Insécurité au nord et au centre du Mali : Quand le G5 abandonne le terrain

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Le quartier général de la force antiterroriste du G5 a été transféré de Sévaré à Bamako. Cette décision a été prise par le nouveau commandant en chef de la force, le général mauritanien, Hanana ould Sidi, entré en fonction il y’a quelques semaines. Une mesure qui suscite de nombreuses interrogations sur fond de réprobation générale.

Le quartier général du G5 sahel est transféré de Sévaré à Bamako depuis le 28 septembre dernier. Selon les dirigeants de la force, le transfert de la force conjointe du G5 Sahel de Sévaré à Bamako répond à un besoin d’efficacité opérationnelle. Cette délocalisation du quartier général (QG) permettra à l’unité de commandement d’être dans un environnement adéquat pour sa mission, indique-t-on. «Le siège de cette force doit se trouver là où les communications et les liaisons sont meilleures», explique une source sécuritaire.

D’après les explications d’officiers au sein de la force, les commodités logistiques et de télécommunication de Bamako devraient permettre au quartier général du G5 Sahel de mieux coordonner les opérations avec ses états-majors sur le terrain. L’annonce du transfèrement du QG de la force du G5 Sahel de Sévaré à Bamako, peut s’explique en partie par le retard pris dans l’opérationnalisation de la force. Ce déménagement du QG de la force conjointe antiterroriste est aussi une volonté du nouveau chef de la mission, le général Hanana Ould Sidi Mohamed.

Impuissance du G5

La délocalisation dans la capitale à Bamako fait suite à l’attaque du 29 juin dernier qui a visé le poste de commandement opérationnel installé à Sévaré. La décision a été entérinée, le 2 juillet dernier, à Nouakchott lors d’une rencontre entre Emmanuel Macron et les Chefs d’État des pays membres du G5 Sahel. Mais pour certains observateurs cette décision n’est qu’une faiblesse et une fuite en avant devant les terroristes. Selon eux, cet organe de coordination des forces conjointes doit être dans un endroit propice pour sa mission. Cette délocalisation du commandement de la force sous-régionale est diversement appréciée au Mali, particulièrement dans la région de Mopti. Pour certains, la décision est une fuite de responsabilité et prouve l’impuissance de l’organisation.

Pour beaucoup de Maliens, le déménagement du PC de Sévaré est perçu comme une véritable reculade et passe très mal aux yeux de nombreux internautes. « Le G5 est mort-né, à moins que ne transfériez son QG en Europe, car en réalité c’est un projet européen pour lutter contre l’immigration clandestine des subsahariens vers le vieux continent » s’offusque un jeune malien. D’autres citoyens maliens, très remontés contre le pouvoir dénoncent « un prétexte insolent » estimant que la réalité de ce départ réside « dans l’incapacité de sécuriser le QG de Sévaré ». « Avec toutes les forces internationales à Bamako, comment sécuriser le Nord et le Centre ?» se demandent-ils.

Depuis sa création,la force conjointe des pays du sahel qui vise à combattre le terrorisme aux frontières des cinq pays du G5 Sahel a atteint quelque 80% de ses effectifs prévus de 5.000 militaires et mené quelques d’opérations avec l’appui direct et logistique de Barkhane, sans réel impact sur le terrain. Elle n’est toujours pas pleinement opérationnelle faute de financement, Bien que le budget, de quelque 420 millions d’euros, ait été bouclé lors de réunions de donateurs internationaux, les fonds tardent à arriver et empruntent des canaux multiples, à la fois multilatéraux et bilatéraux. Et sur le terrain, le G5 n’a véritablement pas mené de combats avec des groupes djihadistes.

Mémé Sanogo

Source : aBamako

aBamako

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