Départ de Maouloud Ben Kattra du gouvernement : La récompense de l’amateurisme

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Trop distrait, l’homme n’avait jamais pris au sérieux la gestion de la chose publique s’adonnant ainsi à un amateurisme sans égal. Maouloud Ben Kattra, ancien ministre de l’emploi et de la formation professionnelle, ne doit aucun remord après son départ du gouvernement. Il fait les frais d’un ensemble de péchés politiques par lui commis.

Le premier de ces péchés est les conditions difficiles dans lesquelles a été nommé un nouveau DG à l’APEJ. Soit moins de deux mois après son entrée au gouvernement en fin Avril 2017, en mai 2017, Maouloud Ben Kattra, et sans motif concret, fit relever de son poste M Amadou Cissé, alors DG de l’APEJ, bosseur selon les agents de l’Apej. Après ce départ le poste de DG de l’APEJ resta vacant, non par manque de compétences, mais pour cause des manœuvres malsaines dont Ben Kattra lui seul avait les secrets.

A l’origine de ce désordre des ‘‘innovations’’ apportées par Ben Kattra qui voulait imprimer sa marque. Il avait à l’époque exigé que celui ou celle qui souhaite postuler pour le poste du DG de l’APEJ, devait obligatoirement avoir 40 ans, pas moins. La décision à l’époque a irrité la jeunesse qui décida d’attaquer Ben Kattra devant les tribunaux. La jeunesse avait compris que cette décision du ministre visait uniquement à nommer un de ses proches. Suite à la pression juvénile Ben par peur, revint sur sa décision, fixa l’âge à 35 ans au lieu de 40 et en décembre 2017 un DG sera enfin nommé. Décembre 2017-mai 2018, Mamadou Fofana ne sera DG que pendant 6 mois, car notre super ministre avait un agenda caché : nommer un très proche dont le père aurait choisi de logeur. ‘‘Le problème c’est Ben Kattra lui-même’’, soutiennent alors en conclusion les observateurs de la scène.

Insupportable et amateur

Son départ, semble-t-il, a été fêté dans les coulisses au ministère de l’emploi et la formation professionnelle. Du moins par ceux-là qui ne se sentaient pas sous son couvert et qui voyaient leurs postes menacés au jour le jour. Syndicaliste de talent, Ben Kattra, nous confie-t-on, souhaitait avoir un contrôle sur tout ce qui l’entoure. Une raison principale, dit-on, du départ sans motif des principaux DG de l’APEJ. Cette vache laitière sur laquelle Ben Kattra voudrait avoir la main mise pour mieux entretenir ces nombreux clubs de soutien au président de la République. Il s’avère par la suite que ses clubs n’étaient que fictifs et n’existaient véritablement que sur les feuilles.

Exactement, c’est à travers la création et l’animation de ces clubs de soutiens que l’on s’est finalement rendu compte de l’amateurisme qu’incarnait cet homme. Malgré qu’il soit un averti du web et des vidéos, Ben Kattra reste le seul ministre ‘‘vidéoman’’ de l’histoire de la République Mali. Autrement dit, le monsieur contribuait plus à l’activisme virtuel qu’à accomplir la mission qui lui était confiée.

Sans repaire

Enseignant de carrière, l’homme s’était fait une excellente réputation dans le domaine du syndicalisme jusqu’au jour où il décida de rejoindre le gouvernement. En partant il n’avait pas demandé l’avis de ses camarades syndicalistes qui n’ont pas d’ailleurs tardé à manifester leur colère. De ce fait, il est désormais impossible pour Ben Kattra de retourner dans ce combat syndicaliste. Et par là, l’on comprend avec aisance pourquoi Il avait toutes les raisons de se comporter ainsi à travers les clubs de soutien. Aucune base en son nom, l’homme est désormais un ‘‘orphelin’’ sur la scène politique malienne ne sachant pas où aller, à condition qu’il retourne à la craie. Un ancien ministre au tableau devant les élèves ? Pas très honorant. Du moins, disons-nous, il est tout de même libre de faire des appels vidéo !

Le baroud d’honneur ?

Quelques heures seulement après son éviction du gouvernement, le désormais ex ministre de l’emploi, les yeux rouges se donne à un spectacle via les réseaux sociaux. Spectacle au cours duquel il félicite le président de la République ainsi que le PM pour la confiance portée en lui. Il réitère son soutien et celui de ses clubs au gouvernement et explique à ses fans d’’attendre voir ce qui lui sera fait très prochainement.

Il n’en pouvait être autrement, car sans véritable point de chute, le créateur des 200 000 emplois ne peut que procéder à une séduction. Histoire de se faire un autre poste car, avec le statut de ministre de la République, le train de vie s’élève…

Affaire à suivre !

Djibril Samaké

Source : aBamako

aBamako

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