Points de sécurité : Quatre unités de la gendarmerie pour endiguer la menace terroriste

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Dans la configuration sécuritaire actuelle du Mali, la gendarmerie occupe une place de choix. En effet, elle est un corps dynamique qui a toujours su s’adapter à l’évolution du phénomène criminel. Dans cette perspective, conformément aux nouveaux enjeux sécuritaires, il a été créé de nouvelles unités dotées de missions spécifiques afin de renforcer le maillage sécuritaire du territoire. Au cours de l’année 2017, quatre unités ont été créées afin de renforcer le maillage sécuritaire et contrer la menace terroriste au Mali.

La volonté de réorganisation de la gendarmerie nationale participe de la recherche de solutions aux préoccupations de la population compte tenu de la situation sécuritaire actuelle que traverse notre pays, assure le général de brigade Satigui dit Moro Sidibé, directeur général de la gendarmerie dans le magazine “Elite”. Il ajoute que “c’est un devoir pour nous les gendarmes et de nous rappeler constamment que la nation a le regard tourné vers nous avec l’espoir que la Gendarmerie assume ses missions de faire respecter les lois, de sauvegarder les Institutions de la République et de protéger la population”.

Consciente que ces nouvelles créations ne seront pas systématiquement suivies de moyens leur permettant la pleine opérationnalisation, “la gendarmerie s’est fondée sur l’esprit de sacrifice et du patriotisme qui ont caractérisé les hommes et les femmes de notre armée”, a laissé entendre le général Satiqui dit Moro Sidibé.

C’est ainsi qu’est intervenu l’élargissement de la Compagnie des transports aériens en Groupement CTA. Créé par l’arrêté n°2017-3377/MDAC-SG du 9 octobre 2017, il a la même compétence que la CTA et il est rattaché à la Légion de la gendarmerie de Bamako. Le Groupement de transports aériens est composé d’une compagnie de transports aériens, deux escadrons de surveillance et d’intervention et une section cynophile.

La Force d’action rapide de la gendarmerie (Far/Gend) a été créée le 17 septembre 2017. Elle intervient dans des crises dépassant les compétences des autres unités élémentaires, elle est placée sous l’autorité du directeur général de la gendarmerie nationale alors que son emploi et le contrôle opérationnel sont confiés au directeur des opérations de la gendarmerie.

Le Peloton d’intervention de la gendarmerie (PIGN) a été érigé en Groupement spécial d’intervention de la gendarmerie (GSIGN). Il est né le 9 octobre 2017 rattaché au Groupe d’unités de réserves ministérielles avec une compétence sur toute l’étendue du territoire national.

Le Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG), a été créé lui aussi le 9 octobre 2017 afin d’accroitre les capacités de réponse des légions de la gendarmerie face à l’ampleur des phénomènes criminels. Il a trois missions : des missions prioritaires, des missions complémentaires et des missions particulières.

L’apport du personnel féminin

L’ancrage du personnel féminin dans ce milieu sécuritaire a été difficile de 1960 à 2006. C’est à partir de 2006 que la première promotion des femmes a fait son apparition. Selon le lieutenant Fatoumata Mariko, commandant de la brigade d’Ouezzindougou, le personnel féminin est entré dans ce corps d’élite en 2006 avec une promotion de 40 filles.

Au début elles étaient confrontées à des problèmes comme le manque de confiance, aucun chef ne voulait endosser la responsabilité d’envoyer des femmes sur le terrain, explique-t-elle. Et de rappeler que l’accès à certaines unités était uniquement réservé au personnel masculin. Mais aujourd’hui la situation s’améliore. Dans le corps d’élite malien, on compte aujourd’hui plus de 400 femmes.

La gendarmerie d’hier

Par ailleurs, pour la gendarmerie d’hier, les réalités sont différentes, le social a beaucoup primé sur la loi, dénonce le lieutenant Badra Gakou à la retraite. En ce temps, selon le lieutenant Gakou, ancien gendarme, recruté en 1975, la gendarmerie était un corps dont les conditions de recrutement n’étaient pas faciles. Pour être gendarme à l’époque, il fallait avoir le DEF, ceux qui avaient le baccalauréat étaient des hauts gradés, ajoute le lieutenant Gakou. Il rappelle qu’au moment où il intégrait le corps le plus gradé était un colonel.

Il n’y avait que trois brigades à Bamako, la brigade de recherche communément appelé Camp 1, la Brigade territoriale de Bamako-Coura et la brigade mixte. “Avec ces trois brigades on parvenait à ceinturer tout le district et ses environnants”, se souvient-il.

“Nous les anciens sommes fiers de ce que nous avons légué”, dit-il. La gendarmerie a évolué. Il y a aujourd’hui de colonel-majors et des généraux de brigade”, laisse entendre le lieutenant Gakou. Et des brigades ont été créées dans tous les environnants de Bamako.

La gendarmerie nationale est un corps partagé entre trois ministères, il a une section judiciaire rattaché au ministère de la Justice, dirigée par des officiers de police judiciaire, une section de sécurité affiliée au ministère de la Sécurité et de la Protection civile commandée par les brigades de recherche et de sécurité et une section de défense commandée par le ministère de la Défense et des Anciens combattants.

Toutes les missions des forces de défense ne sauraient s’opérer sans qu’il y ait une unité de la gendarmerie pour situer les responsabilités en cas de d’arrestation. Il s’agit de la mise en conformité avec les normes nationales et internationales.

Moribafing Camara

Source : aBamako

aBamako

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