Problématique des jours féries au Mali : Un pays de trop !

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Le président de la République a montré aux citoyens que le développement du Mali n’est pas dans son viseur à travers l’adoption de nouveaux jours fériés sur le calendrier malien. Cette décision est hautement défavorable au processus du développement de la nation malienne qui souffre déjà de plusieurs formes de crises.

C’est regrettable de constater qu’étant dans la minorité, on ne puisse pas vouloir la maturité ! Quel est ce pays sous-développé qui ne désire réellement se voir au rang des pays les plus émergents du monde ? La situation du Mali est déplorable. Un pays pratiquement en agonie économiquement, politiquement, culturellement, etc. ; mais qui donne l’impression d’avoir de l’aversion pour le travail et par ricochet le développement. En parlant de la sorte, certains me diront certainement que la haine pour le travail est naturelle chez l’homme et que cela relève de la conception classique du travail qui est destiné aux esclaves et s’assimilait au tripalium, un instrument de torture.

Ces façons de raisonner ne tiennent pas debout dans la mesure où la volonté de tout homme normal constitue le progrès, celle de toutes les nations soucieuses de progrès pour lequel aucun sacrifice n’est de trop sinon les révolutionnaires n’allaient pas sacrifier leur âme pour la cause de leur nation.

Mais au Mali, nous avons l’impression que les dirigeants ne songent qu’au luxe, à la tranquillité de leur corps. Cela se voit à travers les restrictions nombreuses des jours de travail. Si l’année compte 365 jours, les jours que le Mali travaille sont minimes. Top de jours fériés n’assure nullement le progrès au sein de la nation. À titre de rappel, les pays qui avaient réellement le développement en vue travaillaient pratiquement douze mois sur douze, 24h/24.

Qui ne se rappelle pas de la période de la révolution chinoise de Mao Tse Tung, une période pendant laquelle les Chinois travaillaient sans relâche parce qu’ils étaient déterminés pour le progrès. Ils étaient convaincus de cette sagesse populaire : « Après la pluie, c’est le beau temps. » Alors si cette sagesse est confirmée, c’est qu’au rythme où vont les choses au Mali, l’inverse risque de se produire, voire est en train de se produire : « Après le beau temps, c’est la pluie ».
La situation actuelle du pays ne favorise pas trop de jours sans travail. Cette pratique étouffe économiquement la nation et par ricochet bouche toutes les autres voies du développement.

Le Mali des cinq prochaines années doit donner à craindre si nous savons qu’IBK a arrosé son nouveau mandat par la déclaration de nouveaux jours chômés. Cela vient s’ajouter à un drame existant, celui de l’insouciance dans nos services de travail. Le service ne commence qu’à 9 heures ou 10 heures et prend fin à 15 heures ou 16 heures après une pause d’une heure. Pour le vendredi, pratiquement, il n’y a même pas de travail parce qu’on se dit que c’est une demi-journée pendant laquelle on ne travaille pas plus de 3 heures.

Les vrais jours de travail de dépassent pas trois (mercredi et jeudi souvent mardi aussi). Quand les nombreux jours fériés s’ajoutent à cela, la fainéantise se trouve ainsi encouragée et le développement compromis. Cette attitude prouve à suffisance que les autorités de l’État n’ont pas en vue le développement du Mali pour qui connait la situation que traverse ce pays victime d’une crise multidimensionnelle dépassant tout lieu de sommeil. S’il était un président soucieux, il allait plutôt songer à diminuer le nombre de jours fériés au lieu de l’augmenter. La situation actuelle du pays l’exige. Mais nous avons l’impression qu’au Mali les dirigeants dépassent les limites dans toutes les choses qu’ils font. Le Mali est un pays de trop.

Fousseni TOGOLA

Source : aBamako

aBamako

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