Le père de l’enfant sauvé du vide par Mamoudou Gassama jugé mardi

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Paris, 24 sept 2018 (AFP) - Des images devenues virales, un drame évité de
peu et un sans-papiers malien érigé en héros: le père de l'enfant sauvé de
justesse par Mamoudou Gassama en mai alors qu'il était accroché à un balcon
est jugé mardi à Paris.
Cet homme de 37 ans comparaîtra devant le tribunal correctionnel pour
soustraction à ses obligations parentales : pour avoir, le 26 mai dernier,
laissé seul son garçonnet de quatre ans dans son appartement donnant sur la
rue, dans le nord de Paris.
L'enfant s'était débrouillé pour atteindre le balcon de ce logement situé
au 6ème étage puis, selon une source proche du dossier, semble en avoir chuté
en diagonale pour se rattraper à la rambarde d'un étage inférieur.
Le voyant ainsi suspendu dans le vide, un jeune migrant malien, Mamoudou
Gassama, rebaptisé depuis "Spiderman", avait escaladé en moins de trente
secondes la façade à main nues, et mis l'enfant à l'abri.
Les images filmées par des passants ébahis avaient fait le tour du monde et
son acte de bravoure avait valu à Mamoudou Gassama, reçu par Emmanuel Macron à
l'Elysée, d'obtenir la nationalité française. Le décret de naturalisation est
paru au Journal officiel mi-septembre.
Le père de l'enfant sera présent mardi, a indiqué à l'AFP son avocat,
Romain Ruiz: "Parfaitement conscient qu'il a fait une grosse bêtise", "il
remet son sort entre les mains de la justice".
Mais "au delà de l'émoi parfaitement légitime suscité par cette affaire,
nous devons garder à l'esprit que nous sommes dans un État de droit et que par
conséquent la loi doit s'appliquer en toute circonstance. Or l'infraction
reprochée à mon client n'est pas juridiquement constituée", a estimé l'avocat.
En l'absence de la mère, qui se trouvait alors à la Réunion, le père était
sorti "entre trente minutes et une heure", "faire des courses, parce que son
fils avait faim", prenant pourtant "des précautions" pour qu'une telle
situation ne se produise pas, a expliqué l'avocat.
Le procureur de Paris, François Molins, avait précisé à l'époque que le
père avait tardé à rentrer car il s'était ensuite "mis en tête de jouer à
Pokemon Go". "Des morceaux choisis" "particulièrement réducteurs", avait
dénoncé son avocat.
Le garçonnet, qui s'apprête à fêter ses cinq ans, avait retrouvé sa famille
à l'issue de la garde à vue de son père. Ses parents s'étaient dits à l'époque
"très affectés mais surtout extrêmement reconnaissants envers tous ceux qui
ont concouru au sauvetage de leur fils".
jmo/epe/al

Source : aBamako

aBamako

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