Edito : leçons d’un scrutin

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Hier, de nouveau, nous nous sommes rendus aux urnes. De nouveau, il s’agissait de se prononcer entre l’immobilisme et l’espoir de changement.

Le président sortant, candidat à sa propre succession, a promis, de restaurer l’autorité de l’Etat sur la totalité du pays avec la libération du Nord du Mali. La même promesse qu’en 2013.

Le président-candidat défend son bilan : des kilomètres de routes bitumées, des milliers de logements sociaux, l’hydraulique villageoise, l’électrification de localités rurales, le stock alimentaire de sécurité renforcé, un début de restauration des forces armées et de sécurité… Pour mieux renforcer ces acquis, il ne cesse de renvoyer à la situation dans laquelle se trouvait le pays au moment où il arrivait aux affaires, situation qu’’il estime catastrophique. Mais, à y regarder de près, ce renvoi le dessert plus qu’il ne le sert. Il est venu aux affaires trouvant un terrain tout balisé par la CEDEAO avec la présence de l’Administration et de l’Armée sur la totalité du territoire national. Et par la suite, cette remarquable avancée a été perdue avec la perte de Kidal.

Aujourd’hui, il ne fait nul doute que le peuple malien aspire au changement. Le président-candidat en est lui-même convaincu qui promet, en cas d’élection, un autre Mali. Mais, on le sait, à la suite de Jacques Chirac : « Les promesses électorales n’engagent que ceux qui y croient. » Une concurrence constituée par vingt-trois candidats s’est constituée contre lui.

D’autres candidats ont appelé à voter pour lui au second tour. Certains, plus futés, ont préféré un jeu plus subtil, se déclarant opposé tout en laissant la porte ouverte à des possibilités de négociations ultérieures. Chefs de parti, ils se refusent à donner des consignes de vote pour le second tour tout en laissant le soin aux instances dirigeantes de leur regroupement le soin d’appeler à voter pour tel candidat.

Une opposition est restée unie autour du candidat pressenti comme celui de la rupture. Ils ne se font pas d’illusion, les jeux sont déjà faits, le vainqueur de la consultation d’hier est déjà connu. Cependant, entre la cohérence dans les choix et l’opportunisme, ils ont choisi d’appeler à voter contre l’immobilisme, pour l’espoir.

Hier, il s’agissait de trancher entre deux candidats. Mais, par-delà des deux candidats, il s’agissait de choisir entre l’espoir d’une reprise des négociations pour restaurer l’Etat dans sa plénitude et les dangers d’un enlisement laissant une bonne partie du territoire à l’abandon, une bonne partie de nos concitoyens dans l’angoisse.

Aujourd’hui, il reste au peuple d’avoir foi en des jours meilleurs. Sur ce point, deux candidats se sont prononcés, l’un, pour inviter au démantèlement de la machine de fraude mise au point depuis les années ADEMA, l’autre, pour inviter à continuer à se faire confiance. Le Mali est un pays de vieille civilisation, les Maliens sont un grand peuple. Assurément, ils finiront par vaincre, restituant à la Patrie « son honneur, sa dignité et sa souveraineté. »

La rédaction

Source : aBamako

aBamako

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