Réunion du Comité de suivi de l’Accord : Des progrès malgré un point de désaccord autour de Gourma Rharous

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Réunion du Comité de suivi de l’Accord : DES PROGRÈS MALGRÉ UN POINT DE DÉSACCORD AUTOUR DE GOURMA RHAROUS Ouverte lundi dernier, la 26è session ordinaire du Comité de suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali (CSA) a pris fin hier sans donner les résultats escomptés. Les travaux, qui auraient dû être consacrés à la mise en œuvre de la feuille de route du 22 mars 2018 et le rapport établi par l’observateur indépendant, ont finalement buté sur la sempiternelle question de répartition des postes de responsabilité au niveau des cercles. Le hic est que ce sujet avait été évacué, après d’âpres négociations entre les parties, précisément les groupes armés qui semblent avoir des intérêts particuliers dans le cercle de Gourma Rarhous, qui constitue aujourd’hui la pomme de discorde. «Malheureusement, un seul point à cristalliser tous nos efforts, celui relatif à un arrangement global entre les parties maliennes sur la répartition des postes de responsabilité, notamment au niveau du cercle de Rarhous», a regretté le président du CSA, Ahmed Boutache, lors d’une conférence de presse. Le diplomate algérien a rappelé que l’ordre du jour prévoyait principalement deux points. Le premier avait trait à l’évaluation de la mise en œuvre de la feuille de route relative aux questions prioritaires. Et le second portait sur l’examen approfondi du rapport établi par l’observateur indépendant, notamment en ce qui concerne ses recommandations. Mais, «les parties ont rouvert le débat sur certains arrangements déjà convenus, notamment la répartition des postes au niveau du cercle de Rarhous», a déploré le patron du CSA. Pour lever le blocage, la médiation avait proposé, depuis la première journée de cette session, que ce cercle soit pourvu par le gouvernement qui nommerait une personnalité «totalement indépendante, c’est-à-dire qui n’est ni de la CMA ni de la Plateforme». A cette proposition, les groupes armés ont opposé un refus catégorique. « Puisque la communauté internationale ne peut rien imposer», il a alors été convenu d’accorder un temps aux parties pour qu’elles discutent et parviennent à une solution consensuelle sur ce sujet. Peine perdue ! «Malheureusement, les parties ne se sont même pas réunies pour discuter de cela », a regretté Ahmed Boutache qui a avoué «un constat de désaccord entre les parties, essentiellement les mouvements, en ce qui concerne un certain nombre de cercles qui restent à pourvoir». Finalement, il a été décidé d’accorder un délai supplémentaire aux parties pour qu’elles puissent, le plus rapidement possible (48 heures), trouver une solution globale et définitive à cet imbroglio. En se focalisant sur cet aspect, le Comité a finalement occulté des questions très importantes, notamment celles liées au volet défense et sécurité qui sont cruciales au regard de la nécessité de sécuriser le prochain scrutin présidentiel. Interrogé sur les dispositions envisagées pour la sécurisation de cette élection, Ahmed Boutache a tout simplement affirmé que les discussions sont en cours. Ces discussions impliquent aussi bien le ministère de la Sécurité que les groupes armés et les partenaires, en l’occurrence la MINUMA. «Il faut espérer que les parties maliennes fassent preuve de maturité et essayent de sortir d’un certain nombre de calculs, qui sont des calculs de clocher, pour aller vers des positions qui favorisent davantage l’intérêt du Mali et des Maliens», a fait savoir le conférencier, espérant que les acteurs parviendront à se mettre d’accord et à créer les conditions favorables à une bonne tenue du prochain scrutin. Koen Davidse, représentant spécial adjoint du secrétaire général des Nations unies (Affaires politiques), a souligné les progrès enregistrés dans la mise en place des patrouilles mixtes à Tombouctou et Kidal. Au-delà, il faut rappeler que, malgré les difficultés, les acteurs ont prouvé leur détermination à ne pas céder sur leur choix stratégique d’imposer la paix par la mise en œuvre de cet Accord. Des résultats probants sont palpables sur le terrain, notamment en matière de défense et de sécurité. A ce sujet, on peut citer la création et l’opérationnalisation du Conseil national de la réforme du secteur de la sécurité (CN-RSS) et ses cellules spécialisées ; de la Commission nationale de Désarmement-Démobilisation-Réinsertion (CN-DDR) et de la Commission d’intégration (CI). Autres acquis : la constitution des premières unités du Mécanisme opérationnel de Coordination (MOC) et des patrouilles mixtes à Gao, Tombouctou et Kidal, la construction des sites de cantonnement pour accueillir les ex-combattants (sur les 24 sites identifiés et validés par la MINUSMA, actuellement 8 sites de cantonnement pouvant accueillir chacun 750 ex-combattants, sont déjà utilisables). Les résultats obtenus en matière de développement économique, de réconciliation, de justice et de questions humanitaires sont aussi forts encourageants. Cependant, de nombreux défis se posent. Il faut faire face à l’installation et au fonctionnement effectif des Autorités intérimaires et des Collèges transitoires au retour de l’Administration dans toutes les Régions du nord et au rétablissement des services sociaux de base. Autre défi et non le moindre, c’est la mobilisation des financements annoncés pour réaliser les engagements souscrits par le gouvernement malien dans l’Accord. Le président de la République avait récemment appelé tous les Maliens à se mobiliser autour du gouvernement dans la mise en œuvre de cet Accord consensuel qui constitue aujourd’hui la seule alternative pour stabiliser notre pays et le mettre sur le sentier de la prospérité économique et sociale. Issa DEMBÉLÉ Source : aBamako aBamako

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