Les Canadiens feront un travail bien différent de celui des Néerlandais au Mali

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Le Mali n'est pas l'Afghanistan - du moins pour l'instant. Sept ans après la fin de la mission de combat du Canada en Afghanistan, les hélicoptères militaires canadiens reprendront du service, cette fois-ci en Afrique, où ils serviront dans la prochaine année à escorter les Casques bleus blessés et à transporter des biens et des fournitures vers des postes des Nations unies un peu partout au Mali, pays démuni de l'Afrique de l'Ouest. Peu de soldats parmi les 250 qui prendront place dans ces hélicoptères interagiront à un moment ou l'autre avec des Maliens, ou mettront même le pied à l'extérieur de leur base poussiéreuse des Nations unies, connue sous le nom de Camp Castor. Wiesje Elfferich a passé les trois dernières années à rencontrer des citoyens maliens à titre de conseillère civile des équipes de patrouille néerlandaises à longue portée installées à Gao, un rôle similaire à celui qu'elle avait joué précédemment en Afghanistan. La différence entre les deux missions est l'histoire de violences et de guerres dans chacun de ces pays, a-t-elle expliqué. «En Afghanistan, tous les gens âgés de moins de 40 ans ne connaissent que la culture et l'état d'esprit de la violence», a dit Mme Elfferich alors qu'elle s'apprêtait à se rendre dans la ville de Kidal pour une autre patrouille. «Ce n'est pas à cause des Afghans eux-mêmes, c'est à cause de la situation (du pays).» En comparaison, le Mali était considéré comme un modèle de stabilité en Afrique jusqu'à ce qu'une rébellion dans le nord et un coup d'État dans la capitale, en 2012, plonge le pays dans son état actuel de crise. «Ils avaient une culture traditionnelle d'hospitalité, qui est très forte parmi les Maliens et qui existe encore. Et s'ils sont en mesure de la maintenir et de faire en sorte qu'elle ne soit pas renversée dans leur esprit par une culture de violence, alors ils sortiront de la présente situation», a fait valoir Mme Elfferich. S'attaquer aux causes de l'insécurité D'autres intervenants font écho à cette affirmation, dont Thierno Diallo, de Mercy Corps, une organisation non gouvernementale qui reçoit des fonds du Canada pour promouvoir le dialogue entre des femmes de diverses communautés au Mali. M. Diallo a raconté une récente rencontre avec un groupe de femmes qui se plaignaient du manque d'emplois et de services, incluant les soins de santé et d'éducation, et dans une localité où plusieurs jeunes hommes se sont tournés vers le banditisme et les combats. «Nous avons vécu avec tant de combats que cela est quasiment devenu la norme», ont soutenu ces femmes devant M. Diallo. À moins qu'on ne s'attaque aux causes profondes de l'insécurité au Mali - notamment la pauvreté généralisée et le manque de possibilités d'avenir -, les observateurs craignent que le cycle actuel de violences qui afflige le pays se poursuive. L'équipe de patrouille néerlandaise à longue portée est l'une des rares unités occidentales au Mali à mener des patrouilles hors de la sécurité et des murs fortifiés d'une base des Nations unies. «Nous pouvons dire qu'ils apprécient notre manière de faire. L'ouverture d'esprit, les véhicules ouverts. Et cela nous vaut un peu de confiance. Ils sont prêts à nous parler», a indiqué Nico Teerds, commandant du groupe d'intervention de patrouille de reconnaissance néerlandais. En dépit de la réputation du Mali en tant que lieu de la mission la plus dangereuse au monde pour les Casques bleus, M. Teerds affirme que les Néerlandais n'ont pas fait l'objet d'attaques au cours des deux dernières années. Les Néerlandais dépendent des hélicoptères allemands et belges pour les évacuations médicales d'urgence en cas de problème - une tâche qui reviendra aux Canadiens qui prendront le relais au début du mois d'août. Alors que les Allemands et les Belges doivent mettre fin à leurs vols samedi, il y aura un délai d'environ un mois que l'ONU compte combler temporairement avec un hélicoptère civil qui, contrairement à plusieurs autres, peut voler la nuit. Le lieutenant-colonel Sebastian Koehler, commandant du détachement d'hélicoptères allemands et belges, a soutenu qu'il n'y avait pas moyen d'éviter ce délai étant donné l'espace limité pour les hélicoptères à la base des Nations unies à Gao. Source : aBamako aBamako

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