Déposer les armes pour servir son pays : Gao, Kidal et Tombouctou démarrent le DDR-Intégration accélérés

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Lancé les 6, 9 et 12 novembre derniers, respectivement à Gao, Kidal et Tombouctou, le processus de DDR-Intégration accélérés des combattants du Mécanisme Opérationnel de Coordination (MOC), suit son cours. Il a pour objectif, d’ici le 30 novembre prochain, d’intégrer les combattants du MOC dans les Forces de Défense et de Sécurité Maliennes (FDSM) ou de leur permettre une réinsertion socio-économique dans la société. Le principe étant d’abord de les enregistrer et de s’assurer de leur aptitude à l’intégration. Si tel est le cas, le choix d’une carrière militaire ou d’un retour à la vie civile leur reviendra.

À Kidal, le 6 novembre, à l’issue du lancement officiel, les travaux d’enregistrement des combattants ont immédiatement commencé. Ce sont 1 600 combattants de la CMA, de la Plateforme et d’autres mouvements adhérant à l’Accord pour la Paix, qui sont concernés par ce processus dont la fin est prévue pour le 30 novembre prochain. La symbolique du jour était assez forte au regard du poids de cette mesure dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord. « Cette opération constitue le point de départ de la mise en œuvre d’une disposition très importante de l’Accord de paix, à savoir, l’armée reconstituée », a estimé Almou Ag Mohamed, Coordinateur général adjoint à la CN-DDR.

10h, au siège de la Direction régionale de la Police Nationale à Gao. Nous sommes le 9 novembre, les représentants des Commissions nationales de DDR et d’Intégration sont présents, l’enregistrement peut donc commencer. Au cours de cette première journée, sur les 600 combattants concernés par l’exercice à Gao, 32 seront enregistrés.

Le premier à se soumettre à cet exercice est le commandant Moussa Ag Najim de la CMA. En uniforme surmonté d’un turban, il s’est présenté ce matin-là à l’entrée du site. Après s’être soumis à la première fouille, il a remis son pistolet automatique aux officiels qui ont fait de cet acte, “LE” geste symbolisant le début des opérations de DDR-Intégration accélérés pour les éléments du MOC de Gao. « Le processus se passe à merveille même si aucune œuvre humaine n’est parfaite. Malgré ce léger retard observé au démarrage, l’exemple a été donné par le chef de bataillon du MOC de Gao. Nous restons donc très optimistes par rapport à l’évolution des choses », a déclaré le Général de brigade Mamadou Idrissa Coulibaly, Coordinateur national du MOC.

« Ce processus concerne tous les Maliens, et chacun doit jouer pleinement son rôle en toute responsabilité, pour faire primer l’intérêt général du pays. Les partenaires nous apportent le soutien nécessaire, mais ils ne peuvent pas résoudre les problèmes à notre place », a déclaré Mohamed OuldMeydou, Gouverneur de la région de Taoudéni avec résidence à Tombouctou. C’était le 12 novembre, lors du démarrage officiel des opérations de DDR-Intégration des combattants du MOC de Tombouctou. Ce sont 30 ex-combattants, 15 de la CMA (Coordination des Mouvements de l’Azawad) et 15 de la Plateforme, issus des 170 du MOC, dont les armes ont été vérifiées et récupérées, qui y ont été enregistrés dans la base de données au cours de cette première journée.

Deux jours avant son lancement, la Commission Nationale du DDR, en collaboration avec la MINUSMA a tenu, au Conseil régional de Tombouctou, une rencontre d’information et de sensibilisation sur le processus du Désarmement, Démobilisation, Réinsertion socio-économique, DDR-Intégration accélérés des combattants du MOC, afin d’écarter les rumeurs qui font cas d’éventuelles difficultés d’entente des parties sur le processus. La MINUSMA mobilisée pour accompagner ce processus

Si le processus de DDR-Intégration accélérés des combattants du MOC est de la responsabilité première des parties signataires de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation, Gouvernement malien en tête, la Mission des Nations Unies appui ce processus, comme le lui enjoint son Mandat issu de la Résolution 2423 (2018) du Conseil de sécurité de l’ONU. Ce soutien implique une action coordonnée de plusieurs composantes et sections substantives de la MINUSMA.

Ainsi, la section en charge de la question du Désarmement et de la Réforme du Secteur de la Sécurité, RSS/DDR, est épaulée par la Force, la Police des Nations Unies (UNPOL), la Division des droits de l’homme et de la protection, les différents bureaux régionaux, ou encore la Direction de l’Appui à la Mission, pour les aspects logistiques. Condition sine qua non du maintien de la paix, le DDR mobilise de nombreux personnels civils, policiers et militaires de la MINUSMA.

Un circuit complet pour s’enregistrer

Pour accueillir les combattants, une quinzaine de stands ont été installés afin de faciliter leur enregistrement. Ces abris vont servir à la réception, au désarmement, à l’enregistrement, au test militaire, à la visite médicale, au conseil, à l’appui psychosocial, à la sensibilisation et à l’information sur les droits de l’homme et le VIH, ainsi qu’à la distribution des kits d’intégration/réinsertion. Chacun des stands constitue donc une étape à part entière. À l’issue du circuit, l’ex-combattant est définitivement désarmé, démobilisé et réinséré, réintégré ou intégré. Un pas important vers la mise en œuvre intégrale de l’Accord pour la paix est donc franchi.

Source : aBamako

aBamako

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