«Mutualisation des énergies» au cœur de l’ouverture du 1er Sommet CEDEAO-CEEAC sur les défis sécuritaires

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Le 1er Sommet CEDEAO-CEEAC axé sur les défis sécuritaires dans les deux sous-régions qui regroupent 26 Etats a été ouvert à Lomé ce 30 juillet par le Président Ali Bongo Ondimba, président en exercice de la CEEAC.

Quatre interventions ont marqué l’ouverture de ce Sommet «inédit» selon la diplomatie togolaise, devant un large parterre d’officiels et d’acteurs diplomatiques à l’échelle régionale et internationale. Ces interventions ont tour à tour souligné l’importance de la mutualisation des moyens et des ressources humaines pour contrer durablement le terrorisme et ses corollaires en Afrique de l’ouest et du centre.

En ouvrant solennellement les assises de ce 30 juillet, Ali Bongo Ondimba a tenu à rappeler que «l’organisation de la tenue de ce Sommet trouve son origine dans une rencontre régionale tenue en février 2015 sur le péril terroriste en Afrique centrale (…) Les menaces sécuritaires transversales nous commandent d’agir de manière concertée», a-t-il fait remarquer, en vantant les mérites des mécanismes sécuritaires et de coopération existant déjà dans les deux sous-régions. Comme le CRESMAO (Centre de Coordination de la Sécurité Maritime pour l’Afrique de l’Ouest) et le CRESMAC (Centre Régional de la Sécurité Maritime de l’Afrique Centrale).

«Au-delà de la question sécuritaire, nous devons aussi élargir notre coopération à la question de la gestion du flux migratoire dans nos deux sous-régions», a mis en avant le dirigeant gabonais. «Cette importante rencontre constitue la matérialisation de nos efforts d’agir de manière concertée pour répondre aux cris du désespoir de nos populations qui subissent des extrémismes de tout bord», a ajouté M. Bongo.

Hôte de ce 1er Sommet régional conjoint, Faure Gnassingbé a planté le décor des allocutions diplomatiques meublant pareilles assises en «souhaitant la bienvenue à Lomé» à tous ses convives, «tout en exprimant sa gratitude à tous ceux qui ont œuvré pour que ce Sommet se tienne». F. Gnassingbé a adressé tout singulièrement à son pair gabonais ainsi qu’aux premiers responsables de la CEDEAO et de la CEEAC de «vifs remerciements».

«Nos pays partagent les mêmes problématiques sécuritaires (…) Il est impérieux que nous trouvions la meilleure approche pour nous attaquer collégialement à ces maux pour créer des conditions meilleures d’une paix durable dans nos deux sous-ensembles régionaux», a diagnostiqué et plaidé le président togolais. Il à ce titre a fait allusion au Sommet de 2013 sur la sécurité maritime entre les deux sous-régions, rencontre qui a débouché sur le «Processus de Yaoundé» (architecture de lutte contre l’insécurité maritime dans les deux sous-régions). «Nous écrivons ce 30 juillet une nouvelle page de notre coopération via une approche commune et holistique des questions de paix et de sécurité, ce qui est inédit en Afrique sub-saharienne», a-t-il ensuite relevé. «Nos frontières ne doivent pas être des obstacles à l’action de nos forces de défense et de sécurité», a martelé le numéro 1 togolais. Il a enfin plaidé des «décisions ambitieuses et concrètes pour que ce Sommet marque notre histoire commune, avec le souhait d’un accompagnement de nos résolutions par la Communauté internationale».

La CEDEAO et la CEEAC ont l’appui de la communauté internationale

S’exprimant à la tribune du «Sommet inédit» de ce 30 juillet, Ibn Chambas (représentant du Secrétaire Général des Nations Unies en Afrique de l’ouest), a dressé le constat selon lequel «les deux sous-régions (CEDEAO et CEEAC) se rapprochent davantage de l’objectif ultime de l’Union Africaine à travers leurs assises de Lomé». «Les Nations Unies se tiennent disposées à appuyer la mise en œuvre de la stratégie régionale autour du lac Tchad (bassin terroriste par excellence)», a fait savoir M. Chambas pour réaffirmer son appui total aux discussions enclenchées à Lomé. Le diplomate ghanéen au service des Nations Unies a en outre utilisé cette tribune pour annoncer que «l’ONU vient d’élaborer un plan de soutien au Sahel adossé à l’opérationnalisation des ODD (Objectifs du développement durable)».

Le soutien le plus vibrant à la lutte commune CEDEAO-CEEAC a été exprimé ce 30 juillet par Moussa Faki Mahamat, le président en exercice de la Commission de l’Union africaine. «Cette rencontre est un évènement chargé de symboles ; j’adresse mes appréciations aux Présidents Bongo Ali et Faure Gnassingbé. Cette rencontre imprime une plus grande ampleur à la démarche de mutualisation des efforts chère à l’Union Africaine», s’est réjoui le patron de l’UA.

«Un certain nombre de facteurs créent un terrain fertile à l’extrémisme : ensablement du fleuve Niger, le péril climatique qui agit sur le Lac Tchad, etc.», a-t-il fait remarquer. «Le processus de Nouakchott (qui regroupe des Etats issus de différentes régions du continent) comme la démarche qui gouverne l’organisation de ce Sommet sont à saluer. Ils consolident l’architecture africaine de paix et de sécurité de l’UA», s’est félicité M. Mahamat. «Le statu quo est intenable face aux périls terroriste et extrémiste. Il faut des approches de solutions qui prennent en compte des questions sous-jacentes au sein de la CEDEAO et la CEEAC (…) Autant la lutte contre le terrorisme doit être implacable, autant le dialogue doit prévaloir avec les populations», a-t-il plaidé.

«Le combat que nous menons est total, et est tourné vers la promotion de la sécurité humaine en Afrique (…) Dans les jours à venir, l’UA va aider à une meilleure synergie régionale sur les questions de paix et promouvra une meilleure articulation de la coopération CEDEAO-CEEAC (…) Il faudra promouvoir durablement la paix et la sécurité dans les deux régions», a encore exhorté l’ancien dirigeant tchadien. Une déclaration commune est attendue du huis-clos présidentiel de ce Sommet conjoint de Lomé qui prend fin ce 30 juillet.

Edem GADEGBEKU

Source : aBamako

aBamako

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