Après la proclamation des résultats provisoires du 1er tour: Le collectif de 20 candidats à l’élection présidentielle exige la démission du ministre Mohamed Ag Erlaf

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Furieux de la fraude électorale, le Collectif des 20 candidats à l’élection présidentielle exige le recomptage contradictoire des voix et la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote, la publication de la liste exhaustive des localités et des bureaux de vote où le scrutin n’a pas pu se tenir, la publication de la situation réelle du vote par procuration. «Nous en appelons à la mobilisation et au rassemblement du peuple malien pour faire échec à ce qui se trame: un coup d’état électoral », demande ledit collectif qui était face à la presse hier, lundi 6 août 2018, à la Maison de la presse de Bamako.

Par ailleurs, le collectif des candidats à l’élection présidentielle exige la démission du ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation, Mohamed Ag Erlaf qui, selon le collectif, est le principal responsable du hold-up électoral. En outre, le collectif invite les populations de Bamako et Kati à participer massivement au grand meeting de dénonciation de la fraude et de défense de la démocratie, ce mardi 7 août 2018 à partir de 16 heures au Palais de la Culture de Bamako.

Au total, 20 candidats à l’élection présidentielle ou leurs représentants étaient face à la presse hier pour contester les résultats du 1er tour proclamés le jeudi 2 août 2018 par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Ces 20 candidats sont entre autres : Mamadou Diarra, Mamadou O Sidibé, Mamadou Traoré, Modibo Koné, Daba Diawara, Modibo Kadjoké, Housseni A Guindo, Mountaga Tall, Moussa S Coulibaly, Hamadoun Touré, Dramane Dembélé, Oumar Mariko, Kalifa Sanago, Adama Kanè, Modibo Sidibé, Aliou Diallo, Mohamed A Bathily, Soumaïla Cissé, Choguel K Maïga et Niamakoro Y Samaké. « Depuis l’annonce des résultats provisoires du premier tour de l’élection présidentielle du 29 juillet par le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le jeudi 2 août, nous avons la confirmation que le pouvoir sortant est prêt à tout pour bafouer la volonté du peuple malien et fausser les résultats de cette élection.

Nous assistons en fait à une tentative d’un véritable hold-up électoral. Bourrages d’urnes massifs dans le nord et le centre du pays, cartes d’électeurs indisponibles dans de nombreux bureaux de vote, fichier électoral mis en ligne vicié, trafic de procurations, irrégularités durant l’ensemble du processus de transmission et de compilation des résultats, incohérences flagrantes entre les suffrages exprimés en pourcentage et le nombre de voix attribuées, égarements de procès-verbaux de dépouillement, impossibilité de vérifier le nombre exact de localités dans lesquelles le scrutin ne s’est pas tenu..., la liste est accablante pour le Gouvernement en charge d’organiser ce scrutin », rapporte la déclaration du Collectif des candidats à l’élection présidentielle relative aux résultats provisoires du 1er tour lue par le candidat Soumaïla Cissé.

Dans cette déclaration, le collectif a fait savoir que les résultats provisoires annoncés ne reflètent pas le vote des Maliennes et des Maliens. Et d’ajouter qu’ils ne sont ni sincères ni crédibles. Aux dires du collectif, ce sont des résultats manipulés. « Le 31 juillet dernier, nous faisons remarquer que le scrutin avait été émaillé de graves et multiples anomalies sur l’ensemble du territoire national, notamment : l’utilisation abusive des moyens de l’Etat par le président de la République sortant, candidat à sa propre réélection, la propagande de l’ensemble du Gouvernement sur le prétendu bilan du président de la République faussant ainsi de façon flagrante l’égalité de traitement des candidats en période électorale notamment par les médias publics, le retrait massif de cartes d’électeur par des personnes non titulaires et non habilitées, la corruption et achat du vote des électeurs à ciel ouvert, le bourrage d’urnes et attribution de résultats fantaisistes à des candidats, l’absence des cartes d’électeur non distribuées dans de nombreux bureaux de vote en violation de la loi électorale, l’utilisation frauduleuse de certaines cartes d’électeur non retirées, le non affichage de listes électorales devant certains bureaux, l’utilisation illégale de procurations dans certains bureaux de vote, le port de T-shirts et casquettes par les partisans du candidat Ibrahim Boubacar KEITA au cours notamment de son meeting électoral tenu le 23 juillet 2018 à Libreville (Gabon), de graves perturbations des opérations électorales au Gabon et en France », a déclaré l’honorable Soumaïla Cissé.

Un grand meeting contre la fraude ce mardi au Palais de la Culture
Outre les recours en annulation déposés auprès de la Cour Constitutionnelle par plusieurs candidats, le Collectif exige le recomptage contradictoire des voix et la publication des résultats bureau de vote par bureau de vote, la publication de la liste exhaustive des localités et des bureaux de vote où le scrutin n’a pas pu se tenir, et du nombre d’inscrits concernés. Selon Soumaïla Cissé, tant que cette liste n’est pas connue et vérifiée par les missions d’observation, le pouvoir peut en toute impunité produire des résultats dans des bureaux de vote officiellement ouverts mais dans lesquels les électeurs ne s’y sont pas rendus faute de sécurité. Le Collectif exige une clarification sans ambiguïté de la communauté internationale et du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation au sujet du fichier électoral mis en ligne par la délégation générale aux élections (DGE).

Le Collectif demande une vérification contradictoire du logiciel de compilation qui échappe à tout contrôle et que les différentes missions électorales d’observation n’ont pu véritablement auditer malgré les engagements pris lors de la rencontre avec le Premier ministre, le 28 juillet dernier.
Le Collectif exige aussi la publication du rapport de la CENI (Commission électorale nationale indépendante) sur le 1er tour, la publication de la situation réelle du vote par procuration. « Solennellement et dans un esprit de responsabilité, nous en appelons donc à la mobilisation et au rassemblement du peuple malien pour faire échec à ce qui se trame : un coup d’état électoral.

Le Mali mérite mieux que cette comédie électorale sur fond de fraude à huis clos. Les Maliennes et les Maliens ont droit à la vérité des chiffres. Nous en appelons aussi à la communauté internationale pour qu’elle prenne ses responsabilités et qu’elle n’attende pas la fin du processus électoral pour dénoncer les graves dysfonctionnements qui entachent cette élection présidentielle. Si ces conditions ne sont pas remplies et si chacun ne prend pas toutes ses responsabilités, nous en tirerons toutes les conséquences.

Le pouvoir sortant en portera l’entière responsabilité. Nous en appelons enfin à la mobilisation de toutes les Maliennes et de tous les Maliens de bonne foi, soucieux de l’avenir du pays et du respect de la démocratie. Le camp du changement, le camp du Mali est majoritaire. Il ne se laissera pas voler sa victoire », révèle la déclaration du Collectif.
Par ailleurs, le collectif des candidats à l’élection présidentielle exige la démission du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, qui, selon les candidats, est le principal responsable du hold-up électoral.

Le Collectif des candidats invite les populations de Bamako et Kati à participer massivement au grand meeting de dénonciation de la fraude et de défense de la démocratie, le mardi 7 août 2018 à partir de 16 heures au Palais de la culture de Bamako.
En réponse aux questions des journalistes, le candidat Mohamed Ali Bathily a mis l’accent sur la récusation des membres de la Cour constitutionnelle. Pour sa part, le candidat Hamadoun Touré a fait savoir qu’il est temps que les Maliens se réveillent.

Quant au candidat Choguel Kokalla Maïga, il fit savoir qu’il y a eu bourrage d’urnes car il est difficile d’avoir 33 000 votants à Ménaka. Le candidat Mountaga Tall a invité les autorités maliennes à respecter la loi électorale et la volonté des Maliens exprimée dans les urnes. «Nous voulons la vérité », a-t-il dit. Le candidat Oumar Mariko a précisé que les décomptes des voix n’ont pas été faits dans les normes. Il a invité l’Etat au respect de la loi électorale, dénoncé l’ «incompétence » de ceux qui ont la charge d’organiser les élections.

Enfin, l’honorable, Soumaïla Cissé, chef de file de l’opposition a signalé qu’il y a eu 24 000 voix non attribuées à Kati et 15 000 voix en Côte d’Ivoire. «Nous ne pouvons pas prendre l’élection présidentielle comme un jeu. A l’heure de l’informatique, on n’est pas capable de donner les résultats bureau de vote par bureau de vote », a dit le président-candidat de l’URD. Il a déploré le fait que le ministre de l’Administration fait campagne avec le président sortant à Kidal. Par ailleurs, il a exprimé sa solidarité à la radio Renouveau FM fermée par les autorités maliennes.

Aguibou Sogodogo

Source : aBamako

aBamako

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