Conflits intercommunautaires dans le Centre : Pour le cas des Donzo l’Écrivain traditionaliste Fodé Moussa Sidibé met les points sur les (i)

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Les conflits dits interethniques qui font confusément rage dans le Centre du Mali surprennent plus d’un. Cela, vu des milliers d’années de cohabitation entre ces peuples. L’écrivain traditionaliste de Markala, chasseur, chercheur et Professeur d’Université, Fodé Moussa Sidibé, apporte sa pierre angulaire à la reconstruction sociale, à travers un poème qui rappelle de ce qui a été, reste et demeure le rôle indéniable des chasseurs traditionnels dans la société africaine. Des vertus socio-traditionnelles en passe de verser dans des contradictions, dont personne ne s’y attendait aujourd’hui. L’Art et la poésie au service du Peuple. C’est du moins, ce que l’on peut constater à travers ce poème bien maniéré et plein de sens que l’Écrivain traditionaliste, Chef de la confrérie de chasseurs de Markala, et éminent Professeur d’Université, Fodé Moussa Sidibé a dédié aux Donzo du Mali et de toute l’Afrique traditionnelle. Et, surtout, en ce moment crucial de l’Histoire du Mali contemporain, cette époque où le Centre du pays fait l’objet de plusieurs polémiques par l’insécurité. Selon lui, un chasseur traditionnel, vu son rôle au plan sécuritaire et thérapeutique dans nos localités, cela, depuis des temps anciens, n’est pas à confondre avec des assaillants déguisés en Donzo qui massacrent, depuis quelques mois, les paisibles citoyens dans leur Région, au Mali profond, précisément dans la Région de Mopti. Un Donzo est un sauveur et non un tueur. Du début à la fin, ce poème, très apprécié par les lecteurs, appelle à l’Unité nationale et à la paix sociale entre toutes les composantes du Peuple malien. Nous vous proposons ici le texte en intégralité ! Le poème : « ETRE DONSO (chasseur traditionnel) ! Donso des temps anciens, Donso des temps jadis, Héros civilisateur, Guerrier itinérant Fondateur des cités, des royaumes et d’empires. Mâle éminent, téméraire et bon Homme des espaces incultes Docte des choses cachées et sacrées Etre Donso en ces temps d’aujourd’hui En ces temps de déperdition où tout s’effrite et tombe Où le gibier ne court plus la brousse désolée Où la terre se languit de l’Homme Où les cieux sont avares en eaux Et prodigues en souffles ravageurs Être Donso, c’est s’accrocher à un idéal Devenir frères des Donso du monde entier Croire en la vie Avoir une vision autre des choses et des êtres Être Donso, c’est adhérer à une idéologie C’est choisir une voie, un sentier Peiner pour son accomplissement Renforcer ses principes spirituels Verser l’eau pour rafraîchir l’âme des ancêtres Etre Donso, c’est engager la quête permanente du savoir ; Oublier ce que l’on est et devenir le frère de l’Homme Donner le meilleur de soi à sa communauté Etre Donso, c’est protéger le faible contre l’arbitraire ; Défendre la justice, les règles sociales, la vie Pourvoir aux besoins des nécessiteux Assister l’orphelin et aider la veuve éplorée Etre Donso, c’est endurer les peines et les souffrances ; S’engager dans la brousse orpheline et inhospitalière Endurer les piqûres d’insectes, le froid et le soleil ; Affronter la bête dans un combat singulier Endurer la faim et la soif Pour satisfaire l’autre faim, l’autre soif Etre Donso, c’est aimer se dévouer pour les causes justes C’est opter pour l’éclatement de la vérité en tout lieu Etre Donso, c’est être humble discipliné, pondéré et affable ; C’est protéger sa patrie, sa famille C’est maîtriser ses inclinations naturelles, ses pulsions continuelles Etre Donso, c’est être un Homme des Temps ; Un homme de son temps». Contacté par la Rédaction de votre Quotidien, Fodé Moussa Sidibé a exprimé les sentiments qui l’ont incité à écrire ce poème. Pour lui : «On doit arrêter de considérer les Donso comme une communauté à part. On est en train d’instrumentaliser le mot ‘’Donso’’. Il faut arrêter de dire que les Donso sont contre une communauté peulh ou les autres. Ce n’est pas vrai. Ce que nous vivons n’est pas une crise interethnique. C’est une vue tendancieuse pour faire de notre pays: un pays de guerre civile». Aux dires de l’écrivain, un Donso, un initié n’enlèvera jamais la vie d’un innocent. Un Donso, un initié a de tout le temps et en tout lieu défendu la Légalité, la Justice. Un Donso, un initié défendra au prix de sa vie la terre de ses ancêtres, la vie des autres. Depuis le 13e siècle, le Serment des Donso s’inscrit dans ce sens. Rappelons que Fodé Moussa Sidibé est un fervent militant de la Culture malienne en particulier et africaine en général. Il est l’auteur de plusieurs œuvres littéraires, Professeur d’Université, Chasseur et Chef de confrérie. Seydou Konaté : LE COMBAT Source : aBamako aBamako

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