Hier, lors de son meeting devant la bourse du travail, Soumaila Cissé persiste et signe : « A compter de ce jour, Ibrahim Boubacar Keita n’est plus notre président »

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La contestation des résultats continue. Après l’investiture d’IBK hier, mardi 4 septembre 2018, dans la matinée, le camp Soumaila Cissé a, à travers un meeting tenu devant la Bourse du travail dans la soirée, déclaré ne plus reconnaitre ce dernier comme président de la République à partir du 03 septembre à 00H 00. Le chef de file l’Opposition a profité de l’occasion pour inviter ses partisans à rester mobilisés jusqu’à ce que les résultats de leurs votes leur soient restitués.

« Nous ne cesserons jamais de réclamer notre victoire, celle des urnes. Soumaila Cissé est le président élu par le peuple malien. Aucune intimidation ni menace ne nous fera dévier de notre combat pour la démocratie », a déclaré le Maitre de cérémonie, Nouhoum Togo, d’entrée de jeu. Devant des candidats à l’élection présidentielle, Tiebilé Dramé, Choguel Kokalla Maiga, le représentant du chérif de Nioro, Konimba Sidibé, et devant plusieurs milliers de citoyens, le secrétaire à l’Organisation et la Communication du PDES dira qu’il n’est pas question d’arrêter ce combat pour la vérité des urnes.

Dans son intervention, celui que beaucoup de gens appellent « le stratège », Tiebilé Dramé, a été précis : « Lors du second tour de l’élection présidentielle, le peuple souverain du Mali a choisi l’Alternance et le changement en élisant Soumaila Cissé », déclare-t-il, avant d’ajouter : « Mais le président sortant n’a pas eu le courage de faire ce que Soumaila Cissé a eu à faire en 2013 en allant le féliciter avec son épouse et ses enfants ».

Le directeur de campagne de Soumaila Cissé estime qu’IBK a utilisé les moyens de l’Etat pour une investiture qui n’en est pas une. « La prestation de serment de ce matin est nulle et sans effet », a-t-il dit haut et fort. Pour cet acteur du mouvement démocratique, il y a vacance de pouvoir à partir du 3 septembre à minuit.

Pour sa part, le président du MPR a félicité le peuple malien qui, malgré les menaces, arrestations arbitraires, intimidations, a toujours réclamé les résultats de son vote. Avant de terminer, l’ancien ministre de l’Economie numérique et de la communication remonte les bretelles à certains chefs d’Etat qui se sont empressés de féliciter IBK avant même les résultats définitifs. « Ceux qui ont, étant à l’étranger félicité IBK, n’ont pas de respect pour la souveraineté du Mali ».

Très confiant du peuple qui le soutient, avec un sourire d’espoir, Soumaila Cissé affiche sa détermination dans la réclamation de sa victoire et convainc ses partisans. « Notre lutte pour la justice, la vérité et la liberté ne fait que commencer ! », déclare-t-il, avant d’ajouter : « Vous ne transigerez pas avec vos principes et vos valeurs. On ne vous volera pas votre vote, le vote du peuple souverain du Mali ! ».

Le président de l’URD a rappelé l’occupation par les Maliens de France, depuis le lundi dernier, du consulat du Mali à Paris. « Ils sont sur le chemin de l’honneur et de la vérité. Nous sommes fiers de vous », leur rend-t-il hommage, avant de les inviter à rentrer maintenant à la maison.

Parlant des résultats de la présidentielle, le chef de file de l’Opposition a été clair : « Non, ce n’est pas l’abstention ou je ne sais quel déficit de mobilisation de nos électeurs qui expliquent des résultats fabriqués par un gouvernement fraudeur et validés par une Cour constitutionnelle inféodée ! », a-t-il martelé. Aussi, ajoute-t-il, ces résultats sont le fruit de bourrages d’urnes massifs, de mise en circulation sous le manteau de cartes d’électeurs, de trafic de procurations et de votes doubles à grande échelle, « Voilà les faits et la vérité. Toute autre explication n’est que mensonge et trahison », a précisé le député élu à Niafunké. Pour lui, ceux qui ont osé publier et valider des participations de 100 % et des scores de 100 % en faveur d’Ibrahim Boubacar Keita dans une multitude de bureaux de vote, ont signé leur crime contre la démocratie malienne.

Soumaila Cissé garde espoir

A l’en croire, son camp est uni et ne lâchera rien. Il estime qu’ils finiront par gagner et triompher car ils sont majoritaires dans le pays. Ce n’est pas tout, il affirme que le régime n’a plus aucune légitimité à compter de ce jour. Il n’en décolère pas et déclare : « Oui, à compter de ce jour, je le dis haut et fort, Ibrahim Boubacar Keita n’est plus notre président. Il n’est plus que le chef d’un clan qui s’accroche au pouvoir par la corruption, la fraude et la violence », dit-il, avant de qualifier l’investiture d’IBK d’hier d’une imposture.

Le chef de file de l’Opposition clashe aussi la Cour constitutionnelle et la Cour suprême : « Notre Cour Suprême, après la dernière requête de nos avocats démontrant la forfaiture de la Cour Constitutionnelle, a raté l’occasion de rentrer dans l’histoire démocratique du Mali par la grande porte », martèle-t-il, sans détour et ajoute : « Les mensonges du gouvernement et le déni de justice de la Cour Constitutionnelle finiront par éclater au grand jour et ils seront couverts de honte devant notre peuple, devant l’Afrique et le monde ! ».

Soumaila Cissé dénonce les violations des droits de ses partisans par le régime IBK

Aux dires du président de l’URD, comme si la fraude ne lui suffit pas, le régime IBK censure des médias privés, lance sa « police politique » sur les militants et intimide les partisans de l’alternance. Pour Soumaila Cissé, Paul Boro, Moussa Kimbiri et Bourama Diarra, conseiller URD arrêté hier, sont des prisonniers politiques.

Avant de clore, le chef de file de l’Opposition appelle ses partisans à un large mouvement national de résistance pacifique et démocratique pour défendre le droit, la démocratie et le vote du peuple malien.

Boureima Guindo

Source : aBamako

aBamako

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