Chérif de Nioro : « IBK n’est pas mon président »

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Vu la situation tendue entre le chérif de Nioro et le régime en place, des hommes politiques et quelques médias dont la radio RFM du Grand Saxe sont allés à la rencontre de ce grand leader religieux pour s’entretenir avec lui sur sa relation avec IBK, mais aussi et surtout pour s’enquérir des mesures qui ressemblent à des représailles du pouvoir, notamment la fermeture de ses magasins par les autorités et enfin solliciter les prières du Saint homme pour un Mali meilleur. Cette occasion a été saisie par Chérif Bouyé pour montrer à la communauté nationale et internationale que tout le problème du Mali relève de la responsabilité de la famille d’IBK. Lisez l’entretien !

Mamadou Djadié Sacko dit Saxe : Comment avez-vous fait la connaissance d’IBK ?

Bouyé Haidara : j’ai connu IBK quand il était dans le gouvernement d’Alpha Oumar Konaré. Un homme que je ne connaissais point, mais que je n’aimais pas du tout. La cause de cette haine est qu’il avait provoqué volontairement un conflit à Nioro sans aucune cause valable. En effet, nous nous sommes réveillés le matin et trouvé les soldats tirant dans tous les sens à l’intérieur de la ville. Dès lors, je me suis fait une idée sur ce qui pouvait bien être la cause de ce conflit. Quelques jours auparavant, le président Konaré m’avait envoyé un émissaire avec une somme de 100 000 FCFA que j’ai refusé de prendre. Ce refus ayant choqué l’envoyé, celui-ci avait laissé entendre que mon comportement pouvait entrainer des conflits. Sans faire marche arrière, je lui signifiais que si c’était le cas, le conflit était alors déjà provoqué puisque je n’accepterai jamais pas cette somme.

Quant à mes raisons du refus de la somme, c’est qu’Alpha n’a jamais cherché à me connaitre depuis qu’il était installé au pouvoir. Pire, j’ai perdu ma sœur, il ne m’a envoyé aucun message de condoléances.

Ce qui m’a le plus fait mal dans cette situation, c’est que personne dans le gouvernement, à part IBK, ne s’est prononcé sur cette affaire. C’est pendant ces temps que nous nous sommes bien connus jusqu’à ce qu’il m’amène en traitement quand j’étais tombé malade. C’est au cours de ce traitement que j’ai également rencontré Alpha pour la première fois. J’ai accepté l’offre d’IBK parce qu’il m’a supplié longtemps pour que je pardonne au gouvernement pour l’acte commis. Si j’avais refusé cette offre, on pouvait le comprendre autrement. Cette connaissance entre IBK et moi s’est maintenue jusqu’à ce que Alpha l’ait mis hors de son gouvernement au sein duquel il occupait le poste de Premier ministre. Cette situation l’avait beaucoup choqué, malgré que je l’eusse averti.

Depuis ces temps jusqu’à maintenant, il n’a jamais rien entrepris sans me tenir informé au préalable. C’est pourquoi je l’ai même beaucoup appuyé lors de la présidentielle de 2013 et quand il est devenu président, il s’est rendu jusque chez moi pour que je prie pour lui. Chose que j’ai faite tout en lui prodiguant des conseils. Juste après ces conseils, la première personne à qui il s’est prise a été un de mes enfants, que les militaires ont très bien tabassé. Mais je ne lui ai jamais montré que j’étais énervé pour ça, bien vrai que je pouvais bien agir car depuis qu’il était dans le gouvernement d’Alpha, je lui avais signifié que si un gouvernement me déclarait la guerre, je pourrais aussi lui en déclarer.

Depuis lors, IBK a commencé à dérouter. Tout compte fait, je reste convaincu que beaucoup de ces bêtises se font à son insu. Ce n’est qu’après qu’il se rend compte et décide alors de garder le silence. Je connais bien la personnalité d’IBK, je sais qu’il n’osera pas agir comme il est en train de le faire. Tous les problèmes auxquels nous assistons ne viennent que de son enfant et de sa femme. Tous les mauvais agissements dans ce pays relèvent de la responsabilité de sa famille et non de lui-même. Je connais bien son enfant et sa femme à travers ce que lui-même m’a raconté d’eux. Ce sont de mauvaises personnes. Ce qui est sûr, aujourd’hui, même si tout le Mali se mettait à soutenir la cause d’IBK, moi, je ne le soutiendrai plus jamais. Je ne suis dans aucun parti politique et je ne prétends intégrer aucun gouvernement, je reste juste animé par un sentiment humaniste. Je sais que ce que nous recherchons dans ce pays, IBK n’est pas capable de nous le donner.

En ce qui concerne la fermeture récente de mes magasins, la population de Nioro avait envisagé de marcher. Mais je leur ai fait comprendre que si ça ne tenait qu’à moi, elle n’allait pas manifester pour cette cause. Cette fermeture ne gâche absolument rien, attendons qu’IBK me touche au cœur, c’est en ce moment qu’il saura qui je suis. Ça fait justement 14 ans que Nioro est abandonné par le gouvernement, mais c’est grâce à moi qu’aujourd’hui qu’il existe un ouf de soulagement dans cette zone. Je viens en aide aux fonctionnaires de l’État dont les salaires tombent en retard. Cela était pareil pour les douaniers. Des raisons non fondées ont été avancées pour expliquer cette fermeture de mes magasins. On dit que je ne suis pas dans les normes. Si c’était cela, pourquoi ne les ont-ils pas fermés bien avant aujourd’hui ? Ce problème de mes magasins n’est rien d’autre qu’une manigance de cette famille d’IBK, mais je ne vais pas agir pour cela, parce que ça ne gâche rien chez moi.

Qu’est-ce que vous avez à dire par rapport au blocage de vos camions par les autorités maliennes ?

Je n’avais jamais imaginé qu’IBK allait s’en prendre à moi après tout ce qu’il m’a dit dans le temps et tout ce qui s’est passé entre nous. Je sais quand même que sa famille cherche à me nuire, mais que sa personne s’en prenne à moi, cela me surprend. Mais si telle est son intention, il me trouvera prêt devant lui. Dans cette guerre, ce n’est pas moi qui aurait des remords.

Le Mali va-t-il changer ?

La solution ne vient pas de moi. Il faut de l’engagement de tous les partis politiques. Sans cela nous resterons ainsi.

En tant que musulman, IBK est-il votre président ?

Selon la loi islamique, IBK n’est pas mon président. Quant à la loi constitutionnelle, je ne m’y connais point.

La Rédaction

Source : aBamako

aBamako

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