Abdoulaye Touré : Profession lavandier

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Abdoulaye Touré, lave des linges depuis six ans à Magnambougou, au bord du fleuve Niger, pour tirer son épingle du jeu.

Cet originaire de Goundam, région de Tombouctou, est né en 1982. Dès le lever du soleil, il fait le tour des concessions, porte à porte, pour chercher des linges sales, avec une brouette à la main. Direction le fleuve Niger. Conscient qu’il n’y pas de sot métier, Abdoulaye a embrassé la laverie dès son arrivée à Bamako. La démarche hésitante, il étale une natte sur laquelle il pose les habits, couvertures et autres. Il les gratte avec force à l’aide d’un savon traditionnel. Une fois les habits installés au bord du fleuve, il déverse de l’eau avec un bidon pour les frotter.

Après cette étape, il sort les habits dans l’eau. Tout est trempé, Abdou les sèche sur sa brouette. C’est tout son quotidien à Bamako. Avant de se lâcher : “Le prix du savon revient au lavandier à Bamako, si j’enlève les dépenses effectuées avant de laver les habits, je n’aurais souvent qu’une somme modique”, affirme-t-il. Il est de teint noir, le front fuyant, la poitrine bombée, Abdou exerce ce sacerdoce depuis six ans au bord du fleuve Niger.

Ce travail lui permet de joindre les deux bouts dans la capitale malienne. Pour cela, il lave les habits à 100 F CFA les chemises et pantalons (complet) et le tapis à 5000 F CFA. Il lave aussi des couvertures à 300 et les draps à 250 FCFA.

Souvent il gagne dans la journée 3000 F CFA, sa recette journalière dépend du nombre d’habits reçus. Depuis 2016,  Abdoulaye n’est plus en couple, ce qui lui permet d’économiser. “Mon travail me permet d’envoyer de l’argent à mes parents qui sont établis à Goundam”. Il a pris une maison à Missabougou pour un prix mensuel de 10 000 F CFA.

Pour Abdoulaye, ce travail n’est pas une sinécure. “Quand nous perdons les habits d’autrui, nous devons obligatoirement les payer”, regrette-t-il. Ce métier relève du parcours de combattant à cause souvent du refus de certains clients de leur donner son dû. “Certaines personnes refusent de nous payer, d’autres nous demandent tout simplement d’aller et de revenir”. Nonobstant cela, pour Abdou et ses camarades, “l’homme est le boulanger de sa vie”.

Yehia Mahmoud

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Source : Maliweb

Maliweb

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