Environnement : la forêt classée de Bamako menacée par la spéculation

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La forêt de Koulouba a été classée depuis le 28 juin 1935 par l’Administration coloniale. Elle faisait à cette époque 2010 hectares. Ce classement visait à protéger la ville de Bamako contre les éboulements et les inondations. Mais aujourd’hui, la forêt de Koulouba est fortement entamée par diverses agressions. Les dommages causés par les occupations illicites des sociétés immobilières et collectivités territoriales sont énormes. Les populations riveraines se rendent tous les jours coupables de coupes abusives de bois de chauffe. Elles allument sans autorisation des feux de brousse. Face à cette situation catastrophique, l’Etat, à travers ses services déconcentrés, mène des activités de protection, de restauration des parties dégradées. Les services techniques procèdent à des séances d’information et de sensibilisation sur l’importance de la forêt classée de Koulouba dans l’écosystème du District de Bamako.

C’est dans ce cadre que le ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement, Mme Keita Aïda M’bo, a effectué, mardi dernier, une visite dans la forêt classée de Koulouba. A l’issue de son inspection, elle a exprimé son inquiétude sur le délabrement de cette forêt classée. Les colonisateurs français ont classé la zone de Koulouba en 1935 pour des raisons particulières. Malheureusement depuis quelques années, l’action nuisible de l’homme a dégradé de vastes espaces à travers la forêt classée. Plusieurs campagnes de reboisement ont été menées pour tenter de sauvegarder cette forêt, a indiqué le ministre en charge de l’Environnement. Elle a exprimé sa déception en ces termes : «nous avons eu à visiter malheureusement une partie, qui ne répond plus aux normes de forêt. Nous allons prendre des mesures qui seront appliquées avec l’appui des populations pour protéger davantage cette forêt».

Ce ne sont pas des petites maisons qui sont construites illégalement dans la forêt classée de Koulouba. C’est plutôt de grandes bâtisses. A ce propos, Mme Keita Aïda M’bo promet de mettre fin aux multiples violations de la loi. «Les gens ont eu des titres sur un vieux titre foncier de 1935. La loi doit s’appliquer. Nous allons examiner tout ça, de façon globale. Il y aura bientôt un plan d’aménagement pour cette forêt», a annconté le ministre.

Depuis quelques années, notamment en 2003-2004, il y a eu beaucoup des reboisements dans cette zone de Koulouba. La partie que la délégation a visitée a été implantée l’année dernière par le Président de la République et ses collaborateurs. Les services techniques ont réussi à sauver 75% de ces jeunes plants. Si la forêt de Koulouba n’est pas préservée, la capitale serait en danger. En effet, la forêt de Koulouba a un rôle d’écosystème naturel. Actuellement plusieurs actions de protection sont en cours par les services des Eaux et Forêts. La population notamment les femmes sont encadrées pour faire le cordon tiré. Le représentant du Conseil économique social et culturel, Amadou Sanoussi Daffé, était amer après le constat des dégradations subies sur les deux sites visités dans la forêt classée de Koulouba. Il a lancé un appel aux populations et aux autorités de tout mettre en œuvre pour préserver la forêt classée de Koulouba. C’est scandaleux que cette partie de la capitale soit devenue un quartier VIP, au lieu d’être une forêt classée dense et touffue pour enrayer les effets pervers du changement climatique.

Siné S. TRAORé

Source : aBamako

aBamako

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