Au-delà du sport : Une charte, une éthique et des valeurs

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Dès qu’on parle d’Olympisme, évidemment, on pense en premier lieu à cet événement mondial que sont les Jeux olympiques. Mais s’il a traversé les âges et continue à survivre aux caprices du temps et aussi parvenir à surmonter les agressions des époques, c’est que l’Olympisme est construit sur un solide fondement que rien ne pourrait ébranler. Comme pour dire que si le sport est la partie visible de l’iceberg, cela ne devrait faire oublier que le Mouvement olympique fonctionne sur la base d’une éthique et des valeurs universelles qui fondent sa légitimité planétaire.

Comme le disait le père spirituel de l’Olympisme, en 1913 : “L’Olympisme n’a pas reparu au sein de la civilisation moderne pour y jouer un rôle local ou passager. La mission qui lui est confiée est universelle et séculaire. Il est ambitieux ; il lui faut tout l’espace et tout le temps.” Et en 1932, il précisera : “J’admettrais fort bien pour ma part de voir, en pleine guerre, les armées adverses interrompre un moment leurs combats pour célébrer les Jeux musculaires loyaux et courtois. “. Un vœu aujourd’hui exaucé avec la Trêve olympique, du septième jour avant l’ouverture des Jeux olympiques au septième jour suivant la clôture des Jeux paralympiques, durant laquelle les pays acceptent de mettre fin à tous les conflits et d’assurer la sécurité des athlètes et des spectateurs, permettant ainsi à deux pays en guerre de stopper les hostilités le temps des jeux olympiques où leurs athlètes se rencontrent, discutent, s’apprécient mutuellement, pour enfin immortaliser ces instants de concorde par des photos et des vidéos qui font le tour du monde et lancent ainsi un message fort : il faut taire le bruit assourdissant des canons et assouvir les rancœurs.

L’Olympisme, ce n’est donc pas que des activités physiques et sportives ou le business d’une personne ou d’un groupe d’aventuriers en quête de notoriété ou pour s’enrichir. L’Olympisme, c’est d’abord de la rigueur et de la discipline pour construire un esprit sain dans un corps sain. C’est pourquoi, il a comme fondement une éthique et un ensemble de valeurs universelles. En effet, comme le précisait Pierre Coubertin, les Jeux Olympiques, “c’est une grande leçon de philosophie que l’humanité se donne à elle-même. Ils sont le reflet de la conception du bonheur, de l’homme, de la perfection, de l’amour”.

La Charte olympique

La Charte Olympique définit le Mouvement olympique ; la mission et le rôle du Cio ; la reconnaissance par le Cio ; le Congrès olympique ; la Solidarité olympique ; les Jeux olympiques et enfin les droits sur les Jeux olympiques et les propriétés olympiques.

Mais dans son préambule, la Charte olympique identifie sept (7) valeurs universelles auxquelles doivent adhérer toutes les parties olympiques, dont notamment les associations nationales membres, comme les Comités nationaux olympiques (Cnosm par exemple) et aussi les associations nationales sportives affiliées aux comités olympiques nationaux. Ces valeurs sont :

  1. L’Olympisme est une philosophie de vie, exaltant et combinant en un ensemble équilibré les qualités du corps, de la volonté et de l’esprit. Alliant le sport à la culture et à l’éducation, l’Olympisme se veut créateur d’un style de vie fondé sur la joie dans l’effort, la valeur éducative du bon exemple, la responsabilité sociale et le respect des principes éthiques fondamentaux universels.
  2. Le but de l’Olympisme est de mettre le sport au service du développement harmonieux de l’humanité en vue de promouvoir une société pacifique, soucieuse de préserver la dignité humaine.
  3. Le Mouvement olympique est l’action concertée, organisée, universelle et permanente, exercée sous l’autorité suprême du Cio, de tous les individus et entités inspirés par les valeurs de l’Olympisme. Elle s’étend aux cinq continents. Elle atteint son point culminant lors du rassemblement des athlètes du monde au grand festival du sport que sont les Jeux olympiques. Son symbole est constitué de cinq anneaux entrelacés.
  4. La pratique du sport est un droit de l’homme. Chaque individu doit avoir la possibilité de faire du sport sans discrimination d’aucune sorte et dans l’esprit olympique, qui exige la compréhension mutuelle, l’esprit d’amitié, de solidarité et de fair-play.
  5. Reconnaissant que le sport est pratiqué dans le cadre de la société, les organisations sportives au sein du Mouvement olympique auront les droits et obligations inhérents à l’autonomie, à savoir le libre établissement et le contrôle des règles du sport, la définition de leur structure et gouvernance, la jouissance du droit à des élections libres de toutes influences extérieures et la responsabilité de veiller à ce que les principes de bonne gouvernance soient appliqués.
  6. La jouissance des droits et libertés reconnus dans la présente Charte olympique doit être assurée sans discrimination d’aucune sorte, notamment en raison de la race, la couleur, le sexe, l’orientation sexuelle, la langue, la religion, les opinions politiques ou autres, l’origine nationale ou sociale, la fortune, la naissance ou toute autre situation.
  7. L’appartenance au Mouvement olympique exige le respect de la Charte olympique et la reconnaissance par le Cio.

Le Code d’éthique

La Charte est renforcée par un Code d’éthique, lequel précise que les parties olympiques s’engagent à diffuser la culture de l’éthique et de l’intégrité dans leur sphère de compétence respective et à donner l’exemple.

Aux termes de l’article 1 du Code d’éthique du Cio : “Le respect des principes éthiques fondamentaux universels est le fondement de l’Olympisme”. Parmi ceux-ci figurent : le respect de l’esprit olympique, qui exige la compréhension mutuelle, l’esprit d’amitié, de solidarité et du fair-play ; le respect du principe d’universalité et de neutralité politique du Mouvement olympique ; le maintien de relations harmonieuses avec les autorités publiques tout en respectant le principe de l’autonomie telle que définie par la Charte olympique ; le respect des conventions internationales de protection des droits de l’homme en ce qu’elles sont applicables aux activités des Jeux olympiques et qui assurent notamment la sauvegarde de la dignité de la personne ; le rejet de toute forme de discrimination, quelle qu’en soit la raison, notamment en raison de la race, la couleur, le sexe, l’orientation sexuelle, la langue, la religion, les opinions politiques ou autres, l’origine nationale ou sociale, la fortune, la naissance ou toute autre situation ; le rejet de toute forme de harcèlement et d’abus, physique, professionnel ou sexuel, et de toutes pratiques attentatoires à l’intégrité physique ou intellectuelle.

La sauvegarde des conditions de sécurité, de bien-être des participants et de soins médicaux favorables à leur équilibre physique et moral.

Exigence d’intégrité

Comme le stipulent les articles 2,3 et 4 du Code d’éthique du Comité international olympique (Cio) : “Les parties olympiques dont notamment les comités nationaux olympiques doivent s’acquitter de leur mission avec diligence et attention. Elles doivent montrer à tout moment le plus haut degré d’intégrité, et notamment lors de la prise de décisions, elles doivent agir avec impartialité, objectivité, indépendance et professionnalisme” stipule en effet l’article 2.

L’article 3 précise : “Elles excluent tout acte de fraude ou corruption. Elles s’abstiennent de tout comportement susceptible de porter atteinte à la réputation du Mouvement olympique”. Selon l’article 4 : “Les parties olympiques ou leurs représentants ne doivent, directement ou indirectement, solliciter, accepter ou proposer aucune rémunération, aucune commission, aucun avantage ni service occultes, sous quelque forme que ce soit, en relation avec les Jeux olympiques”.

L’Esprit olympique mis en avant

De tout ceci découle un Esprit olympique fondé sur les valeurs universelles ci-dessus énumérées, mais s’y ajoute un ensemble de dispositions qui font vivre l’Esprit olympique au-delà des stades, pistes d’athlétisme et autres espaces de compétition sportive des Jeux olympiques espacés de quatre ans. Il s’agit de la Solidarité olympique, La Journée olympique, Les Jeux olympiques de la Jeunesse, L’Education par le sport, La chaîne olympique…

La Solidarité Olympique

Soutenu et piloté par le Cio, c’est un vaste fonds d’aide aux comités nationaux olympiques permettant, entre autres, de financer des programmes d’entraînement d’athlètes et de formation des entraîneurs. Pour l’olympiade 2013-2016, il se montait à 438 millions de dollars. Dans les pays les plus pauvres de la planète, la Solidarité olympique constitue souvent la seule ressource du Comité national olympique.

La Journée olympique

Une fois par an, le 23 juin, date de naissance des Jeux modernes, le monde entier se met au diapason de l’esprit olympique en célébrant ses valeurs et les bienfaits de l’activité sportive. Une Journée marquée par l’organisation de multiples manifestations et activités à l’échelle locale ou nationale.

Les Jeux Olympiques de la Jeunesse

A l’initiative de Jacques Rogge, son ancien président, le Cio a créé, à la fin des années 2000, un nouvel événement au label olympique, les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ). Destinés aux athlètes âgés de 15 à 18 ans, ils associent compétitions sportives et activités d’échanges. Leur première édition, pour l’été, a été organisée à Singapour en 2010. La version hivernale a vu le jour deux ans plus tard à Innsbruck.

L’Education par le sport

Associé à l’Unesco, le Cio multiplie les initiatives sur l’ensemble de la planète pour encourager les jeunes à renoncer à leurs habitudes sédentaires et améliorer la qualité de l’éducation physique à l’école. Un programme aux nombreuses ramifications, matérialisé notamment par des forums et colloques internationaux, mais également par un programme culturel et éducatif, tous les deux ans, aux Jeux olympiques de la jeunesse.

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Source : Maliweb

Maliweb

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