Rencontre décisive entre la mairie de Néguela et les agriculteurs du village de Mariko II : Que retiendra l’histoire de ces problèmes entre agriculteurs et éleveurs de cette zone ?

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Suite à la publication d’un article du journal Le Pays, concernant les difficultés auxquelles sont quotidiennement confrontés les agriculteurs de Neguela et environs, à cause des troupeaux des éleveurs qui saccagent leurs champs entrainant ainsi la famine dans ces zones rurales, le maire de la localité, Gaoussou Nanacassé, accompagné de son staff a, le vendredi 31 août 2018, organisé une séance d’échange dans le village de Mariko II, en présence de tous les notables. Occasion saisie par le maire pour appeler au calme et à l’union sacrée pour tenter de trouver une solution ensemble, non sans exprimer son incapacité à faire face, seul, à ces situations malheureuses, compte tenu de leur complexité.

À cette rencontre étaient présents, entre autres personnalités, le 2ème adjoint au maire de Néguéla, Mamadou Samaké, le fils de l’ancien chef du village de Neguela, Boubacar Sidibé, le secrétaire général de la mairie, Me Guindo, et le maire Gaoussou Nanacassé, en plus des notables de Mariko II. Après les mots de bienvenue du chef de village de Mariko II, Koulou Diarra, et la traduction de l’ancienne parution du journal Le Pays sur les problèmes entre les agriculteurs et les éleveurs de l’arrondissement de Neguela par le secrétaire général de la mairie dudit village, le vieux Sékou Coulibaly a, pour témoigner les dires, sollicité du Maire Gaussou Nanacassé et son staff, d’aller d’abord voir l’état de la destruction d’un champ par des bœufs appartenant aux Peulhs éleveurs, avant toute ébauche d’échange. Chose qui n’a pas fait l’unanimité de la part de l’équipe du maire venue s’enquérir des préoccupations des populations déçues des actes insupportables des peulhs détendeurs de ces bœufs, causant ainsi la famine dans ces zones vivant à 100% de l’agriculture depuis belle lurette.

Présent sur scène comme victime frustrée de l’indifférence des autorités maliennes, Mamourou Diarra a mis l’occasion à profit pour cracher ses vérités: « On est déçu de l’inaction du maire par le fait qu’il n’a pas pleinement joué son rôle avant la remontée de l’affaire au tribunal, après avoir appris l’annonce, via des appels téléphoniques, de la détention du jeune Soumaila Diarra par le tribunal de Kati pour avoir quitté son champ et aller chercher le propriétaire des bœufs destructeurs de son champ. Il a été poursuivi par l’éleveur peulh, arme blanche en main, dans l’intention d’attenter à sa vie. Il a été sauvé grâce à l’entremise de son jeune frère qui n’a pas hésité à ouvrir le feu, blessant ainsi le peulh ».

Dans sa lancée, il annonce sans sourciller l’intention de continuer à se battre, avant d’affirmer : « Je ne vois aucunement de mal dans les propos écrits par le journal Le Pays. Tout le monde doit reconnaitre que ces propos n’émanent d’autres personnes que des villageois, victimes de l’indifférence des autorités maliennes face à ce sérieux problème qui empire la situation des pauvres agriculteurs par la création d’un chaos de famine, pour qui connait comment ceux-ci font pour la protection de leurs champs à l’heure actuelle ».

Pour Moussa Diarra et Siaka Camara, on ne peut douter que l’agriculture prendra fin dans les jours à venir car beaucoup de champs sont actuellement abandonnés par les agriculteurs à cause des éleveurs et leurs bœufs. Chose qui, selon eux, témoigne à suffisance que ces villages faisant partie de l’arrondissement de Neguela vont être astreints à abandonner leurs terres patrimoniales aux peulhs éleveurs qui laissent divaguer leurs bœufs dans ces coins de brousse pour paître jusque dans les champs. C’est pourquoi, ces villageois lassés de cette problématique, ont, devant le maire Gaoussou et son staff, réitéré leur détermination à, ensemble, mener tous les combats possibles pour la protection de leurs champs exposés à tous les risques de saccage par les animaux des éleveurs connus de tous.

Pour calmer les esprits et éviter les incompréhensions, le 2ème adjoint au maire, Mamadou Samaké, dira : « Tout ce que vous direz concernant ce sujet préoccupant, nous, en tant qu’élus et désignés par vous, accepterons. Et c’est pour vous que nous sommes là aujourd’hui pour parler et chercher à apporter des remèdes aux difficultés citées et connues de nous tous dans ces 20 dernières années ».

Pour sa part, Boubacar Sidibé, voyant l’incapacité du présent maire Gauoussou Nanacassé qui veille d’ailleurs dans son champ nuitamment tout comme ces agriculteurs de Mariko II pour la protéger des bœufs appartenant aux éleveurs, appelle la population concernée à « l’union et au rassemblement pour l’atteinte de leur objectif ».

Pour finir, le maire Gaussou Nanacassé dit être conscient de ces difficultés et soutient l’implication de tout le monde dans cette affaire, parce qu’inapte lui seul à libérer les agriculteurs de la présence incontrôlée dans leurs champs de ces bœufs des éleveurs impunis.

A noter que tout bon gouvernement chercherait à se passer de situations pareilles, en mesure d’occasionner des conflits que le Mali pourrait bel et bien éviter en faisant respecter les droits de tout un chacun.

Mamadou Diarra, stagiaire

Source : aBamako

aBamako

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