Aliou Diallo : la victime facile

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Les extrémistes qui continuent à attaquer inutilement Aliou Diallo font fausse route. Tôt ou tard, ils seront bien obligés de reconnaître qu’Aliou Diallo a été un visionnaire dont la position est la plus sage, la plus raisonnable. Parmi les candidats, rares sont ceux qui peuvent avoir été plus touchés par ce qui s’est passé que lui. Chacun sait que la véritable menace à IBK était Aliou Diallo et qu’il a été injustement écarté.

Mais aujourd’hui, force est de constater qu’on ne peut pas nier éternellement la réalité en vivant dans une illusoire victoire qui n’existe que dans les beaux bureaux de Soumaïla Cissé. De fait, IBK est investi président par la Constitution. Bien ou mal élu, c’est un fait qui, au vu de la crise que cela a ouverte, impose le dialogue entre toutes les parties.

À ce titre, le fait qu’Aliou Diallo appelle au dialogue n’a absolument rien de mal. Ceux-là qui veulent faire croire que c’est de la compromission ou une reconnaissance de la fraude oublient vite que c’est Soumaïla qui a trahi les autres et qui a disloqué le bloc compact qui s’était constitué pour faire barrage à la fraude. Qui ne se souvient pas des propos de l’honorable Gassama qui révélait que Soumaïla n’irait jamais au second tour ? «Il m’a promis qu’il n’allait pas reconnaître la fraude dont tous les candidats ont été victimes. S’il y va, je suis un homme d’honneur, je le bannis de ma vie», disait le plus connu de ses militants.

Et pourtant, Soumaïla y est allé. Et en acceptant d’aller au second tour, en validant l’arrêt de la Cour du 1er tour, c’est bien Soumaïla qui a accepté la fraude dont tous les candidats ont été victimes. C’est lui qui a abandonné sur le carreau les 18 candidats qui avaient cru en sa bonne foi.

À présent, on demande à l’un d’entre eux, notamment Aliou Diallo, la principale victime de la fraude du 1er tour, de se battre contre une prétendue fraude au second tour. De toute façon, tout le Mali sait qu’on peut rejouer mille fois un match entre Soumaïla Cissé et IBK, rien n’y fera : le président sortant le battra lamentablement sans avoir besoin de frauder. Tout le Mali le sait. En revendiquant donc une victoire illusoire, cette fameuse “remontada”, Soumaïla et ses sbires sont RIDICULES. Personne ne les suit à part les quelques anciens ministres du même IBK qui ont été balayés du scrutin et qui se cherchent une nouvelle virginité de révolutionnaires. Les plus radicaux de Soumaïla Cissé filent le mauvais coton et veulent que tout le monde fasse autant.

Sauf à être aveugle, sauf à être dans le déni, mal élu ou pas, IBK est légalement le président du Mali. Tout le monde sait que le système actuel a été créé par les anciens de l’ADEMA au rang desquels figurent IBK et Soumaïla qui s’affrontent aujourd’hui dans la rue et par discours interposés au risque de plonger le pays dans la guerre civile. C’est ce système actuel qui a mis le pays en faillite et qu’Aliou Diallo a passé sa campagne à critiquer, proposant comme alternative son projet pour “une nouvelle indépendance”.

En homme de paix, si Aliou Diallo appelle au dialogue, c’est parce qu’on ne peut pas laisser les prochaines réformes (électorales, institutionnelles et politiques) entre les mains des mêmes qu’on accuse d’avoir floué le système. Soumaïla Cissé doit revenir à la raison car, pour sa part, Aliou Diallo reste cohérent avec lui-même. Mais puisque “Soumi Champion” ne veut pas reconnaître ses propres erreurs (notamment la validation de l’arrêt du 1er tour, une équipe de campagne laissant à désirer, une campagne de la colère plutôt qu’une campagne de programme), ses partisans préfèrent taper sur Aliou qui n’a fait que dire la vérité : il faut dialoguer et sauver le peu d’Etat qui reste de ce Mali.

Et malheureusement, Soumaïla est piégé dans la bulle de ses radicaux dont le vœu inavoué est de réaliser un coup d’Etat. La preuve en est le voyage précipité qu’il a organisé la veille du 22 Septembre pour ne pas être témoin des “caravanes” que ses partisans ont organisé sans même prendre son avis. Il ne maîtrise plus ses troupes qui veulent chasser par la force un président légalement installé, aussi mal élu soit-il, au profit d’une anarchie qui ne profitera ni à la démocratie, ni à ce même Soumaïla qui sert de prétexte pour réaliser un putsch.

Si la Cour a légitimé IBK, ce n’est pas parce qu’une requête en récusation a été introduite que l’on doit prendre ses rêves pour des réalités. De plus, si le vœu inavoué de ses extrémistes se réalise, Soumaïla pense-t-il sincèrement qu’il sera “le président de tous les Maliens”? Que ceux tapis dans l’ombre le laisseront prendre les devants ? Si tel est le cas, c’est qu’il est véritablement dans une illusion incroyable. Un conte de fée.

Rien ne dit qu’appeler au dialogue signifie abandonner la lutte contre la fraude comme l’a affirmé Ras Bath dans son émission. Même après la guerre mondiale, le dialogue a eu lieu. Lui-même Rasta qui parle ainsi n’a-t-il pas reconnu l’élection et l’installation au pouvoir d’IBK et “mis fin” à son “contrat” avec Soumaïla ?

Mais comme ils ne peuvent pas toucher au “Rasta”, Aliou Diallo est la meilleure cible. Aliou Diallo suit sa voie et continuera, comme il l’a toujours dit, à lutter contre la fraude, à défendre la démocratie par des voies légales et constitutionnelles. Si cela veut dire pour certains qu’il les a trahis, nous qui sommes très fiers de sa décision disons : SOIT !

Gontron KONATE

Enseignant à la retraite

Source : aBamako

aBamako

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