Histoire : …d’un pêcheur dans le filet

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Marié et père de 4 enfants, M.S. est depuis plusieurs années domicilié à Baco Djicoroni.

Pêcheur de profession, il vend chaque jours des poissons, mêmes si, depuis plus de trois mois, ses pairs ne le rencontrent plus au fleuve.

Un pêcheur qui ne pêche pas, mais qui a toujours du poisson bien frais à vendre ?

Voilà un mystère que les pêcheurs du coin ont décidé le 18 octobre dernier de percer. C’est ainsi que, pendant toute la journée du 19 octobre, les gestes et déplacements de M.S. étaient surveillés par ses pairs. Mais, jusqu’à la nuit, vers 20 heures, la surveillance s’avéra vaine car M.S. qui ne se doutait de rien n’avait pourtant eu aucune attitude suspecte.

Aussi, après avoir vendu comme d’habitude ses poissons, il s’était assis à la place du marché jouant au damier et termina sa journée à la maison, après une escale à la mosquée.

Les pêcheurs décidèrent ainsi d’abandonner la partie de surveillance quand, un des leurs demanda et obtint la permission de faire surveiller M.S. jusqu’au matin.

Deux jeunes pêcheurs ont été à cet effet désignés pour monter la garde non loin du domicile de M.S.

Il était enfin cinq heures du matin en ce 20 octobre, lorsqu’un des « gardes » que le sommeil n’avait pas terrassé eut la surprise de voir M.S. sortir de sa maison, (avec un sac au dos) et, au lieu de la mosquée, prit la direction du fleuve.

Vite, l’alerte a été donnée à tous les autres pêcheurs qui accompagnèrent discrètement M.S. jusqu’à sa destination. Stupéfaction : M.S., sans prendre garde, commença son « travail » en fouillant minutieusement les filets tendus par les autres pêcheurs et commença sa moisson.

En quelques minutes, il avait son sac plein de poissons. C’est alors que les pêcheurs se ruèrent sur lui.

Paniqué, il abandonna son sac et prit ses jambes au cou. Personne ne daigna cependant le poursuivre car, après tout, l’on sait ou se trouve son domicile.

Ainsi vers 8 heures du matin, une délégation de pêcheurs se rendit au domicile de M.S., mais il, n’était toujours pas rentré à la maison. Toute une journée d’attente. En vain.

Aujourd’hui encore, notre martin pêcheur qui a abandonné sa famille, demeure introuvable.

Boubacar Sankaré

Source : aBamako

aBamako

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