La CNDH sur le terrain pour s’enquérir des conditions carcérales

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Dans la cadre de sa mission qui est, la protection et la promotion des Droits de l’Homme, deux équipes de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) séjournent actuellement dans la région de Sikasso en vue de s’enquérir des conditions de détention dans les prisons et tout autre lieu de privation de liberté.

Le président de la CNDH, Dr Malick Coulibaly est à la tête de la première délégation et la seconde a pour chef de mission la vice président Mme Djourté Fatimata DEMBELE.

L’équipe dirigée par Mme Djourté, s’est rendue le Lundi 3 Septembre 2018 à la prison de Sikasso. Le constat dans cette prison est que, des efforts sont fournis dans le cadre du respect des Droits de l’Homme.

Tout d’abord le personnel pénitentiaire accueille avec enthousiasme les organisations de défense des Droits de l’Homme, tel n’était pas le cas il y a quelques années.

Parlant des efforts de respect des Droits de l’Homme, on peut citer la notification des droits du prévenu depuis sa première audition. Il est présenté à un médecin de son choix en cas de maladie. Les lieux de détention sont aussi humanisés maintenant grâce aux efforts de l’Etat et ses partenaires.

Dans la prison de Sikasso, il y a une infirmière, un poste de garde et un magasin de vivres. L’Etat donne un kit semestriel composé de nourritures habillements, savons etc. Le Centre de Santé de Référence de sikasso vient en aide aux personnes incarcérées en matière de soins de santé. L’ONG, Prisonniers Sans Frontières aussi vient souvent au secours, en donnant de ravitaillement lors de leurs visites dans la prison. Le CICR, CARITAS Mali sont aussi des partenaires de la prison et apportent tous, leur concours pour l’entretien des détenus.

Dans la prison de sikasso tout n’est pas luisant. Le premier aspect qui saute à l’oeil, est la vétusté de la prison qui a été construite depuis 1925, l’époque coloniale. Elle avait été construite pour 50 prisonniers et au moment du passage de la délégation de la CNDH, il y avait 194 prisonniers. Donc le surpeuplement est une réalité dans cette prison. Il faut aussi souligner quelques cas de dépassement de délai de détention dû à la grève des magistrats. Le cas le plus déplorable est celui d’un détenu qui est en prison depuis 2011, plus de 7 ans sans jugement. Cela constitue une violation inouïe des Droits de l’Homme.

Dans la prison de Sikasso, les prévenus et les condamnés sont gardés dans les mêmes cellules. On compte six (6) cellules pour adultes, un quartier pour mineurs et un quartier pour les femmes. les cellules pour les adultes mesurant 5,16 mètres de longueur pour 3,60 mètres de largeur avec chacune des fenêtres de 1,50 mètres de longueur sur 0,70 mettre de large abritent chacune plus de 40 prisonniers. Dans cette prison, il n’y a pas un fonds pour l’habillement des prisonniers alors que cette rubrique habillement des prisonniers existe au niveau du budget du Ministère de la Solidarités. La question que l’on se pose, Où va cette somme, seules les autorités en charge de la gestions de ce fonds pourront répondre à cette question.

La prison de Sikasso est dans le camp des gardes, mais le régisseur a assuré de la bonne cohabitation de ces deux structures. La prison de Sikasso n’a pas de mirador, ce besoin a été souligné par le régisseur.

La CNDH toujours dans le cadre de la protection et promotion des Droits de l’Homme se soucie beaucoup des conditions de travail du personnel pénitentiaire également, c’est pourquoi, elle a recensé des besoins en formation, équipements etc.

Face à cette situation, le gouvernement du Mali et ses partenaires sont appelés à redoubler d’efforts pour que le respect des Droits de l’homme puisse être une réalité dans le milieu carcéral au Mali.

Fsanogo depuis Sikasso pour aBamako.com

Source : aBamako

aBamako

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