Organisation de la présidentielle: la CENI doit justifier 2,24 milliards alloués à la structure

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Si pour les politiques, l’élection présidentielle de 2018, qui a vu la réélection du Président Ibrahim Boubacar KEITA, est derrière nous, pour les financiers, c’est l’heure du décompte. La preuve, le ministère de l’Économie et des finances a lancé, le 10 septembre 2018, sur une durée de 45 jours, soit jusqu’au 24 octobre, une mission d’audit des fonds alloués à la Commission électorale indépendante (CENI) pour l’organisation de la présidentielle, estimés à 2,24 milliards FCFA.

Aux termes de la mission, un rapport provisoire d’audit sera produit et soumis à la CENI, dans le cadre du respect du principe contradictoire.
Conformément au principe de la redevabilité (devoir de rendre-compte), un élément central du Cadre stratégique pour la relance économique et le développement durable du Mali, qui se veut être le nouveau référentiel en matière de finances publiques, le ministère de l’Économie et des finances, à travers l’Inspection des Finances, a entamé une mission d’audit (à partir du 10 septembre 2018 sur une durée de 45 jours, soit jusqu’au 24 octobre 2018) non seulement aux fins de vérification financière et comptables, mais aussi, et surtout dans le cadre du contrôle interne de ladite structure et la traçabilité des dépenses effectuées.
Pour la première fois depuis l’avènement de la démocratie au Mali, le gouvernement du Mali, à travers les recettes publiques collectées par le ministère de l’Économie et des finances, a su assurer le financement intégral des dépenses de l’élection présidentielle, à hauteur de 28,18 milliards de FCFA, dont 2,24 milliards de FCFA alloués à la CENI.
Selon nos sources, la mission d’audit des fonds alloués à la CENI sera réalisée en conformité avec les textes qui régissent les finances publiques dans notre pays et inclura des tests que les inspecteurs jugeront nécessaires au regard des circonstances.
Ainsi, révèlent les mêmes sources, les inspecteurs devront s’assurer, entre autres, de la bonne utilisation des ressources allouées dans le cadre de l’élection du Président de la République en 2018, conformément aux dispositions applicables et uniquement aux fins pour lesquelles elles ont été fournies en référence au budget approuvé par le ministère de l’Économie et des finances.
Aussi, se pencheront-ils sur le respect des procédures de passation de marchés publics ou de l’effectivité de la réalisation des dépenses d’achat de biens et services ainsi que de l’utilisation des consommables aux fins exclusives de l’élection présidentielle.
Par ailleurs, indique-t-on, il sera procédé à un examen exhaustif et approfondi du système de contrôle interne de la CENI.
La Commission électorale nationale indépendante (CENI) faut-il noter, a été introduite dans le système électoral malien en 1997 pour amener l’Administration territoriale, qui était jusque-là la seule organisatrice des élections au Mali, à être neutre vis-à-vis des candidats et des partis politiques et de garantir désormais des élections justes, transparentes et crédibles au Mali.
La loi N° 2016-048 du 17 août 2016 définit la Commission électorale nationale indépendante (CENI) comme étant une autorité indépendante composée au niveau national, régional, local, communal et dans les juridictions diplomatiques et consulaires du Mali et de façon paritaire entre les représentants des partis de la majorité et de l’opposions et de la société civile.
Elle est notamment chargée de la supervision et du suivi des opérations référendaires, de l’élection du Président de la République, des députés et les Conseillers communaux des collectivités territoriales et veille à la régularité du referendum et des élections générales.
En réalité, c’est pour permettre à la CENI d’accomplir à souhait ses attributions dans le processus électoral que des fonds publics lui sont alloués sur la base de son programme d’activités budgétisées.
En effet, afin de s’assurer de la régularité, de la sincérité et de l’effectivité des fonds alloués à la CENI dans le cadre de la présidentielle de 2018, le ministère de l’Économie et des Finances à travers l’Inspection des Finances, a lancé une mission d’audit, qui a débuté le 10 septembre 2018, et s’étalera sur une durée de 45 jours aux termes de laquelle un rapport provisoire d’audit sera produit et soumis à la CENI dans le cadre du respect du principe contradictoire.
Les mêmes indiscrétions nous apprennent que le rapport définitif sera élaboré par la mission et traduira son opinion, notamment sur la gestion d’audit, la gestion des fonds alloués à la CENI, le plan de la conformité, la régularité, la sincérité et l’effectivité des dépenses avec des recommandations pertinentes conséquentes.
Pour bon nombre de Maliens, la mission d’audit ne doit pas se limiter à la seule CENI, mais doit s’étendre à toutes autres structures ayant participé à un centime de ces fonds du contribuable.
Mieux, les résultats des missions d’audit ne doivent pas servir à orner les armoires et tiroirs des bureaux climatisés. Ces enquêtes doivent encourager les intègres et punir ceux qui ont trahi la confiance du peuple en faisant autres usages des fonds à eux alloués.
En tout cas, pour nombres d’observateurs, il s’agit d’un bon départ pour le nouveau ministère de la Réforme de l’administration et de la transparence de la vie publique qui vient d’être créé par le président IBK pour matérialiser sa volonté de lutter contre la corruption, la mauvaise gouvernance et le détournement des deniers publics.
Par Sékou CAMARA

Source : aBamako

aBamako

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