Sans Tabou: redécoupage, vers des concertations solitaires

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Après la société civile, les partis politiques, dans leur composante essentielle, rejettent en bloc, le projet de redécoupage proposé par le gouvernement, ou du moins sa démarche proposée. Si des concitoyens sont d’accord avec l’idée de conférences régionales, il n’en demeure pas moins que la stratégie proposée par les pouvoirs publics, fait l’objet de contestations.

Malgré le report d’une semaine de la date initiale des concertations régionales sur le redécoupage territorial et administratif, des voix s’élèvent de plus en plus pour critiquer la démarche unilatérale du gouvernement qui ne permet pas d’aller à un dialogue inclusif autour d’un sujet aussi sensible que le redécoupage du territoire national.
Après la vive réaction spontanée des organisations de la société civile, à travers des marches, sur toute l’étendue du territoire, les partis politiques rejettent l’initiative du gouvernement. En conférence de presse, hier jeudi, à son siège, l’URD de Soumaïla Cissé estime, que si concertations, il doit y avoir sur ce sujet, elles doivent commencer à la base, c’est-à-dire des communes-aux cercles avant les régions.
« La proposition de l’URD est que l’on convie tous les Maliens à une conférence nationale et qui va traiter de façon profonde de ces questions qui sont traitées par l’Accord. Parce que par rapport au fond, et même à la forme de ce projet de découpage, vous avez vu que plutôt d’être une solution, ça a créé des remous sociaux : de Kayes à Gao, de Tombouctou à Sikasso et ce n’est pas comme ça qu’un État doit gérer les questions nationales », a fustigé un responsable de ce parti.
En meeting dimanche dernier au Palais de la culture, plusieurs responsables politiques dénoncent un mépris des autorités dans leur gestion des problèmes de la nation.
Pour Choguel Kokala Maiga, avec ce projet de redécoupage, ‘’les autorités préparent en douceur l’autonomisation du nord’’, tandis-que Moussa Mara du parti Yelema parle d’une ‘’complicité coupable entre certains acteurs gouvernementaux et de nombreux responsables de groupes armés, tous groupes confondus, pour s’engager dans cette logique inefficace et inutile de partage de positions et d’avantages, en occultant les sujets de fonds et renvoyant ainsi aux calendes grecques les vrais problèmes du Nord et de notre pays tels qu’adressés dans l’Accord de paix’’.

Me Mountaga Tall est convaincu que cet ouvrage gouvernemental ‘’ s’écroulera’’, pour la simple raison que les villages, communes, arrondissements, cercles et régions, qui constituent l’architecture administrative du Mali chapeautée par l’état Central, n’ont pas été associés.
« La régionalisation et la décentralisation sont certes des nécessités, mais débuter le débat sur le découpage territorial par le niveau régional, c’est vouloir édifier un bâtiment de six étages en commençant par le 5eme sans soubassement ni rez-de-chaussée.
Au regard de l’ensemble de ces argumentation, on peut dire que le gouvernement est seul dans son initiative. Or, il est loisible de rêver démocratie rime toujours avec majorité.

PAR MODIBO KONE

Source : aBamako

aBamako

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