Présidentielle du 29 juillet : Une élection sur fond de fraude pour réaliser le takokelé

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A défaut d’écarter les concurrents du président sortant, candidat à sa propre succession, le gouvernement a misé sur la fraude pour triompher dès le premier tour…..

N’eut été la vigilance de Tiébilé Dramé, directeur de campagne du candidat Soumaïla Cissé, la mèche était déjà dite. Rien ne pouvait plus arrêter la machine de fraude électorale mise en place par le gouvernement dirigé par Soumeylou Boubèye Maïga (SBM) pour réaliser le fameux takokele, slogan très cher au camp présidentiel qui ne souhaite pas un second tour, lequel pourrait être fatal à son candidat Ibrahim Boubacar Keïta (IBK). Il est parvenu à deux (02) semaines de la présidentielle à déceler l’existence de deux (02) fichiers électoraux.

Il constate que le fichier audité par l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), en avril 2018, n’est pas celui qui est mis sur le site de la Délégation générale des élections (DGE). Ce fichier audité avait permis la confection des cartes d’électeur.

Dramé, au cours d’une sortie, exprime ses inquiétudes ainsi: «Nos informaticiens ont décelé plusieurs anomalies. Le fichier mis en ligne contient en fait 8.105.654 électeurs dont 488.813 électeurs supplémentaires, 477.000 bureaux de vote additionnels et 275.761 doublons, soit au total 1.241.574 voix fictives.
Au regard de ces constats, le Directoire de campagne du candidat Soumaïla Cissé prend à témoin l’opinion publique nationale et internationale avant le premier tour du scrutin du 29 juillet 2018. La responsabilité du gouvernement du Mali est entièrement et gravement engagée dans ce qui s’apparente à une vaste tentative de fraude tendant à prendre en otage le vote des Maliennes et des Maliens».

Du côté du pouvoir, la panique s’installe à tous les échelons de la direction de campagne d’IBK. Et la réaction ne s’est pas faite attendre face au coup de canif que venait de donner le directeur de campagne de Soumaïla Cissé au système de fraude qui allait permettre à leur candidat d’éviter un second tour avec n’importe quel candidat arrivé à ce stade de la compétition.

Le Premier ministre monte au créneau. Et sur un ton martial, il réplique en ces termes: «Nous ne permettrons à personne de prendre les élections en otage». Avant de mettre quelques jours après beaucoup d’eau dans son vin.

Dans une déclaration à la presse, il dit: «Je voudrais dire sans aucune équivoque qu’il n’y a qu’un seul fichier électoral, celui qui a été audité en fin avril et sur la base duquel les listes électorales et les cartes d’électeurs ont été imprimées. C’est aussi ce fichier qui a été mis sur internet. J’invite les électeurs à consulter dès aujourd’hui les listes électorales qui sont maintenant affichées dans les bureaux de vote. Tout le monde pourra constater qu’il n’y pas d’électeurs fictifs».

Toujours pour montrer sa bonne foi à organiser une élection crédible et transparente, Souleymane Boubèye Maïga déclare: ‘’Nous allons ouvrir à l’observation de toutes les phases de l’élection, y compris à la centralisation, à la participation de toutes les organisations internationales, c’est-à-dire l’Union Africaine, l’Union Européenne, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation du Mali ( MINUSMA), la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Leurs observateurs pourront assister en même temps que les représentants des candidats à la centralisation des résultats’’.

Les déclarations et les rencontres s’enchaînent entre les représentants des candidats qui contestent le fichier électoral et le gouvernement à travers les structures impliquées dans l’organisation de ladite élection. Au finish, les deux parties n’ont pas pu accorder leur violon.

Face à ce dialogue de sourds, la communauté internationale rentre dans la danse. Elle rencontre les deux (02) parties qui se rejettent la responsabilité. Consciente des enjeux de cette élection pour notre pays et la sous région, elle joue à l’apaisement. Et à sa demande, le Premier ministre a rencontré ce samedi les 24 candidats ou leurs représentants pour évoquer la question du fichier électoral.

L’implication du représentant spécial des Nations unies au Mali, Mahamat Saleh Annadit, des représentants de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), de l’Union africaine (UA), de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) et de l’Union européenne à ce stade de l’élection n’est pas anodine. Elle dénote que le Mali ne s’achemine pas vers l’organisation d’une élection crédible et transparente.

Contrairement à la déclaration du Premier ministre citée plus haut. Et pour une des rares fois, la communauté internationale prend le contre pied des tenants du pouvoir et se range du côté des candidats qui dénoncent la fraude lors d’une élection en Afrique.

Ces cas de fraude détectés par Tiébilé Dramé, à travers un fichier électoral parallèle mis en ligne avec 8.105.654 électeurs dont 488.813 électeurs supplémentaires, 477.000 bureaux de vote additionnels et 275.761 doublons, soit au total 1.241.574 voix fictives, prouve que le camp présidentiel avait minutieusement préparé la réélection du candidat Ibrahim Boubacar Kéita (IBK) qui voit d’un mauvais œil un second tour qui mettra définitivement fin à sa carrière politique.

Il comptait aussi sur le vote par procuration des militaires pour faire le plein des urnes. Mais à leur grande surprise, la communauté internationale a grippé cette machine de fraude en disant que le vote par procuration des militaires est nul.

Il reste à savoir si ces rencontres pourront fléchir les organisateurs du scrutin d’hier (29 juillet) à limiter les dégâts de fraude et à épargner à notre pays une violence post électorale.

Yoro SOW

Source : aBamako

aBamako

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