Modibo Sidibé, candidat du NPP sur africable TV “Notre programme est basé sur la croissance économique à travers le développement des secteurs de production du pays”

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Modibo Sidibé, président de Fare an ka wuli et candidat du Nouveau pôle politique (NPP) était face aux Maliens, le lundi 16 juillet 2018, dans une émission intitulée ” 90 mn pour convaincre ” diffusée en direct sur les télévisions Africable TV, Cherifila TV et Renouveau TV. Au cours de ce face-à-face animé par Djokoloni Coulibaly et Amadou Cissé, Modibo Sidibé a eu à répondre en Bamanankan aux préoccupations des participants à l’émission.

Les sujets abordés au cours de l’émission avaient trait à des attentes des Maliens qu’ils espèrent voir réaliser par le candidat Modibo Sidibé une fois élu à la magistrature suprême du Mali. Parmi ces attentes, il y a la résolution du problème du chômage des jeunes, la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite, la relance du football au Mali.

“En échangeant avec mes compatriotes de l’intérieur et de l’extérieur, j’ai beaucoup appris sur le Mali”

En répondant à la question sur les raisons et les leçons de sa tournée à l’intérieur et à l’extérieur du pays, le candidat Modibo Sidibé dira que cette tournée a pour but de rencontrer toutes les couches de la population malienne, y compris les partis de la majorité présidentielle, les partis de l’opposition, d’échanger avec eux afin de recueillir leurs préoccupations par rapport à la gestion du pays. “Au cours de ma tournée, j’ai compris que le pays ne se construit pas en une seule journée. Pour la concrétisation de notre initiative pour le Mali intitulée “Mali horizon 2030”, il était indispensable de rencontrer les citoyens, d’échanger avec eux, de les comprendre afin de prendre leurs préoccupations en compte dans mon projet de société. C’est ainsi que j’ai entamé ma tournée sur les lieux de résidence des Maliens à l’intérieur et à l’extérieur du Mali afin qu’ils puissent faire des bénédictions pour le pays. Nous sommes allés partout, même dans des grins. Nous avons parlé avec les Maliens, des notabilités, des femmes, des jeunes afin qu’ils puissent savoir qui je suis et quels sont mes projets de société.

C’est dans ce cadre que j’ai rencontré les partis politiques de la majorité présidentielle et les partis de l’opposition pour échanger avec eux sur leur vision de la construction du pays et de leurs critiques. Et au cours de cette tournée, j’ai compris que les Maliens aiment leur pays. Et j’ai compris que les Maliens veulent être associés dans la construction de leur pays. Ils veulent être consultés dans le cadre de la construction du pays. J’ai compris que chaque Malien a sa place dans la construction du pays. En échangeant avec mes compatriotes de l’intérieur et de l’extérieur, j’ai beaucoup appris sur le Mali. J’ai appris que les Maliens sont au parfum des réalités du pays”, a-t-il justifié sa tournée.

Ce qui, à ses dires, est un renouveau citoyen qui permet aux citoyens de comprendre que le président fait partie du peuple. “Pour nous, le président de la République est un missionnaire qui est au service du peuple. Donc, ce président doit connaître son peuple, doit échanger avec ce peuple afin de créer la confiance entre lui et ce peuple. C’est dans cette confiance mutuelle que commence la construction du pays. Et quand nous serons aux affaires, nous tiendrons compte des préoccupations de nos compatriotes. Voici les raisons de ma tournée à l’intérieur comme à l’extérieur du pays”, a-t-il ajouté. Il a prôné la concertation des acteurs politiques autour de la construction et du développement du pays. Car, d’après lui, tous les Maliens sont concernés par la construction du pays.

“La politique, c’est le respect de la parole donnée. La politique, c’est le respect de ses droits et devoirs, le respect des droits et des devoirs des autres. La politique, c’est le respect des lois et des institutions du pays…”

Pourquoi les Maliens n’ont plus confiance aux politiciens ? Modibo Sidibé insistera sur la confiance entre les leaders politiques et les citoyens. D’après lui, si les citoyens ont confiance aux responsables, ils les soutiendront. “Mais sans confiance, même si on leur donne le diamant, ils ne leur accorderont pas d’importance. C’est pourquoi, nous parlons de renouveau citoyen, en allant consulter les Maliens pour tenir compte de leurs points de vue dans la construction du pays. La consultation des citoyens les rassure et permet de créer la confiance entre eux et les responsables. La politique, c’est la connaissance de soi et des autres, en vue de la construction du pays. La politique, c’est le respect de la parole donnée. La politique, c’est le respect de ses droits et devoir et le respect des droits et des devoirs des autres.

La politique, c’est le respect des lois et des institutions du pays. Nous ne devons rien entamer qui puisse détruire le pays. Faire de la politique, c’est de savoir d’où nous venons et où nous partons. Seule la concertation peut permettre aux Maliens de participer au développement de leur pays. Les responsables doivent savoir qu’ils sont des missionnaires, à la tâche pour le peuple”, a-t-il dit.

“Il n’est pas normal que l’Armée, l’Administration et la religion soient politisées”

En réponses aux questions sur la religion musulmane au Mali, l’insertion des étudiants arabisants, la lutte contre le chômage des jeunes, la sécurité des personnes et de leurs biens, la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite, la crise du football malien, le candidat Modibo Sidibé soulignera que les religions monothéistes ont une importance dans le fonctionnement du Mali qui est une République laïque. Ce qui, à ses dires, doit être compris par tous les Maliens. Il indiquera qu’il tient à trois choses que sont l’Armée qui appartient au peuple et qui doit protéger tout le peuple. “Il n’est pas normal que l’Armée soit politisée”, a-t-il dit. La 2e chose est l’Administration qui fonctionne pour tous les citoyens. “Tous les citoyens doivent avoir un égal accès à l’Administration. A ce titre, il n’est pas normal qu’elle soit politisée”, a-t-il dénoncé. La 3e chose est la religion. D’après lui, les lieux de culte doivent rester en dehors de la politique. “Il n’est pas normal que les leaders religieux montent sur l’arène politique. Cela ne veut pas dire que je suis contre les religieux. Je suis moi-même musulman. Et je fais de la politique. Je précise qu’il n’est pas normal que les leaders religieux fassent de la politique. Mais, nous devons aider les imams à mieux faire leur prêche sans conséquence. Nous devons aider les talibés à apprendre des métiers pour leur permettre de trouver du travail. Cela est valable pour les étudiants arabisants et arabophones qui reviennent au pays avec des diplômes d’études supérieures comme ingénieurs, informaticiens, juristes. Malheureusement, ces étudiants ne peuvent pas faire le concours d’entrée dans la Fonction publique par le simple fait qu’ils n’ont pas étudié en Français. Nous ambitionnons de leur faire apprendre le Français ou de prendre des dispositions spéciales pour leur réserver des quotas dans l’Administration et l’Armée. Nous allons expérimenter ce projet pendant 10 ans au lieu de les laisser pour compte. Ils doivent être insérés comme tous les autres enfants du pays qui ont étudié en Français. Ils doivent contribuer au développement du pays “, a-t-il proposé.

“Tant qu’il n’y a pas l’adaptation de la formationau marché de l’emploi et l’apprentissage des métiers à l’école, il y aura toujours des jeunes diplômés chômeurs et des jeunes sans diplôme, chômeurs”.

Parlant du chômage des jeunes, il a indiqué qu’il y a des jeunes diplômés sans emploi, des jeunes ruraux chômeurs sans diplôme. Pour résoudre le problème de chômage des jeunes, Modibo Sidibé entend élaborer un vaste programme de “reconversion professionnelle” en adaptant les formations au marché de l’emploi. Le 2e programme, d’après lui, c’est d’instaurer l’apprentissage des métiers dans les écoles à partir du second cycle de l’enseignement fondamental. ” Tant qu’il n’y a pas l’adaptation de la formation au marché de l’emploi et l’apprentissage des métiers à l’école, il y aura toujours des jeunes diplômés chômeurs et des jeunes sans diplôme chômeurs. Donc, notre ambition est d’ouvrir l’école publique à tous les enfants du Mali avec une bonne qualité d’instruction. Pour cela, les enseignants seront mis dans de bonnes conditions d’enseignement. Cela est possible. La preuve, l’artisanat, les garages autos et motos, les ateliers de menuiserie sont aujourd’hui des cadres d’apprentissage de métiers pour les jeunes Maliens qui sont encadrés par des chefs d’ateliers qualifiés. Nous ambitionnons aussi de créer des lycées techniques professionnels dans chacun des cercles du Mali. Et cela, en vue de former les jeunes dans les secteurs porteurs de notre économie. Et cela permettra aux jeunes d’être insérés après leur formation. Et il y aura moins de chômeurs sur le marché de l’emploi. Il sera créé au niveau de chaque région des Instituts universitaires de technologies. Ce qui permettra d’adapter la formation au marché de l’emploi. Nous ambitionnons aussi de former des jeunes ruraux. Ils seront formés durant 100 jours à un métier de développement de leur localité. Ainsi, ils auront une certaine qualification pour travailler dans leur localité. Ce qui permettra de lutter contre la pauvreté, de réduire le flux de l’exode rural et de l’émigration”, a-t-il développé. Dans le cadre de la croissance de l’économie nationale, il entend, une fois élu à la magistrature suprême du pays, aider les opérateurs économiques du secteur privé. Car, à sa compréhension, c’est le secteur privé qui est pourvoyeur d’emplois contrairement à l’Etat qui crée peu d’emplois.

“La corruption existe au Mali. Et dire qu’il n’y a pas de corruption au Mali, cela est du mensonge”

Concernant la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite, Modibo Sidibé a reconnu que la corruption existe au Mali. “La corruption existe au Mali. Dire qu’il n’y a pas de corruption au Mali, cela est du mensonge. La corruption existe dans tous les secteurs. Mais il faut aussi reconnaître qu’il y a encore des hommes intègres au Mali. Il faut reconnaître que le paysan ne connaît pas la corruption. Il n’y a pas d’arrangement chez le paysan. Il agit en fonction de la pluviométrie”, a-t-il reconnu. Pour lutter contre la corruption et l’enrichissement illicite, Modibo Sidibé propose l’exemplarité dans la droiture et l’intégrité, à commencer par lui-même. Et d’après lui, cela est possible au Mali. “Les passations de marchés publics doivent se faire dans la légalité”, a-t-il suggéré. Sur le Programme d’urgence présidentielle d’IBK qui englobe tous les secteurs, Modibo Sidibé pense que l’électricité et l’eau ne sont pas des urgences, mais des priorités, tout comme la réalisation des routes et autres infrastructures. Parce que, a-t-il argumenté, le Président est élu pour donner de l’eau, l’électricité, la santé et autres infrastructures au peuple.

“La seule urgence qui existe, c’est l’urgence humanitaire pour lutter contre la faim, l’insécurité. Ces urgences ne peuvent pas attendre. Donc, nos priorités, c’est de donner de l’eau potable, l’électricité, la santé et autres infrastructures au peuple malien. Nous allons concevoir le schéma d’aménagement du territoire malien tout en réalisant de grandes infrastructures. Et cela, dans un cadre de concertation. Ce qui nous permettra d’élaborer une Loi organique pour l’aménagement du territoire. Et tous les gouvernements sauront que leur priorité est l’aménagement du territoire en vue d’éviter de dilapider les ressources du pays. La construction des routes ne doit pas être du favoritisme. Si nous n’aménageons pas notre territoire, d’autre le feront à notre place. C’est donc dire que le schéma d’aménagement fait partie des priorités de notre programme de société. Ce qui permettra de construire le pays de façon équitable”, a-t-il préconisé.

Pour Modibo Sidibé, la résolution de l’émigration illégale passe nécessairement par la construction et le développement du pays. “Notre programme est basé sur la croissance économique à travers le développement des secteurs de production du pays”, a-t-il dit. Pour la relance du football malien, Modibo Sidibé propose de laisser la Fédération travailler dans la légalité, sans les politiques.

Siaka DOUMBIA

Source : aBamako

aBamako

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