Politique pénitentiaire au Mali: une vision nationale en gestation

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Le ministre de la Justice, garde des sceaux, Hamidou Younoussa Maiga, a procédé, hier mercredi, à l’Institut national de formation judiciaire (INFJ), au lancement des travaux de validation de l’avant-projet de politique pénitentiaire au Mali. Il s’agit de doter le Mali d’un document de politique nationale de l’administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée exprimant une stratégie à court, moyen et long termes de renforcement de ses capacités à assurer efficacement sa double mission de garde et de réinsertion des personnes qui lui sont confiées par l’autorité judiciaire.

Outre le ministre de Justice, la cérémonie d’ouverture des travaux a enregistré la présence du directeur national de l’INFJ, Ibrahim Tounkara, des directeurs des services pénitentiaires du pays. On y notait également la présence des partenaires techniques et financiers, dont l’apport est inestimable dans l’amélioration de la justice au service des justiciables de notre pays.
M. Tounkara, qui a beaucoup apprécié l’initiative, a souhaité la bienvenue aux participants avant de saluer et remercier les partenaires et les autorités du Mali pour les efforts louables en faveur du respect des droits humains en milieu carcéral. Il a mis l’accent sur les problèmes qui persistent encore en matière d’administration pénitentiaire et d’éducation surveillée au Mali, malgré les efforts déployés. Il s’agit entre autres, dit-il, de la gestion des ressources humaines, l’engorgement de certains centres de détention, la réinsertion des détenus, les droits des détenus.
Selon le ministre de la Justice, l’élaboration d’une politique nationale pénitentiaire vise à donner une orientation générale aux actions des services de l’administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée permettant de répondre efficacement aux principes ci-après : l’existence d’établissements pénitentiaires répondant aux normes internationales ; l’élaboration et l’adoption des textes fondamentaux sur le service pénitentiaire de l’éducation surveillée ; l’amélioration des droits fondamentaux des détenus ; le recrutement massif et la formation et de sécurité ; l’emploi d’un personnel pluridisciplinaire et qualifié.
Cet atelier fait suite à l’atelier de validation des termes de référence de ladite étude, à Ségou, sous la conduite d’un expert international recruté, à cet effet. Cet atelier de la capitale des Balazans a permis de faire un diagnostic partagé des besoins et de se fixer une vision à court, moyen et long terme.
Participent à cette dernière rencontre, les cadres de l’administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée de la direction nationale, les directeurs régionaux de l’administration pénitentiaire et de l’éducation surveillée, les responsables des services rattachés, l’expert international et les représentants des PTF.
Cet atelier de deux jours (mercredi et jeudi) sur l’élaboration de l’avant-projet de politique pénitentiaire et d’éducation surveillée rentre dans le cadre du Projet d’Appui à la Justice au Mali (PAJM) qui vise à appuyer une réforme structurelle de la justice dans ses différentes composantes.
Le programme P AJM se divise en 3 composantes : amélioration des performances des structures judiciaires ; refondation des valeurs de justice et de lutte contre l’impunité, l’amélioration de l’accessibilité à la justice).
La dernière composante prend en compte notamment l’amélioration des droits et des conditions de vie des détenus afin de garantir un meilleur respect des droits de l’homme. Les activités prendront en compte la réhabilitation des locaux de la Maison Centrale d’Arrêt de Bamako et du Centre spécialisé de détention, de rééducation et de réinsertion pour mineurs de Bollé. Le personnel pénitentiaire de la Maison Centrale d’Arrêt de Bamako recevra des formations sur le respect des droits de l’homme.

Par Sidi DAO

Source : aBamako

aBamako

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