Gouvernement-magistrat: l’affligeant bras de fer

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La majorité des magistrats observe, depuis trois mois environ, une cessation concertée de travail. Après les résultats mi-figue mi-raisin d’une rétention des salaires du mois de septembre et la réquisition boycottée par les grévistes, on murmure que le Gouvernement veut encore revenir sur sa décision de suspendre les salaires des grévistes. Aussi, du côté des magistrats, rien de concret n’est sorti de leur décision d’apaiser la situation. A cet égard, ni le gouvernement ni les magistrats ne semblent adopter une attitude sérieuse.

La justice est paralysée à cause du mouvement de grève enclenché en juillet dernier par certains magistrats. Ils réclament des conditions de vie et de travail meilleures et plus de sécurité dans l’exercice de leur fonction.
Après plus de trois de mois de cessation de travail, la situation est presque au point zéro. Plus écœurant est l’attitude des deux parties à résoudre le problème. Ni l’une ni l’autre n’est cohérente dans sa démarche. Ils disent une chose et font le contraire. De la suspension des salaires à la réquisition des magistrats, le Gouvernement n’est en phase avec aucune de ses décisions. Tout se passe comme s’il est dépassé par les événements.
Aussi, du côté des grévistes, ils tiennent des discours qui ne sont pas mis à exécution.
Primo, le gouvernement, à travers le ministère de l’Economie et des finances, a pris un arrêté de rétention des salaires des grévistes conformément aux textes en vigueur. Selon les textes réagissant le droit de travail et de la grève, le temps de cessation de travail n’est pas rémunéré. Une décision légale, que le Gouvernement récupère pour mettre la pression sur les grévistes. Malgré cette décision, les magistrats ont maintenu leur grève illimitée, narguant même le Gouvernement en lui disant qu’il n’est pas demandeur du paiement des salaires du mois de septembre.
N’ayant pas obtenu ce qu’il espérait, le régime revient sur sa décision de payer aux magistrats leurs salaires. Un aveu d’impuissance pour le Gouvernement.
Maintenant, murmure-t-on, le régime veut revenir sur sa décision de suspendre les salaires des magistrats grévistes.
Secundo, sur la même situation, alors que le dialogue semble rompu, le Premier ministre, avec autorité, a décrété la réquisition des magistrats. Une mesure jugée courageuse par certains, mais qui n’a même pas donné lieu à l’évaluation annoncée par le PM. Pourtant, unanimement, les magistrats grévistes ont décidé de ne pas obtempérer à l’injonction. Personne n’a été inquiété sur cet acte de rébellion. Là également le Gouvernement a montré ses limites d’aller au bout de ses mesures.
Du côté des magistrats, il y a aussi ce problème de respect de certaines de leurs décisions. En effet, récemment, les grévistes avaient fait des sorties pour affirmer qu’ils vont apaiser la situation. Aussi, ils ont dit être toujours ouverts au dialogue parce qu’ils sont sensibles à la situation des milliers de personnes qui souffrent à cause de la grève. Mais dans la pratique, c’est toujours l’impasse. Les magistrats grévistes sont toujours campés sur leur position.
Alors des deux côtés où le sérieux quand des responsables annoncent des décisions qui ne sont pas suivies d’effet ?

Par Sikou BAH

Source : aBamako

aBamako

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