout selon nos informations, c’est au cours de la rencontre tenue le 27 mars dernier, que le Conseil Communal de la Jeunesse de Kéniéba, dirigé par un jeune travaillant dans l’usine, a décidé de quelques recommandations entre autres que sont : – le départ immédiat de la directrice des ressources humaines, Mme Fadima Cissé et de Ouoyo Doumbia, secrétaire général du syndicat des travailleurs, travaillant à la société GMS, société sou traitante de Randgold S.A avec qui la jeunesse a des démêlées. Selon les grévistes ; ils reprochent à la directrice des ressources humaines de les empêcher de tourner en rond. Ce que réfute la direction de Loulo/Goungoto qui précise que cette dame ne fait qu’appliquer les textes qui par exemple, interdisent à tout travailleur de pénétrer dans l’usine étant en état d’ébriété ou d’avoir consommer de la drogue. Quant à Ouoyo Doumbia, il a fait savoir aux grévistes qu’ils ne seront embarqués le personnel dans leur combat qui ne respecte pas les textes ; en clair, la forme ne répond pas aux textes. C’est fort de cette recommandation qui n’étant pas satisfaite, les grévistes fort du soutien du Conseil Communal de la Jeunesse de Kéniéba, a menacé « d’aller au pire ». Là, à Loulo/Goungoto, on est on ne peut plus clair : « La cessation ou la rupture d’un contrat de travail obéit à des conditions légales strictes dont l’appréciation relève exclusivement de l’employeur, des autorités administratives du travail et des tribunaux. Dans le cas des personnes indiquées, au regard de la loi, le pouvoir de résiliation de leur contrat n’appartient pas à Goungoto S.A ». A Loulo/Goungoto, l’application de la convention, l’étonnement est palpable et demande du coup aux grévistes d’apporter plus de précisions sur la violation de cette convention. Les grévistes ont aussi demandé l’annulation du Dover-Test pour la communauté qui selon eux, « constitue un handicap, voire un phénomène qui empêche d’avoir un taux de statistiques favorables sur le marché de l’emploi ; revoir les critères ». La direction générale a rappelé que « le Dover-Test est un test psychométrique qui permet d’évaluer l’aptitude d’un individu à exercer une profession ou une activité quelconque. Il est une étape indispensable dans le recrutement du personnel devant exercer dans l’industrie de la mine ». Mieux, que ce test répond aux exigences des certifications ISO et OHSAS et permet de prévenir les risques d’accidents graves ou mortels au travail et de sauvegarder la durée de vie des équipements du fait de l’Homme. Ce test s’impose à tous les candidats à l’emploi sans discrimination aucune ;ni de race, de religion, ni d’origine ». Ce que les grévistes n’ont pas voulu comprendre et dénoncent une politique exclusioniste de la part de leur employeur qui consiste à favoriser d’autres jeunes venant d’ailleurs que le cercle de Kénéiéba ou de la région de Kayes. En outre, les grévistes ont réclamé un au niveau du développement communautaire sis à Goungoto S.A. La direction a rappelé le respect des textes du Mali afin de donner une chance à tous les candidats puisque la société recherche un individu qualifié et compétent sur le plan national. « Nous le ferons toutefois sous réserve de notre politique de préférence loc le en cas d’égalité de qualification et de compétence de candidats avec l’encouragement des candidatures de ressortissants de la communauté »,précise-t-on à Loulo/Goungoto. Des stagiaires chez GMS au niveau des ressources humaines, comptabilité, Informatique (IT), clinique, magasin ;un plan de stage chez SFTP et boart longyear ; des stagiaires au niveau de l’Ingineering, géologie, Informatiue (IT), magasin mining à Randgold », réclamés par les grévistes. A ladiredtion générale,iln y a aucun problème à cela car, leur objectif est d ‘améliorer le quota de la communauté. Parlant de catégorisation, les jeunes de Kéniéba réclament des changements de catégories de tous les membres de la communauté qui se trouvent dans la mine de Goungoto S.A puisqu’ils considèrent qu’ily a discrimination de la part de GMS ». Pour la direction de Randgold, la catégorie professionnelle du travailleur n’est pas figée. Elle évolue tout au long de la vie professionnelle du salarié en fonction des textes règlementaires et des stratégies internes. Aussi, la classification professionnelle et les modalités de changement de catégorie ou d’échelon sont strictement encadrées par la loi et les conventions collectives reposant sur le principe de l’égalité au travail, en clair, sans discrimination aucune, autre que la valeur professionnelle des individus (qualification professionnelle, performance, rendement). Confiants, les grévistes réclament « la suspension des procédures contre Sira Mady Kéïta, foreur et de Lassine Kéïta, pneumaticien, pour consommation d’alcool ». Pour Randgold, « la plupart des accidents de travail souvent fatals, sont dus à la consommation d‘alcool, c’est pour prévenir ces accidents que la société de Goungoto S.A a prévu la tolérance Zéro enmatière de consommation d’alcool et de drogue. Mieux, une notede service signée ,par le Directeur général de la mine informe et préveint les travailleurs du risque de licenciement en matière de consommation d’alcool et de drogue. La suspension du processus disciplinaire contreviendrait à cette politique et fragilisant les efforts de la mine dans le sens de la sauvegarde de l’intégrité physique des travailleurs et par conséquent augmenterait le taux d’accident sous l’effet de l’alcool et de la drogue ». Enfin, les grévistes ont réclamé qu’un chauffeur soit recruté pour la navette chez GMS. La direction de Randgold explique la présence du chauffeur de Bamako à cause de l’absence du chauffeur de GMS qui devra subir une intervention chirurgicale. Les choses se corsent Par soucis de dialogue, la direction a notifié aux grévistes toute sa disponibilité pour résoudre la crise. Loin s‘en faut puisque les choses se corseront heures après heure, jour après jour. Malgré la réponse de Randgold aux grévistes via sa lettre en date du 18 mai dernier, ceux-ci fort « du soutien du Conseil communal de la jeunesse de Kéniéba » et de bien d’autres selon nos informations, maintiendront la pression sur la direction de Loulo/Goungoto qui finira par donner des demandes d’explications à certains leaders, qui refuseront de répondre. En tout cas, explique le président du Recotrade, M. Abdoul Karim Bagaga, « ils ont pris tout leur temps après que le Préfet, M. Idrissa Kané, ses adjoints, les sept chefs de villages ainsi que celui de Kéniéba, le député, et moi-même, aient intervenu. La direction de la mine était obligée de demander des explications aux leaders qui ont refusé dans un premier temps de répondre; ils seront dissuadés par le Préfet, les notabilités, le député Cissoko ». Enfin, explique Bagaga, « ils ont répondu en mettant les photocopies dans des enveloppes et ont gardé les originaux, c’est arrivée à la direction de la mine, en ouvrant les enveloppes, que je découvre cela. Mieux, les grévistes fort de leurs soutiens et non les moindres, mécontents des mesures de la direction de la mine, ont occupé l’accès à la mine de Goungoto, trois jours durant malgré l’intervention du Préfet, des chefs de villages, du président du Recotrade. Le blocage sera levé suite à l’intervention d’un notaire connu du cercle. Regroupement sur la place Banta Une délégation se rendra au près du Préfet afin qu’il intervienne auprès de la direction de la mine afin que leurs camarades soient réintégrés. Ce que le Préfet dit n’avoir pas ce pouvoir mais continuer à parler à la direction de la mine. « Je vais parler à votre direction, mais vous devez respecter le règlement de l’usine », a dit le Préfet Kané. Mécontents de cette réponse, un rassemblement sera convoqué par le crieur public avec comme objectif le blocage de la RN 24. Le matin, les forces de sécurité délogeront les manifestants causants des blessés. Selon le Préfet, il a été surpris de voir le chef de village de Kéniéba accompagné de la mère d’un blessé lui demander d’intervenir auprès de la direction de Goungoto S.A pour qu’elle revienne sur sa décision de licenciement des jeunes. « J’ai tout fait pour que les jeunes libèrent la voie, en vain. », a dit le Préfet. « Même l’intervention du député Cissoko qui a mis en garde contre les conséquences des actions des jeunes, n’ a pas été écouté » ; ajouté le Préfet. D’ailleurs, le Président du Recotrade a tenté de calmer les uns et les autres qu’avec l’arrivée du PDG Marc Bristow, ils tenteront de trouver une solution. Celui-là a déploré la manière et surtout les pertes subies par Randgold estimées à plus de trois milliards de FCFA après trois jours de blocage de l’usine. Après un compte-rendu détaillé de Loulo/Goungoto au Conseil d’Administration, la direction a décidé de radier les meneurs en attendant que l’Inspection du Travail ne se prononce définitivement. « Pendant qu’un groupe de jeunes étaient venus rencontrer le Préfet dimanche après-midi, afin qu’il poursuive ses contacts avec la direction de la mine, un crieur public accompagné d’autres jeunes invitent les populations d’occuper la Préfecture pendant que le Préfet avait promis d’aller lundi voir la direction de la mine », a expliqué Bagaga très déçu. Lundi noir « Après toutes les tentatives du Préfet et de certains chefs de villages qui sont restées vaines, le pire est arrivé lundi matin, puisque des milliers de citadins envahissent la Préfecture, le saccage puis brûle tout, même le drapeau, les arbres n’ont été épargnés. Une vraie folie destructrice a tout ravagée tellement que les manifestants étaient déchaînés », nous confie un jeune du village. « Des archives de 1925 à ce jour sont parties en fumée. Les manifestants n’ont rien épargnés. Aussi, ce qui est considéré comme crime du Préfet qui a demandé aux parents de parler à leurs enfants et qu’il est là pour la population et non contre elle. Le Préfet n’a insulté personne. Ce sont nos enfants et petits enfants qui ont commis cet acte. Aussi, toutes les vielles personnes en sont pas assumées et personne ne m’a aidé dans ma démarche pour éviter le pire. Plus grave, il y a eu amalgame sur les réseaux sociaux car la société Goungoto S.A emploie de nos jours plus de 300 jeunes du cercle de Kéniéba. Je vis ici depuis plus de 45 ans. Si nous brûlons notre pays, personne ne le reconstruira à notre place. Un enfant béni ne brûle pas son pays. Aujourd’hui, nous avons honte de cet acte», a rappelé le président du Recotrade. Le Préfet Kané choqué a rappelé que lui et son équipe sont à Kéniéba pour le progrès, la prospérité des populations, nous sommes des maliens comme eux ; nous travaillons et avions des limites et non contre les intérêts des populations ». Il a aussi dénoncé l’attitude des chasseurs qui se font passer comme de « super gendarmes, une fausse compréhension des choses pour disent-ils protéger les populations. Par ce drame, ils ont été démystifié parce qu’ils pensent que le sol et l’or de Kéniéba les appartiennent. Fausse illusion en tentant de se mettre au-dessus des forces de l’ordre. Le Préfet a rappelé les accointances entre les jeunes et le chef des chasseurs à qui il a écrit pour le mettre en garde des dangers de son acte. « Et à chaque réunion, le chef du village, celui des chasseurs rappelaient qu’ils récidiveront l’acte de Yanfolila à Kéniéba »,a déploré le Préfet Kane. Les cartes d’électeurs rangés Dimanche matin, sont arrivées les cartes d’électeurs de Kayes où le Préfet et son équipe les ont réceptionnées. « J’avais à mes côtés mon premier adjoint, le Commandant de la Brigade de Gendarmerie, le Commissaire de Police, le représentant de l’AMAP, le chef du peloton de la garde nationale. Nous avons compté toutes les cartes d’électeurs biométriques, puis les ont classés par commune. J’ai ensuite signé le Bordereau de livraison que les envoyés ont ramené à Kayes. J’ai ensuite fait un compte rendu détaillé à mon département. J’ai ensuite convoqué tous les Sous-Préfets à Kéniéba afin qu’ils viennent retirés ces cartes lundi matin malheureusement, la Préfecture sera envahie, saccagée puis tout a été brûlée par des manifestants en colère malgré la présence des forces de l’ordre qui ont été débordées puisqu’ily avait des milliers de personnes surchauffées qui a ont pris littéralement la Préfecture, mon domicile, celui du député, saccageant tout sur leur passage et mettant en même temps le feu à tout», a dit Ibrahim Kané. « Sans les forces de l’ordre, notre vie était en danger.je les félicite et les encourage », a expliqué le Préfet. Le feu couvait depuis des mois Le courroux des populations de Kéniéba ne date pas d’aujourd’hui, nous a expliqué le Préfet Kané. Et pour cause ! « Depuis l’inauguration de la mine de Fekola le 03 février dernier par le Chef de l’Etat où il y a eu une tentative de sabotage, que nous avons déjoué inextrémis sans qu’IBK ne vienne ici à Kéniéba, la colère grondait. D’ailleurs une marche a été organisée en guise de protestation. A Fadougou, le Président de la République a reçu une délégation de la société civile qui n’a pas apprécié ses propos. C’est ainsi qu’elle organisera une marche, animera une conférence afin d’atteindre l’autorité de l’Etat. Lors de cette manifestation, les forces de l’ordre se sont assumées avec professionnalisme même si nous déplorons un mort et des blessés. L’autorité s’est assumée »,a poursuivi notre interlocuteur. « Nos enfants se sont trompés de méthode de lutte », a dit Camara Le président de la chambre des mines du cercle, M.Camara, jeune frère de feu Mangala Camara, a fustigé l’acte des jeunes : « Cette affaire est en cours depuis des semaines entre employeur et employés. Nos enfants se sont trompés de méthode en s’en prenant à la Préfecture, au domicile du Préfet. A vrai dire, il n y a d’autorité d’Etat sinon, Bagaga et moi se sont investis pour éviter cette situation très regrettable, nous avions été entre les manifestants et les forces de l’ordre au milieu des grenades et cailloux, des balles réelles tirées. L’attaque de la Préfecture est une mauvaise idée. A cause de quinze jeunes, un grand tort vient d’être fait à tout le village ».Parlant du chef de village, M.Sékou Cissoko de nos jours en cavale, Camara non moins beau-fils, dit à qui veut l’entendre que celui-ci s’est beaucoup investi pour éviter le pire. « Malheureusement, il y a eu des débordements »,a regretté le président de la chambre des mines. Intervention des forces de l’ordre ? Selon Camara, l’arrivée des renforts au lieu d’apaiser la situation, l’a envenimée en ce sens, qu’ils ont commis des actes graves à l’encontre de la population qui avait besoin de protection. « Les renforts ont commis des actes graves : bastonnades à l’aveuglette, viols, familles incendiées. Le domicile du chef de village a été attaqué, les membres de sa famille brutalisés. Fily Dabo, conseiller du chef de village bastonné ; Sory Touré, Sékou Cissoko, chef de village porté disparu par peur de représailles, de tortures. Le chef de village a fui par peur d’être pris à partie, ses deux épouses bastonnées, c’était le sauve qui peut ; le domicile de l’Imam violé ; des innocents ont subi les affres des forces de l’ordre déchaînés », a insisté le président Camara. A Sanougou, c’était le sauve qui pouvait Village situé à 4km de Kéniéba, le chef de village, M. Sékou Cissoko et les siens se plaignent de l’intervention des forces de l’ordre qu’ils qualifient de disproportionnée car disent-ils, ils n’ont rien à voir avec les évènements dramatiques du lundi. « Les forces de l’ordre ont pénétré dans ma chambre en défonçant la porte, prendre mon sac contenant de l’argent et de l’or (sans précisé le montant et la quantité d’or).Nous ‘avons rien à voir avec ce qui se passe à Kéniéba. Pourquoi venir terroriser mes populations, brûler des engins, emporter de l’argent et de l’or suite à cette intervention. Nous avons commis un huissier pour ce faire afin que nous soyons mis dans nos droits », a dit le chef de village furieux. Là-bas, des victimes se sont plaints de l’intervention des forces de l’ordre arrivée à bord de six Pick-Up lourdement armés, arme au poing, gaz lacrymogène. « Pluie de gaz lacrymogène même sur le centre de santé où le médecin se plaignait et s’inquiétait de ses patients. Nous sommes des forces armées maliennes. Ils m’ont tabassé, retiré ma mobylette et l’aspergé d’essence ensuite mettre le feu. J’ai acheté cette mobylette à 540 000FCFA.Elle avait à peine un mois malgré qu’un chef a demandé à ses hommes de ne pas l’a brûlée; celle de mon père aussi a subi le même sort», a dit Mohamed Cisssoko, jeune orpailleur. Seydou Cissoko, orpailleur de son état, a vu sa mobylette brûlée. Il l’a acheté à 550 000FCFA après que j’ai fui en voyant les forces de l’ordre. Amadou Cissoko, a vu son téléviseur fracassé au sol, sa porte défoncée. « Pourtant, je n’étais pas à Kéniéba dans la manifestation »,a-t-il dit. Un autre Sambala Cissoko a vu sa mobylette retirée puis jetée dans un faussé. Le président de la chambre des mines a regretté cette intervention des forces de l’ordre et précise qu’ils n’ont rien à voir avec ce qui se passe entre employeur et employé à Randgold. « Pourquoi s’en prendre à ses membres car, l’orpaillage pèse beaucoup dans l’économie du cercle, voire de la région de Kayes », a expliqué Camara très remonté. En tout cas, les émeutes de Kéniéba ont levé le voile sur une colère des populations à l’encontre du régime IBK mais dont les manifestants n’ont pas su faire, remarque bien d’observateurs et même de populations dont certains leaders ont pesé de leur poids pour empêcher que la situation ne dégénère. Aussi, les centaines, voire des milliers de chasseurs qui s’apprêtaient à défier l’autorité ont été dissuadé et ont disparu dans la nature lorsque les hélicoptères des forces de l’ordre survolaient le ciel de Kéniéba et alentours. Le chef de village de Kénéiba et le chef des chasseurs en cavale ! Le pire a été évité. De nos jours, le chef de village et celui des chasseurs, Maoudo, sont portés disparus. Au moment où nous bouclons cette édition, ils sont activement recherchés par les forces de l’ordre. L’intervention des forces de l’ordre à Sanougou et Sasando s’explique du fait que certains chefs de villages sont soupçonnés d’appartenir à la confrérie des chasseurs et d‘être parmi les ténors, les caciques qui étaient aperçus auprès des jeunes. D’ailleurs, la victime du lundi n’a-t-il pas été lavé dans une décoction magique qui devrait le protéger contre les balles ? Il sera la première victime de la manifestation face à des forces de l’ordre déployé pour protéger la préfecture et le domicile du Préfet. Des centaines, voire des milliers de chasseurs pour défendre la population ? Avec la tension qui persistait, nos sources ont révélé que l’administration était obligé de prendre des dispositions pour toute éventualité malgré le maigre effectif des forces de l’ordre dans la capitale du métal jaune. Ainsi, avec les menaces à peine voilée de la jeunesse qui était déterminée à en découdre avec l’administration dirigée par le Préfet Ibrahim Kané, les autorités ont pris des mesures spécifiques afin d’éviter tout débordement. Mais il s‘avère qu’elles n’ont pas suffis pour que le drame du lundi arrive. Néanmoins, l’envoi d’hélicoptère et de renforts devant faire face à une confrérie des chasseurs qui a dit à qui veut l’entendre qu’elle défendra les populations, ne laissait aucune chance aux forces de l’ordre de sévir puisque venant sur un terrain complexe et sensible. Les mêmes sources et même le Préfet qui a écrit au président des chasseurs de rester en dehors de toute défiance à l’autorité, craignait le pire et ne présageait rien de bon, surtout les menaces à peine voilée de transformée Kéniéba comme Yanfolila. « Des centaines voire des milliers de chasseurs se regroupaient du Baoulé jusqu’à Mahina Mine pour empêcher tout débarquement de renforts à Kéniéba. Dans ce cas, les autorités ont pris les mesures qui s‘imposaient, ce qui évité le pire sinon, l’attaque de la préfecture et du domicile du Préfet visait à l’assassiner ainsi que sa famille. Une mention spéciale au CNB et au Commissaire de Kéniéba qui ont su exfiltrer les familles du préfet et de ses adjoints ainsi que lui et ses collaborateurs pendant la Préfecture était presqu’encercler par des milliers de manifestants en colère », nous explique-t-on. Un calme précaire règne à Kéniéba En attendant le procès, au cours duquel, des dizaines de personnes devraient comparaître, un calme précaire règne sur la ville, l’économie tourne au ralentie comme c’est le casà l’usine de Goungoto qui a repris ses activités mais timidement, tout comme le marché de la ville où les forces de l’ordre veillent et patrouillent quotidiennement. « A vrai dire, c’est un ouf de soulagement car ici, nous ne pouvions même pas respirer à cause de certains individus qui se croyaient tout permis », a dit un habitant. « Celui qui s’attaque à l’autorité, s’est attaquer à dieu ; Il devra s’attendre à la sanction divine. Un pouvoir, ça se respecte », a martelé cet autre cadre. S’agissant des recrutements, à Randgold, d’abord, le staff de la direction de Loulo, Goungoto sont tous des maliens, les expatriés et autres sont minimes. Quant aux jeunes de la communauté, ils sont plus de 300 et même au-delà, nous explique-t-on. A Kéniéba, la vie a repris son cours normal, l’autorité renforcée mais le chef de village et celui des chasseurs courent toujours. Bokari Dicko, envoyé spécial à Kéniéba, Sanougou, Loulo et Goungoto. Ils ont dit… Fatamba Cissoko, maire de Sitakily « La chefferie et des autochtones de Kéniéba n’ont pas parler à leurs enfants ». « Depuis le déclenchement de la grève à Goungoto, j’ai fait de mon mieux avec d’autres chefs de villages, le Préfet, tout le monde a mis du sien pour éviter le pire. L’arrêt des activités de la mine a coûté plus de trois milliards de pertes sèches pour Randgold. Nous avons appuyé le Préfet, le CB de Gendarmerie, a fait de son mieux en s’investissant fortement pour sauver la vie des familles du Préfet et de ses adjoints. Les dégâts causés sont déplorables et dépassent tout entendement. Idem au domicile du député. La chefferie de Kéniéba et d’autres autochtones n’ont pas pu intervenir auprès de leurs fils, cela est déplorable. Cette affaire voit douze communes et Kéniéba affectées. Pire, brûler les cartes d’électeurs ne se comprend pas ? Comment allons-nous voter ? Ce drame est inexplicable car d’habitude des grèves se déroulent dans notre commune, nous arrivons à les circonscrire mais celle-là, a débordé. En tout cas, à Djidjan, je suis écouté. Quant aux recrutements, ils se font en synergie avec le Comité de développement de la mine que le Préfet préside, entouré des chefs de village (sept), des représentants des jeunes, des femmes. C’est ce Comité qui élabore un plan de développement au niveau de SOMILO S.A et prend en compte les noms de jeunes donnés par les chefs de villages. Il est vrai que nous ne sommes pas satisfaits du quota, mais l’usine fait de son mieux. Nous demandons aux jeunes de réclamer leurs droits sans agir de la sorte ». Diabélou Cissoko, chef de village de Kounda « L’acte de Kéniéba nous fait un grand tort ». « Des chefs de villages de Banta Koto, Trondato, le Préfet de Kénéiba, le maire de cette ville et bien d’autres avec moi, avions tout fait pour dissuader les jeunes à arrêter leur manière de lutter, en vain. En tout aucun jeune de notre village n’a participé à cette affaire, aucun n’a levé le petit doigt. Nous ‘avons pas apprécié le blocage de l’usine car, elle fait beaucoup pour nous ; construction d‘écoles, de forages, lotissements de nos villages, construction de voies qui désenclavent nos contrées. Mieux, présentement, Randgold a décidé de construire une maison pour les chefs de village ; Une première depuis qu’elle est là chez nous. En tout cas, l’acte de Kéniéba nous fait un grand tort ». Le président du Recotrade, non moins chef du protocole du Préfet « J’ai tout fait pour que les jeunes libèrent la voie de l’usine de Goungoto, les jeunes ne m’ont pas écouté. Ce que j’ai beaucoup déploré. Toutes les vieilles personnes ne se sont pas assumées. Les jeunes ont perdu la tête». Sékou Cissoko, chef de village de Sanougou Amertume et désolation… « Je n’arrive toujours pas à comprendre la façon dont les forces de l’ordre ont débarqué dans mon village en semant la peur et la désolation, s’en prenant à tout le monde ? Nous n’avons rien à voir avec ce qui s’est passé à Kéniéba. Pour quoi venir nous terroriser de la sorte, en nous spoliant nos biens, saccageant d’autres ? Je crois savoir que nous sommes des maliens et que les forces de l’ordre sont là pour nous protéger ? ».

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Source : Maliweb Maliweb

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