Intox et désintox: le ‘’pèle mêle’’ de l’Opposition

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Les trémolos, élucubrations de l’Opposition, à l’annonce des élections législatives, cachent mal les séquelles de la raclée subie lors de la dernière présidentielle. Encore très mal en point, elle tente de reprendre du service de poil à gratter du pouvoir, dans une affligeante incohérence d’un discours subversif.
Face à l’INTOX de destruction massive, nous vous proposons la DÉSINTOX. Lisez les croustillantes PÉPITES de la semaine.

Comme elle en a l’habitude, l’Opposition s’est fendue d’une déclaration en date du 26 septembre où elle traite ‘’pèle mêle’’, la présidentielle de 2018 ; la Transition de 2018 ; les législatives à venir ; du rôle de la Cour constitutionnelle.

Victimisation
convulsive
INTOX. Il est dit dans ladite déclaration : ‘’la Cour Constitutionnelle, croyant gêner l’Opposition politique qui a engagé des poursuites contre elle, a estimé ne pas rendre un énième service au pouvoir en donnant un avis positif’’.
DÉSINTOX. La recette galvaudée de la victimisation convulsive. La Cour rend un arrêt : elle a raté l’occasion de rentrer dans l’histoire démocratique du Mali. Elle s’abstient d’un avis favorable qui arrangerait bien le Pouvoir à la solde duquel elle est censée être : elle croit gêner l’Opposition. La Cour croit gêner l’Opposition, elle refuse de rendre service au pouvoir, donc il faut au moins lui reconnaître d’être à équidistance des Parties. C’est la logique élémentaire.
C’est à croire que l’Opposition, pardon la bande de recalés, les néo et les infortunés chroniques de l’échiquier politique (en 2002, ce n’est pas IBK qui a organisé la présidentielle qui a été un naufrage pour Soumi champion), font une fixation sur la Cour constitutionnelle dont les décisions sont inattaquables. Bien sûr, à condition de faire un petit toilettage de la Constitution du 25 Février 1992. Ce que l’Opposition a rejeté en bloc et de sournoisement inscrit dans son projet de société, chacun des candidats qui comptaient, en ce qui les concerne.
Ce ‘’pèle mêle’’ (on écrit pêle-mêle, avec accent circonflexe et trait d’union entre les deux mots) n’est qu’à l’image de la qualité des juristes qui l’envoient à tous les coups dans le mur. Des vidéos, ou des enregistrements sonores comme pièces à conviction pour justifier de prétendus bourrages d’urnes et de fraudes massives, c’est ridicule. Parce que ces éminents juristes ne se sont même pas donné la peine de lire la Loi électorale. Comble de l’abomination : ils engagent des poursuites contre les juges constitutionnels. Là, on sort de la sphère de l’opportunisme, du mercantilisme, pour s’installer dans une totale médiocrité.
Dans une médiocrité judiciaire ambiante, difficile de voir que la Cour constitutionnelle ne pouvait pas émettre un avis positif. Que l’Opposition sorte de son chapeau une disposition constitutionnelle sur la base de laquelle la Cour pouvait émettre un avis favorable. En 2012, le mandat des députés à l’Assemblée nationale a été prorogé sur la base d’un consensus politique des acteurs maliens, comme le rappelle si bien l’Opposition. Ces députés de la Transition avaient la légitimité, pas la légalité. L’Opposition ne poussera personne à violer la loi pour ensuite lancer des cris d’orfraie.

Délit de manipulation
INTOX. ‘’L’élection étant la première institution qui fonde le système démocratique, il entre dans la mission conférée par l’article 85 de la constitution à la Cour Constitutionnelle d’en être l’organe régulateur, c’est-à-dire de veiller à ce qu’existent les conditions qui garantissent la régularité, la sincérité et le caractère démocratique du scrutin’’.
DÉSINTOX. Voici ce que dispose exactement l’article 85 de la Constitution du 25 Février 1992, en vigueur : ‘’la Cour constitutionnelle est juge de la constitutionnalité des lois et elle garantit les droits fondamentaux de la personne humaine et les libertés publiques.
Elle est l’organe régulateur du fonctionnement des institutions et de l’activité des pouvoirs publics’’.
Où est-ce qu’il est dit ici qu’elle doit garantir l’existence de conditions comme la régularité, la sincérité et le caractère démocratique du scrutin ? Ce n’est dit nulle part. Cela s’appelle un flagrant délit de manipulation.
Dans le Titre IX, de la Cour constitutionnelle, il n’est non plus disposé nulle part que l’Institution dispose des pouvoirs que l’Opposition lui attribue de façon fantaisiste.
Par contre, la Cour constitutionnelle statue obligatoirement sur ‘’(…) la régularité des élections présidentielles, législatives et des opérations de référendum dont elle proclame les résultats’’. (Cf : article 86 de la Constitution)
Article 87 : ‘’La Cour constitutionnelle est saisie, en cas de contestation sur la validité d’une élection, par tout candidat, tout parti politique ou le délégué du Gouvernement, dans les conditions prévues par une loi organique’’.

Les présomptueux
INTOX. ‘’Nous mettons en garde contre toutes les surenchères liées à l’impatience de futurs « députés nommés », car nous savons que des amis, parents, alliés et soutiens ont négocié des sièges parlementaires en échange de leur soutien à la présidentielle’’.
DÉSINTOX.Nous savons également qu’un Président de Parti s’est retrouvé à la tête de la Commission de l’UEMOA, après un marchandage avec le Président ATT. Ça, ce ne sont pas des histoires ; c’est une histoire. Une gratification pour faire allégeance à son challenger. Nous savons également que des membres de l’Opposition qui jasent aujourd’hui ont forcé la porte du Gouvernement actuel, après avoir seriné toutes sortes d’inepties durant la campagne électorale. Nous savons également que plusieurs candidats de l’Opposition aux législatives font des appels du pied aux pestiférés de la Majorité. Si les parents et tout l’attirail qui s’en suit ont négocié des sièges pour leur soutien, à la présidentielle, que dire de ceux qui ont soutenu d’autres candidats et qui viennent à présent mendier des sièges ?
Nous mettons en garde, en garde qui ? Il faut avoir le courage de ses opinions. C’est trop facile d’exposer les jeunes à la répression policière pendant qu’on prend ses aises à Ouagadougou, ou tout simplement en préférant s’occuper à ne rien faire à Bamako, pour ce qui est du Bélier en chef.
Les surenchères ? Mon œil. S’il y a un sport dans lequel excelle l’Opposition dite républicaine et démocratique, c’est bien la surenchère. La présente déclaration, un véritable ‘’pèle mêle’’ d’idées, en est la plus parfaite illustration. Que veut concrètement l’Opposition ? Le report des élections législatives, et par conséquent, la prorogation des mandats des députés à l’Assemblée nationale ? Le maintien des dates annoncées ?

Les anarchistes
INTOX . ‘’Enfin, nous affirmons qu’un simple avis émis par une Cour Constitutionnelle, qui d’ailleurs se dédit en fonction des contingences, ne saurait, en aucun cas, être un obstacle à l’organisation d’élections inclusives et transparentes au moment approprié’’.
DÉSINTOX. Voici ce que sont nos démocrates et républicains de l’Opposition. Ils qualifient de ‘’simple avis’’, un avis de la Cour constitutionnelle. Ce qui implique qu’on peut passer outre cet avis, qu’on peut organiser les élections législatives nonobstant l’avis défavorable de la Cour. En somme, qu’on peut impunément violer la Constitution, parce que ‘’la Cour constitutionnelle se dédie’’. Il n’y a pas autres qualificatifs qu’anarchistes et démoniaques pour désigner ce groupe d’individus tenaillé par une haine obsessionnelle qui aspire, le comble, à présider aux destinées du pays, en ayant un mépris souverain pour les lois et les Institutions de la République. Le diable conseille toujours d’emprunter la voie de gauche, celle qui mène à l’enfer. C’est bien ce que suggère cette Opposition visiblement en panne d’inspiration. Voici pourquoi ceux qu’il est permis de qualifier de dangers pour la République devraient arrêter, une bonne fois pour toutes, de gloser inutilement et à l’infini sur ce sujet.

Source : aBamako

aBamako

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